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Les clés de la réussite en semis direct: au-delà du choix du semoir, les pratiques agronomiques doivent aussi être adaptées

Si le semis direct nécessite de disposer du matériel adéquat (semoir à dents ou à disques, selon les cas), il requiert également d’adopter de nouvelles techniques agronomiques. Toutefois, la Belgique se prête bien à cette pratique, avec de bonnes terres et des cultures à hautes valeurs ajoutées. Voyons cela en détail !

Temps de lecture : 15 min

Beaucoup d’agriculteurs se posent des questions quant à leurs techniques culturales, notamment au vu des conditions climatiques de ces dernières années. La thématique du semis direct fait souvent partie de ces réflexions, d’autant qu’il continue à faire ses preuves chez ses adhérents.

Par l’intermédiaire de ce dossier, nous vous proposons une rencontre avec M. Ludovic Leturque, responsable commercial Horsch pour les marchés belge et du Nord de la France, avec qui nous abordons la question délicate du choix du semoir pour le semis direct, en nous appuyant sur l’un des best-sellers du constructeur germanique : le semoir Horsch Avatar.

S’assurer que le sol soit prêt

Dès le début de l’entrevue, Ludovic attire notre attention sur le fait qu’il ne faut surtout pas se focaliser uniquement sur la seule question du choix de la machine, celle-ci n’étant en fin de compte que l’outil permettant d’atteindre un objectif. « La technique du semis direct doit être abordée sous un angle beaucoup plus global. La Belgique se prête bien à cette pratique, avec de bonnes terres et des cultures à haute valeur ajoutée. Il est important d’appréhender le semis direct en fonction de chaque culture et des caractéristiques de chaque parcelle. »

Il est aussi fondamental que le sol soit prêt pour le semis direct. « J’entends par là qu’il doit disposer d’un taux d’humus élevé, une structure adéquate, une bonne portance et une activité vivante dynamique. C’est la condition sine qua non de la réussite. Il n’est donc pas possible de passer d’une agriculture avec labour traditionnelle au semis direct du jour au lendemain, au risque sinon de grandes déconvenues. »

Les pneus larges basse pression concourent à la stabilité, à la maniabilité et à la portance du semoir, et limitent la formation d’ornières derrière celui-ci.
Les pneus larges basse pression concourent à la stabilité, à la maniabilité et à la portance du semoir, et limitent la formation d’ornières derrière celui-ci.

Il est recommandé, lors de pareilles transitions, d’adopter progressivement des techniques culturales simplifiées pendant quelques années. « Une fois le sol prêt, il sera alors possible d’entrer de plain-pied dans le monde du semis direct. Le matériel utilisé devra lui aussi évidemment suivre cette évolution ».

Le couvert, véritable allié de l’agriculteur

En semis direct, l’objectif est de maintenir en permanence une couverture végétale sur le champ. Il faut donc implanter un couvert après la moisson puis, plus tard, une culture dans ce couvert. Ce dernier est bien plus qu’une simple culture intermédiaire.

Ludovic poursuit : « Le couvert est même la clé de la réussite car c’est lui qui a le plus d’influence sur le résultat final : le semoir doit, en semis direct, perturber très peu le sol, non seulement pour éviter de stimuler les adventices, mais aussi pour en préserver la structure. Ce sont donc les racines du couvert qui doivent assurer la part nécessaire de travail du sol. Par la suite, en se dégradant, le couvert relâchera de l’azote et participera à la formation de l’humus. Il convient par ailleurs de veiller à ce que le couvert et la culture soient complémentaires, et non concurrents. »

Généralement, le couvert est détruit, souvent broyé, avant le semis de la culture principale ou est mené à l’état gélif et la culture prend ensuite le dessus. La gestion du couvert se révèle également importante pour procurer la portance nécessaire au semis ultérieur de la culture en conditions difficiles, lors d’automnes pluvieux… « Il est donc indispensable de mener une réflexion approfondie sur le choix de ce couvert, en fonction des conditions locales, parcelle par parcelle et de réussir son implantation ».

