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Au potager, évitons l’ensemencement des plantes non désirées

Durant l’été sec et chaud, de nombreuses semences de plantes sauvages n’ont pas germé. Elles sont restées en attente. Après les pluies des dernières semaines et l’abaissement de la température, certaines espèces ont pu germer et sont maintenant en plein développement. Il faut agir dès maintenant pour ne pas être dépassé au printemps !

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Les espèces à cycle de développement court pourront produire des semences viables. Le stock de semences viables de ces espèces sera maintenu ou augmenté. Les plantes vivaces pourront augmenter leur vigueur si nous laissons se développer.

Les herbes sauvages poussent allègrement, certaines sont en fleurs et produiront bientôt des semences. Il faut absolument décider de casser leur cycle de multiplication si nous voulons éviter d’être envahis l’année prochaine. Le mouron des oiseaux, le pâturin annuel et les galinsoges sont de celles-là.

Les galinsoges se développent et produisent très rapidement des graines viables. Plusieurs cycles de reproducion par an permettent à ces espèces de devenir rapidement envahissantes. La moindre plante montée à graines doit être éliminée du protager.
Les galinsoges se développent et produisent très rapidement des graines viables. Plusieurs cycles de reproducion par an permettent à ces espèces de devenir rapidement envahissantes. La moindre plante montée à graines doit être éliminée du protager. - F.

Le chiendent, les liserons, les prêles sont des espèces vivaces dont le développement est à limiter également.

Pour réduire notre travail de désherbage du printemps prochain, c’est déjà maintenant qu’il faut agir.

Comment s’y prendre ?

Plusieurs méthodes sont facilement mises en pratique en cette époque de l’année.

Les moyens mécaniques

Les moyens mécaniques font appel à la fameuse formule HDR + R (c’est-à-dire huile de bras + rasette). Mais tant que le sol est fort humide et que les pluies se répètent comme ce fut le cas lors des dernières semaines, ces moyens ne conviennent pas bien. Par contre, si le sol se ressuie, le travail de surface permet de détruire facilement les jeunes plantes sauvages non désirées. L’incorporation des matières végétales sur quelques cm de profondeur permet un excellent apport de matière organique fraîche. La vie du sol en profitera.

Un autre moyen mécanique est l’emploi d’un broyeur sur roues : la tondeuse à gazon, tout simplement. Nous réglons sa hauteur de coupe à la végétation des plantes présentes et pouvons intervenir à plusieurs reprises si nécessaire. La masse broyée peu rester en surface de sol ou être emmenée sur un tas de compost. Si nous intervenons avant la formation de graines viables, il n’y a pas de précaution particulière à prendre. Au contraire, si nous constatons que les plantes sont montées à graines, le compostage avec un retournement pour faire monter la température est nécessaire.

Enfin, si les plantes sont d’un tel développement que les interventions à la rasette et à la tondeuse ne sont plus possibles, il nous reste le bon vieux sarclage  : nous arrachons les plantes à la main et les évacuons vers le tas de compost. N’oublions pas de retourner le tas pour permettre un bon compostage.

Ce semis d'automne de navets devra être désherbée dès que possible si nous voulons éviter que la situation ne devienne incontrôlable.
Ce semis d'automne de navets devra être désherbée dès que possible si nous voulons éviter que la situation ne devienne incontrôlable. - F.

Les moyens thermiques

Les moyens thermiques apportent des solutions bien adaptées aux circonstances saisonnières d’automne. Ils conviennent parfaitement lorsque les conditions d’humidité du sol ne permettent pas l’emploi des moyens mécaniques en de bonnes conditions.

La plupart des brûleurs fonctionnent avec le gaz comme source d’énergie. Il ne s’agit pas de griller les plantes immédiatement, mais simplement d’élever leur température au-delà d’une septantaine de degrés durant un très court moment. Les cellules des tissus foliaires ne seront plus capables de vivre, la plante se desséchera lors des jours suivants.

Au début de l’hiver, la nature nous apporte un moyen thermique gratuit mais pas contrôlable : le gel. Lorsqu’il gèle à – 6ºC, pas mal de plantes adventices sont détruites, comme les galinsoges par exemple. C’est facile et efficace… sauf que lors de certains hivers, il ne gèle pas !

Les moyens biologiques

Les moyens biologiques par la culture d’engrais vert concurrencent les plantes sauvages par son fort développement. Celui-ci occupe le terrain et le maintient propre. Il est encore possible de semer des engrais verts à la mi-octobre, mais ne tardons pas. Lorsque la température descendra sous 12ºC, leur croissance ne permettra plus une bonne couverture du sol avant l’hiver. Les « mauvaises herbes », par contre, bien adaptées à nos conditions climatiques, se développeront sans forte concurrence.

Une autre possibilité est de couvrir le sol d’un mulch constitué de débris végétaux. Le sol sera protégé, les adventices ne lèveront plus. Au printemps, nous récupérerons ce mulch ou le laisserons en place selon la culture à implanter. Nourrir le sol pour qu’il nous nourrisse au printemps prochain.

Une autre bonne solution est d’incorporer cette masse végétale aux premiers cm de sol, en s’aidant d’une houe par exemple. Ces matières organiques végétales pourront être décomposées par les organismes vivants du sol qui s’en nourrissent. Par le cycle immuable de la vie, ceux-ci mourront et se décomposeront en libérant les matières minérales dont profiteront nos légumes lors de la prochaine saison.

Voila une parcelle suffisamment propre que pour pouvoir être laissée à elle même jusqu'à l'hiver. De plus, les plantes, des poireaux dans ce cas-ci, sont bien aérées et sont moins vite contaminées par les maladies foliaires. Un paillage maintiendra le sol propre et facilitera l'accès aux poireaux sans abimer la structure du sol.
Voila une parcelle suffisamment propre que pour pouvoir être laissée à elle même jusqu'à l'hiver. De plus, les plantes, des poireaux dans ce cas-ci, sont bien aérées et sont moins vite contaminées par les maladies foliaires. Un paillage maintiendra le sol propre et facilitera l'accès aux poireaux sans abimer la structure du sol.

Laisser faire la nature ?

Faut-il laisser faire la nature ou détruire les plantes présentes naturellement pour en implanter d’autres qui ne poussent pas spontanément à cet endroit-là. Lorsque nous discutons entre jardiniers, ce sujet qui fâche revient régulièrement dans les conversations. C’est toute la différence entre le comportement du chasseur-cueilleur des populations primitives et de celui du paysan qui élève et cultive.

Maîtriser certaines plantes en favorisant le développement d’autres plantes n’empêche pas de respecter la nature dans son ensemble.

La permaculture permet de trouver un équilibre durable entre les plantes naturellement présentes et les plantes amenées par le jardinier. Nous reviendrons sur ce sujet durant les prochains mois.

F.

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