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Perspectives 2019-2028: des prix plutôt faibles et de grandes incertitudes

Pour les 10 ans à venir, les prix resteraient plutôt bas, avec une production agricole en faible croissance et de nombreuses incertitudes – tensions commerciales et aléas climatiques.

Temps de lecture : 4 min

L’organisation de coopération et de développement économiques (Ocde) et l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) prévoient une hausse de 15 % de la demande mondiale au cours de la prochaine décennie 2019-2028 (liée surtout à une poussée démographique) et une croissance légèrement plus rapide de la productivité (grâce notamment aux innovations technologiques), avec comme conséquence des prix maintenus à leur niveau actuel ou en légère baisse.

De nombreuses incertitudes subsistent toutefois et parmi celles-ci, les deux organisations citent notamment les perturbations dues aux tensions commerciales, la propagation de maladies végétales et animales, la résistance aux antimicrobiens et les événements climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents. L’évolution des préférences alimentaires face aux problèmes de durabilité et de santé, ainsi que les dispositifs politiques capables de répondre au taux d’obésité en hausse à travers le monde, font également partie de ce questionnement.

Hausse la plus forte pour le lait

La production mondiale de lait devrait croître plus vite que la plupart des autres produits agricoles avec une hausse de 1,7 % par an, ces dix prochaines années (atteignant 981 Mt en 2028). Cette production sera principalement tirée par l’augmentation des cheptels dans les pays où les rendements sont faibles comme l’Inde ou le Pakistan qui à eux deux vont représenter plus de la moitié de la croissance mondiale. La production de l’UE, de son côté, peu exportée et avec une demande intérieure en faible croissance, devrait progresser plus lentement que la moyenne mondiale.

La Fao et l’Ocde supposent que, comme c’est le cas depuis 2015 avec un prix du beurre dépassant largement celui du lait écrémé en poudre, la demande internationale plus forte pour les matières grasses du lait que pour ses autres constituants solides constituera une caractéristique structurelle du secteur au cours des dix prochaines années.

Elles notent également que les évolutions du commerce international entre le Brexit, l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique, ou la possibilité que les grands pays consommateurs que sont l’Inde et le Pakistan peu présents pour l’instant dans le commerce mondial participent davantage aux échanges, pourraient avoir d’importantes retombées sur les marchés internationaux.

Viande: demande et prix en baisse

Pour la viande, l’Ocde et la Fao prévoient un ralentissement de la demande et une offre plus importante en raison notamment de la baisse des prix des céréales fourragères. Le prix de la viande devrait donc baisser. En 2028, la production mondiale devrait avoir augmenté de 13 % par rapport à 2019 et ce sont les pays en développement qui devraient assurer l’essentiel de cette progression. La volaille restera le principal moteur de croissance de la production et continuera de gagner en importance mais à un rythme plus mesuré que précédemment.

Les politiques commerciales devraient continuer de fortement influencer le cours des différents marchés mondiaux avec en première ligne, la signature de nombreux traités commerciaux comme l’accord de libre-échange transpacifique et en second plan des événements géopolitiques comme le Brexit ou l’embargo russe sur les produits agro-alimentaires.

D’autres événements pourraient rebattre les cartes du marché mondial, notamment l’épidémie de peste porcine africaine, qui a déjà nettement affecté la production en Chine, et donc dans le monde, en 2019. Elle ne devrait repartir à la hausse qu’en 2021.

Croissance modérée des céréales

Globalement, les échanges de céréales devraient s’accroître car l’augmentation de l’offre de maïs pourrait compenser le recul du blé, du riz et des céréales secondaires dans certains pays, indiquent encore la Fao et l’Ocde. La production mondiale de céréales devrait s’accroître de 367 Mt – pour atteindre 3.053 Mt en 2028 –, principalement en raison de la hausse des rendements. La hausse la plus forte serait enregistrée par le maïs (+181 Mt à 1.311 Mt d’ici à 2028) notamment en Chine (+47 Mt), aux États-Unis (+31 Mt), au Brésil (+25 Mt), en Argentine (+17 Mt) et en Ukraine (+6 Mt).

La production de blé augmenterait de 86 Mt (à 838 Mt), soit à un rythme plus modéré que celui de la décennie précédente. Dans le monde industrialisé, c’est dans l’UE que la hausse de cette production devrait être la plus forte, avec des rendements élevés, des prix compétitifs et des céréales de qualité. Le riz (+66 Mt) et les céréales secondaires (+35 Mt) progresseraient dans des proportions moindres. À moyen terme, la hausse de la demande globale de céréales devrait être plus modérée qu’au cours de la précédente décennie, vu le ralentissement de la demande d’aliments pour animaux en Chine et des usages industriels – amidon et biocarburants.

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