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Rentabilité et durabilité grâce au photovoltaïque

Depuis une quinzaine d’années, de plus en plus d’exploitations agricoles s’équipent de panneaux photovoltaïques. Ce constat pousse une équipe de chercheurs de Gembloux Agro-Bio Tech

à s’intéresser à cet « agrivoltaïsme » transposé à l’agriculture urbaine et péri-urbaine. Leur but : se poser les bonnes questions en matière de rentabilité et d’empreinte environnementale.

Temps de lecture : 3 min

En Belgique, la production d’énergie renouvelable a augmenté de 31 % en 2020, avec une part belle et croissante pour le photovoltaïque. Plusieurs arguments en faveur du développement de cette technologie sont souvent évoqués : valorisation des surfaces inexploitées, geste pour la planète, économies directes sur la facture d’électricité, bénéfice sur la vente de l’électricité produite, diversification des revenus…

« Mais cela vaut-il pour le photovoltaïque sur des cultures de plus petites superficies, telles que l’on en retrouve en zones urbaines et périurbaines ? », s’interrogent des chercheurs du Centre de recherches en agriculture urbaine (C-Rau), à Gembloux Agro- Bio Tech ULiège. Plusieurs questions se posent, selon eux, à l’heure où les villes européennes voient leurs obligations en matière de climat être renforcées et les exploitations agricoles citadines se multiplier.

Lever de nombreuses interrogations

À Gembloux Agro-BioTech, des recherches en agriculture urbaine sont déjà en cours depuis plus de 10 ans. Des infrastructures (serre en toiture, culture pleine terre dans un esprit micro-fermes et cultures hors sol) s’y déploient et vont à présent accueillir du photovoltaïque. Elles seront le lieu d’expériences inédites : « En un seul et même endroit, nous pourrons comparer comment un même légume pousse sur ces trois systèmes de production, et ceci avec ou sans photovoltaïque. Nous pourrons alors dégager les meilleurs rendements agronomiques, énergétiques et économiques », explique le professeur Haïssam Jijakli, fondateur du C-Rau et coordinateur du projet.

Les sujets qu’aborderont les chercheurs sont nombreux :

– avec du photovoltaïque en plus, est-il possible d’accroître les performances des divers types de cultures en même temps que leur durabilité ? Par exemple, une serre en toiture, déjà bon élève en la matière, peut-elle être encore plus neutre en carbone ?

– est-il plus judicieux d’installer les panneaux voltaïques à même les lopins de terre ou au-dessus des cultures pour les protéger des conditions météo défavorables (intempéries, fort ensoleillement…) ?

– en Belgique, 3 laitues sur 4 poussent les racines dans l’eau. Ces cultures hors sol sont certes économes en eau, mais plutôt gourmandes en énergie. Peut-on, grâce au photovoltaïque, en réduire l’empreinte carbone, tout en garantissant la rentabilité de l’investissement ?

Bien d’autres questions seront abordées tout au long du projet. Les réponses obtenues devraient intéresser tant les exploitants agricoles que les pouvoirs publics de nos villes ou encore le secteur entrepreneurial.

Ce projet d’agrivoltaïsme urbain s’appelle « PV Follow Functions », ce qui signifie que les panneaux photovoltaïques s’adaptent aux fonctions requises par le type de culture ou le bâtiment. Il est financé par Interreg Grande Région et prendra place sur le site Wasabi (plateforme wallonne des systèmes innovantas en agriculture et biodiversité urbaine) de Gembloux Agro-Bio Tech. Les panneaux photovoltaïques seront installés d’ici ce printemps. Le projet se poursuivra jusqu’à fin 2022, en vue de mener les recherches sur plusieurs cycles et saisons.

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