La permaculture, un atout sur le marché de l’emploi pour les agronomes

La permaculture, un atout sur le marché de l’emploi pour les agronomes

Philosophie de vie ou technique de jardinage, les avis divergent selon que l’on est convaincu ou sceptique des vertus présumées de la permaculture.

La permaculture observe la nature et calque son fonctionnement pour l’appliquer dans tout projet humain, afin qu’il soit durable et résilient, explique Jonathan Leruth. On va, par exemple, planter du basilic au pied d’un plant de tomates : les tomates donnent l’ombre nécessaire au basilic qui éloigne les insectes des tomates. Un échange de bons procédés, qui peut s’appliquer dans tous les domaines de la vie, affirment les adeptes de la permaculture. « C’est une approche globale », souligne Jean-Cédric Jamart, paysan et formateur en permaculture. « Par exemple, on construit et on gère des habitats respectueux de l’environnement pour avoir des logements pérennes et pouvoir se chauffer sans pétrole ».

Le principe suscite l’intérêt : les formations se multiplient et les articles à son sujet prolifèrent sur internet. La permaculture « rejoint les préoccupations des gens qui veulent respecter davantage la nature et s’impliquer dans la production alimentaire », souligne Philippe Baret, docteur en agronomie et professeur à l’Université catholique de Louvain (UCL). « Mais il existe une confusion sur l’objectif (de ces formations) : est-ce que c’est apprendre à faire du jardinage, ce qui est le cas pour trois quarts d’entre elles ou une formation professionnelle ? Dans ce dernier cas, cela ne peut être de la permaculture car ce n’est pas une pratique professionnelle », assure-t-il.

À la Haute école de la Province de Liège, on est d’un tout autre avis : être formé en permaculture représenterait un atout sur le marché de l’emploi : « C’est une force supplémentaire pour les jeunes étudiants en agronomie qui disposent déjà de plusieurs débouchés », explique Mélanie Paparelli, responsable de la communication de l’HEPL. « Nous avons décidé de nous centrer sur la permaculture parce qu’à la différence de l’agroécologie ou de l’agriculture biologique, elle ne se focalise pas sur la production alimentaire. C’est plus vaste, c’est une grille proposée pour concevoir tout un système », explique Jonathan Leruth. La prolifération des formations s’explique également par la nécessité de posséder de la patience, de la rigueur et surtout de bonnes connaissances de la nature, la permaculture étant basée sur l’observation du fonctionnement de celle-ci.

(Belga)

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