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Maraîchage: les repères culturaux chamboulés sont à surveiller

Après un mois de mars chaud et les deux mois d’avril et mai plus froids que la moyenne des années antérieures, nos repères pour suivre et surveiller les cultures sont chamboulées.

Temps de lecture : 5 min

L e développement des cultures, les évolutions épidémiques de maladies et les cycles de ravageurs sont à surveiller avec attention. Juin est la période des orages avec leurs excès localement destructeurs.

Dans de telles conditions ce n’est pas facile d’ajuster les livraisons aux calendriers théoriques d’une part et de s’adapter aux demandes ponctuelles des clients en légumes frais pour les rencontres festives qui pourront bientôt reprendre, du moins nous l’espérons.

Les pluies de la fin mai relancent une vague de levée d’adventices et ouvrent les conditions propices au développement épidémique de maladies du feuillage. Les insectes ont commencé leur cycle actif à des dates inhabituelles, la vigilance doit rester vive.

Faisons un point de la situation.

La fertilisation

Les légumes à longue durée de végétation et à fort développement végétatif ont besoin d’une fertilisation adaptée.

Bien que les situations soient très contrastées d’une parcelle à l’autre, les reliquats d’azote sont importants en parcelles maraîchères. Après les fumures organiques de base, il est prudent de se baser sur une analyse de profil avant de se lancer dans des apports complémentaires. Les laboratoires sont disponibles sur le site www.requasud.be. Ces apports complémentaires se calent 3 à 5 semaines après plantation en choux brocolis et choux-fleurs, 5 à 8 semaines après plantation choux pommés, choux de Bruxelles, céleris verts et dorés et 6 à 8 semaines après plantation en poireaux et céleris-raves.

Les compléments se calculent d’après les analyses. Il ne sert à rien de forcer les doses, des apports totaux de 120 à 150 unités d’azote en poireaux, 100 à 120 en choux pommés ou un peu plus en choux blancs, et 130 à 150 unités en céleris-raves suffisent généralement. En cas d’apports organiques avant la plantation, c’est le bon moment pour déterminer les reliquats et les disponibilités selon l’avancement réel de la minéralisation, l’état de notre parcelle et selon le climat.

Les légumes à courte période de végétation n’ont guère besoin d’un fractionnement de la fertilisation.

La structure du sol, les travaux de printemps

Les conditions climatiques de 2020 et des conditions favorables pour travailler des sols ressuyés en mars sont les bases de structures des sols assez bonnes cette année.

Il fut aussi assez aisé de procéder à des faux-semis et des binages.

Mais nous sommes maintenant dans une période sensible pour les orages.

Les méthodes de limitation des ravinements ont entièrement leur place dès que les parcelles sont en pente. Les cultures sur buttes comme les carottes et les racines de chicons sont les premières concernées.

Les systèmes de diguettes entre buttes présentent plusieurs avantages. Elles permettent de réduire la vitesse des écoulements d’eau et donc l’importance de l’érosion de surface en cas d’orage. Elles favorisent la pénétration de l’eau dans le sol et c’est au profit des cultures en place. Plusieurs entrepreneurs réalisent les diguettes après la confection des buttes, comme en culture de pommes de terre.

Grêle

Des dégâts de grêles sont déplorés après les orages de la dernière semaine de mai et de début juin, selon les régions. Nous sommes dans la période critique de l’année.

Les maladies et ravageurs

Chaque année vient avec son lot de maladies et de ravageurs :

–  les pucerons ;

Les populations de pucerons ont été repérées tôt cette année et elles sont maintenant en expansion sur de nombreuses cultures maraîchères et légumières. La douceur précoce du début d’année a aussi été favorable à la remise en activité précoce des auxiliaires. Mais les températures basses d’avril et de mai ont ralenti leur activité, au profit des colonies de pucerons. Dans une large majorité de cas, il n’y a pas lieu d’intervenir, les auxiliaires parviennent à réduire maintenant les populations de pucerons.

Restons quand même très attentifs sur des cultures de laitues surtout sur l’environnement de la parcelle est peu propice (peu de haies, peu de végétaux permanents près de la parcelle, etc.) à l’installation rapide des auxiliaires.

–  les mildious ;

Les mildious de l’oignon et du pois n’en sont encore qu’à leur début de développement épidémique. Nous en sommes aux observations et attendons l’envoie des messages d’alerte officiels avant de déclencher une première protection.

En pommes de terre primeur, des taches sont signalées sur le feuillage des cultures qui viennent d’être débâchées. Des confusions sont possibles avec les dégâts antérieurs de gel ou des brûlures récentes dues au soleil.

la sclérotiniose ;

Comme chaque année nous constatons ici et là des foyers de Sclérotinia sclerotiorum, mais c’est plus une question de rotation et de gestion des attaques antérieures que de météo de l’année. Le traitement du sol avec Contans est une bonne méthode préventive qui complète bien le respect de la rotation.

En choux

Les dégâts de pigeons (et parfois de gibier) restent très importants. Dans les sites à risques élevés, les filets sont coûteux mais nécessaires. Les effaroucheurs donnent de bons résultats si les techniques employées sont alternées régulièrement pour éviter la perte d’efficacité.

La mouche du chou a provoqué des dégâts précoces et importants cette année, probablement en lien avec la météo du début du printemps. Nous sommes encore dans la période à grands risques. Les méthodes de lutte combinent l’emploi de filets (difficile à mettre en œuvre efficacement), les binages qui détruisent les œufs et éventuellement le recours à des insecticides agréés (voir fytoweb.be).

Les papillons sont en vols depuis quelques jours, les chenilles sont présentes ou sont attendues très prochainement.

La mouche du chou a provoqué des dégâts précoces et importants cette année, probablement en lien avec la météo du début du printemps. Nous sommes encore dans la période à grands risques.
La mouche du chou a provoqué des dégâts précoces et importants cette année, probablement en lien avec la météo du début du printemps. Nous sommes encore dans la période à grands risques.

En poireaux

Nous devrions être à la fin de la période des vols de la mouche mineuse Phytomyza gymnostoma. Mais nous devons rester vigilants. Pour mémoire, les observations sur ciboulettes jeunes plantées en bord de parcelles sont aisées.

Les thrips sont en extension partout mais restent moins présents que lors des dernières années ; la vigilance reste de mise.

La rouille est déjà présente ça et là, c’est tôt. Observons de près nos parcelles.

F.

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