Quel semoir pour implanter un couvert sur chaumes ?

Le semis du couvert se fait juste après la récolte, soit à une période qui, a priori, y est peu propice. En été, après la moisson, le taux d’humidité du sol est faible. Le semoir ne doit donc pas trop travailler le sol, pour éviter de l’assécher davantage.

Cette trémie comporte trois compartiments, dont les sorties sont bien visibles  sur cette photo. Elle permet donc le semis de différentes graines ainsi que  l’application simultanée de fertilisants le cas échéant.
Cette trémie comporte trois compartiments, dont les sorties sont bien visibles sur cette photo. Elle permet donc le semis de différentes graines ainsi que l’application simultanée de fertilisants le cas échéant.

Sur le marché coexistent deux grandes familles de semoirs : à dents ou à disques. Laquelle de ces deux configurations se prête-t-elle le mieux à l’implantation d’un couvert sur chaumes ?

« Globalement, derrière une moisson, on peut dire qu’un semoir à dents se montre plus efficace car le passage des dents écarte les résidus de paille du sillon. Le semoir à dents procure, dans ces conditions, un meilleur contact entre la graine et la terre mais aussi une meilleure maîtrise du positionnement et de la profondeur de la semence. »

Il est également possible de parvenir à de bons résultats avec un semoir à disques mais c’est un peu plus compliqué. « Il faut faire montre d’une plus grande vigilance, notamment en prêtant une attention particulière à l’angle des disques pour limiter l’enfouissement de résidus de paille dans le sillon, nuisant ainsi au contact terre-graine. A contrario, le semoir à disques permet généralement un travail de meilleure facture lors de l’implantation ultérieure de la culture dans le couvert. Les puristes, actifs dans le semis direct depuis longtemps, possèdent souvent les deux types de matériels pour pouvoir intervenir en tout temps en conditions optimales mais beaucoup d’utilisateurs optent pour un semoir à disques polyvalent et affichant des résultats tout à fait satisfaisants ».

Et pour la culture principale ?

Pour la phase du semis de la culture principale dans le couvert, le choix du semoir doit s’orienter en fonction de différents paramètres : nature et structure du sol, type de culture, date de semis… L’un des facteurs prépondérants à prendre en compte a trait à l’état du couvert : s’agit-il d’une végétation basse, drue et touffue ou, au contraire, haute et dense ? Le couvert est-il broyé avant le semis ou pas ?

Les réponses à ces questions conditionnent le choix du semoir, argumente Ludovic : « Effectivement, chaque type de semoir fournit un travail donné. Les conditions d’utilisation doivent donc être prises en considération pour aboutir au résultat escompté. Il est fréquemment admis que les semoirs à dents conviennent moins au semis dans le couvert, surtout si celui-ci est épais. » Le semoir peut, en effet, se transformer en un véritable râteau, traînant entre ses dents des accumulations de végétaux du couvert, entravant son bon fonctionnement et nécessitant des arrêts pour le débourrer. D’où, bien entendu, l’intérêt des disques qui découpent de façon nette les végétaux se présentant devant lui.

« Attention, je ne dis pas qu’il n’est pas possible de semer la culture principale avec une machine à dents mais cela requiert une certaine expérience et des précautions complémentaires dans l’itinéraire technique, notamment en choisissant un couvert de façon encore plus étudiée et en espérant qu’il se développe conformément aux attentes. Les disques permettent de s’affranchir d’une partie de ces contraintes ».

Privilégier un modèle à plusieurs compartiments

Outre l’élément semeur en tant que tel, les autres organes du semoir doivent être choisis avec sérieux. La trémie en est un parfait exemple. Sur le marché se rencontrent des offres de trémies à un, deux ou trois compartiments. Or, la technique du semis direct se conjugue fréquemment à l’association de cultures.

