Les Wallons voudraient des produits locaux et rémunérateurs pour les producteurs

Les Wallons voudraient des produits locaux et rémunérateurs pour les producteurs
J.V.

Le baromètre montre premièrement que les difficultés de rémunération des producteurs sont aujourd’hui une évidence pour la société : 80 % des sondés pensent que les producteurs belges sont mal rémunérés pour leur travail. En 2016, 3 Wallons sur 4 étaient déjà conscients de cette problématique.

Comme en 2016, ils estiment que dans le prix final payé (incluant la production, distribution, transport, transformation, promotion), 40 % de ce montant devrait revenir au producteur afin de lui assurer une juste rémunération. Dans la réalité, les producteurs perçoivent en moyenne entre 5 et 30 % du montant final, de façon très variable selon la nature des produits. Pour que l’on puisse parler d’un prix juste au producteur, en viande bovine par exemple, on estimait en 2019 à 1,52€ (par kilo carcasse) la différence entre les coûts de production et le prix du marché perçu par l’éleveur.

64 % des Wallons se disent d’ailleurs certainement ou probablement prêts à payer plus cher des produits comme les fruits et légumes, viandes, produits laitiers, pour autant qu’ils aient la certitude que cette somme supplémentaire servirait à rémunérer les producteurs de manière plus juste.

« Ce nouveau baromètre confirme que nous sommes dans la bonne voie avec le label Prix Juste ! Cela renforce nos hypothèses de départ et nous conforte dans l’idée que nous devons continuer à travailler pour garantir un prix juste aux agriculteurs de chez nous et aider les consommateurs à identifier ces produits », souligne Emmanuel Grosjean, coordinateur du Collège des producteurs.

S’assurer de l’origine locale des produits

Plus encore que les notions de bio et équitable, les ingrédients locaux mobilisent particulièrement les Wallons. En considérant que le prix d’un repas dans les restaurations collectives (écoles, hôpitaux, homes, entreprises…) est en moyenne de 5 €, 80 % des Wallons accepteraient certainement ou probablement de payer plus cher pour s’assurer de l’origine locale des produits… Ils seraient d’ailleurs prêts à payer en moyenne 16 % de plus pour un repas fabriqué à partir d’ingrédients locaux.

Ces enseignements sont précieux pour la stratégie Manger Demain et confirment la volonté exprimée par les 220 cantines inscrites au Green Deal « cantines durables » de travailler plus en lien avec la production wallonne. Leur volonté est également de travailler les produits équitables et particulièrement les boissons chaudes, les biscuits et les fruits. Les produits équitables étant encore aujourd’hui principalement assimilés à des produits exotiques. Un travail de sensibilisation est en cours via des formations, des ateliers et des fiches d’information.

Enfin, la majorité des Wallons sont plutôt d’accord pour dire qu’il y a un lien entre la crise sanitaire et notre manière de produire et de consommer. D’ailleurs, selon 83 % des Wallons, le commerce équitable est certainement ou probablement un bon levier pour la transition écologique et sociale. Ce sont les plus âgés et les Namurois qui en sont le plus convaincus.

Méthodologie

Le baromètre – initiative de la Fédération belge du commerce équitable (BFTF), en collaboration avec le Collège des Producteurs et Manger Demain – une est tiré d’une étude commanditée par la BFTF auprès du bureau d’étude indépendant Incidence. Les résultats résultent d’un sondage représentatif de plus de 500 citoyens wallons de plus de 18 ans, mettant en avant des comparaisons entre des critères comme la province, le niveau d’études, la tranche d’âge et le genre. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la campagne « Le commerce équitable, levier de la transition écologique et sociale » de la BFTF.

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