La Fwa a manifesté à Namur pour défendre l’agriculture familiale

La Fwa a manifesté à Namur pour défendre l’agriculture familiale
Photo: Belga

Plusieurs délégations se sont rassemblées sur la place d’Armes à 10h15. Elles se sont ensuite entretenues avec différents membres du gouvernement wallon ainsi que le président et les chefs de groupes du Parlement de Wallonie. Les agriculteurs et agricultrices remettront à chacun une note reprenant cinq revendications.

Concrètement, cette note réclame la mise en place d’« une politique volontariste visant à préserver l’agriculture familiale wallonne, mise en péril par de sérieuses difficultés économiques et une difficulté croissante à assurer le renouvellement des générations ».

Simplifier les politiques

La Fwa tire tout d’abord la sonnette d’alarme à propos du revenu agricole. Les derniers chiffres du service public de Wallonie montrent que le revenu agricole moyen n’atteint pas 40 % de celui des autres secteurs économiques, regrette-t-elle, ajoutant que c’est le cas depuis plus de 10 ans. En moyenne, pour la période 2016-2018, le revenu par unité de travail des exploitations agricoles wallonnes est estimé à 15.652 €. Le budget de la Politique agricole commune (PAC, gérée à l’échelon européen) est en baisse constante et ne permet donc plus de remplir son rôle compensatoire de l’inadéquation entre les prix agricoles et les coûts de production, souligne la fédération.

Le syndicat demande également une simplification des politiques mises en place et plus de cohérence par rapport aux réalités du terrain. Selon lui, les agriculteurs sont soumis à de multiples règles et contrôles qui alourdissent leur charge de travail et sont parfois « contraires au bon sens agronomique ». Il évoque notamment les dérogations à obtenir en période de sécheresse et regrette que la future PAC, qui entrera en vigueur en 2023, n’apporte aucune solution à cet égard.

Le soutien à l’installation est également au cœur des revendications des agriculteurs. Selon la Fwa, le système régional d’aides pousse les jeunes agriculteurs à la production intensive. Ils sont en outre régulièrement confrontés à des refus de permis de la part de la Région wallonne, tout en devant continuer à la rembourser.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre

« L’agriculture wallonne est émettrice de moins de 14 % des gaz à effet de serre de notre région, là où l’agriculture mondiale atteint les 25 % », souligne encore le syndicat. « Depuis les années 1990, alors que le transport a augmenté ses émissions de 30 %, l’agriculture wallonne les a réduites de plus de 17 %. Il est urgent de s’en rendre compte et d’aider les agriculteurs à évoluer dans la durabilité, en valorisant le travail déjà réalisé dans ce sens, et en soutenant la recherche susceptible de poursuivre cette évolution vertueuse. »

« Les pouvoirs publics doivent mesurer l’écart entre le discours du citoyen, qui se déclare prêt à dépenser plus pour une alimentation qui répond à des standards encore plus élevés, et le comportement de ce même citoyen lorsqu’il devient consommateur et pose des choix d’achat d’abord motivés par des contingences économiques », ajoute-t-elle.

Parallèlement, la Fwa s’inquiète de la délocalisation de nombreuses productions comme la volaille ou le porc, faute d’autorisation en Wallonie. Elle demande donc que ces importations soient interdites et que le cadre légal wallon soit assoupli.

« En Wallonie, la déclaration de politique régionale fixe des objectifs très ambitieux en conversion vers l’agriculture biologique », précise la fédération. « Si l’intention est louable, il faut toutefois rester réaliste par rapport aux capacités d’absorption du marché. En n’en tenant pas compte, on défavorise la capacité de l’agriculture, même avec des standards élevés, à s’autonomiser et à développer un cadre économique porteur. »

Belga

Le direct

Le direct