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Vers une utilisation plus raisonnée des antibiotiques dans les élevages laitiers

En 2018, le secteur laitier a pris l’engagement d’imposer l’enregistrement des antibiotiques pour les bovins laitiers via le cahier de charges QFL. Cela a permis d’éditer les premiers rapports de benchmarking pour les producteurs laitiers en 2020. En les analysant avec leur vétérinaire, les éleveurs peuvent mieux comprendre l’utilisation des antibiotiques enregistrés pour leur exploitation.

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Les préoccupations sociétales concernant la consommation de médicaments et la résistance aux antibiotiques ont fortement augmenté au cours des dix dernières années. La lutte contre cette résistance croissante est une priorité politique de premier ordre, tant au niveau européen que national.

Le secteur agricole belge s’efforce donc, avec de nombreux partenaires, de réduire l’utilisation des antibiotiques. Cela s’est traduit par la signature d’une première convention « antibiotique » en 2016, pour la période 2016-2020. La seconde, ciblant les années 2021-2024, vient d’être signée à son tour (lire ci-contre).

QFL : enregistrement obligatoire des antibiotiques

La QFL veut aussi assumer sa responsabilité sociétale et souscrit à la convention. « Les engagements de MilkBE s’inscrivent parfaitement dans nos efforts pour rendre le secteur laitier plus durable », déclare Renaat Debergh, président du groupe de travail Durabilité de MilkBE. « La société a des exigences strictes et les clients et acheteurs de l’industrie laitière s’interrogent également sur les mesures prises pour réduire l’utilisation d’antibiotiques chez les bovins laitiers. »

Pour concrétiser son engagement, le secteur laitier, via le cahier des charges QFL, a notamment décidé en 2018 de rendre obligatoire l’enregistrement de l’utilisation des antibiotiques en élevage laitier. Les producteurs laitiers doivent désormais être inscrits dans l’une des bases de données AB-Register (Flandre) ou Bigame (Wallonie) pour obtenir et maintenir leur certificat QFL.

Pour poursuivre l’évolution positive entamée, il sera vérifié prochainement lors des audits QFL si l’information introduite par le vétérinaire a été saisie correctement dans Bigame ou AB Register. « Ce suivi contribuera à améliorer la qualité des rapports de benchmarking annuels que chaque producteur laitier recevra », souligne Alain Masure, président du groupe de travail QFL de MilkBE. Mais bien sûr, le producteur laitier a aussi sa responsabilité en la matière. Il lui appartient de vérifier les enregistrements effectués pour ses animaux et de signaler immédiatement les fautes potentielles à son vétérinaire.

Réfléchir à une meilleure approche sanitaire

« Le but de l’enregistrement des antibiotiques au niveau des vaches et des exploitations n’est pas de les interdire mais de parvenir à une utilisation plus raisonnée », poursuit Dirk Van De Keere, président de MilkBE. Grâce au rapport de benchmarking que le producteur laitier recevra chaque année, il pourra évaluer son exploitation par rapport à celles de son environnement.

Ledit rapport établit la comparaison pour les différents groupes d’âge de bovins laitiers présents. Ceci permet également d’avoir une idée sur la fréquence d’utilisations des antibiotiques critiques, c’est-à-dire des antibiotiques de dernier recours (quand la bactérie isolée est résistante aux autres antibiotiques de première et deuxième lignes).

Le rapport fournit une base solide pour que l’éleveur laitier réfléchisse avec son vétérinaire à la meilleure approche sanitaire et une utilisation bien raisonnée des antibiotiques chez ses animaux. Ces trois questions peuvent guider la réflexion :

– les résultats sont-ils conformes aux attentes, y a-t-il des imperfections ? ;

– où est-ce que je me situe par rapport à mes collègues ? ;

– quelles leçons puis-je tirer quant à l’approche préventive de la santé animale dans mon exploitation ?

Un rapport sectoriel, pour des conseils ciblés

En combinant les données collectées au niveau des exploitations agricoles, l’utilisation des antibiotiques peut être cartographiée au niveau des secteurs. À la demande de la QFL, l’Amcra établira un rapport sectoriel annuel pour les bovins laitiers. Cela permettra, à terme, d’avoir un aperçu unique des tendances générales de l’utilisation des antibiotiques chez ces animaux et de créer ainsi une base pour des conseils et des politiques sectorielles ciblées.

Un premier rapport a été présenté en 2020, couvrant 2019. Étant donné qu’il s’agissait de l’année de démarrage, la première collecte de données a connu plusieurs difficultés. Toutes les parties de la chaîne et tous les partenaires se sont pleinement engagés à un bon redémarrage en 2021 afin que la prochaine analyse des données puisse produire des conclusions plus fiables.

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