« Personnellement, je pense que choisir une trémie à une seule cuve n’est pas une solution optimale. Il convient, comme déjà signalé, de sécuriser au maximum le couvert. Dans la plupart des cas, cela se fait en multipliant les espèces, de manière à obtenir à la fois un système racinaire efficace et une densité aérienne importante. Le semoir doit donc être capable de prendre en charge simultanément différentes graines de diverses granulométries. Cela nécessite souvent plusieurs cuves dans la trémie. »

Une difficulté supplémentaire avec les mélanges de semences est d’empêcher un tri densimétrique à l’intérieur même de la trémie et au niveau du distributeur. Il en résulterait une séparation des espèces au moment du semis. Pour parer à cette éventualité, Horsch propose en option une mise sous pression des compartiments de la trémie avec une surpression de 1,5 bar.

Toujours concernant le nombre de compartiments, il faut aussi tenir compte de l’application d’un fertilisant lors du semis. En effet, en l’absence de travail du sol, celui-ci se réchauffe beaucoup moins rapidement. La température étant moindre, la minéralisation de la matière organique en semis direct est plus lente au moment de l’implantation de la culture. « Cela signifie qu’il y a, à ce moment, moins d’éléments nutritifs assimilables pour la suite. Une fertilisation à l’aide d’un engrais starter est souvent nécessaire. Cette même réflexion peut être menée aussi pour les apports en oligo-éléments ou en anti-limaces pouvant être combinés au semis », complète Ludovic.

Le dégagement sous le bâti et la distance entre les deux rangées d’éléments de semis  ont été étudiés pour optimiser les capacités de passage du semoir,  notamment dans les couverts hauts.
Le dégagement sous le bâti et la distance entre les deux rangées d’éléments de semis ont été étudiés pour optimiser les capacités de passage du semoir, notamment dans les couverts hauts.

« Il y a donc tout intérêt à réfléchir à cet aspect des choses lors de l’élaboration du projet d’acquisition du semoir. Idéalement, la machine doit être dotée des équipements nécessaires, tels qu’un compartiment utilisable pour un engrais et un doseur spécifique. Notre catalogue comporte ainsi des versions à un, deux ou trois compartiments, avec la possibilité, lorsqu’il y en a plusieurs, d’utiliser ceux-ci uniquement avec des semences ou concomitamment avec des semences et des engrais ».

Intégrer ou écarter les cultures incompatibles ?

D’un point de vue agronomique, un autre facteur revêt également une importance fondamentale pour réussir ses cultures : le choix de l’assolement. En semis direct, les types de cultures et leur rotation doivent être consciencieusement analysés.

« Il faut se rendre compte que toutes les cultures de printemps ne sont pas possibles en semis direct. Il faut donc faire des choix et, le cas échéant, des compromis : certains préféreront écarter les cultures incompatibles, d’autres les intégreront à leur rotation pour diverses raisons mais devront alors prendre des mesures et précautions supplémentaires pour ne pas trop nuire aux pratiques culturales mises en place avec le semis direct dans leur exploitation », signale Ludovic.

« A titre d’exemple peuvent être citées les cultures de pommes de terre ou de légumes. Celles-ci requièrent un important travail du sol générant sa déstructuration, ce qui est contraire au principe même du semis direct. Si le choix d’emblaver ces cultures est malgré tout posé, il faut alors choisir la culture suivante mais aussi et surtout le couvert intermédiaire pour restructurer le sol au mieux. Dans d’autres cas, certains agriculteurs optent pour une formule hybride visant à ouvrir un peu le sol pour le réchauffer, puis implanter la culture avec un semoir de semis direct », commente-t-il.

40 ch/m de travail

L’ensemble de ces paramètres revêt une influence certaine lors du choix du semoir. Comme le signale notre interlocuteur, il faut savoir, après avoir étudié la situation et avoir défini les objectifs, à quel endroit positionner le curseur de la réussite. Autrement dit, déterminer les degrés de polyvalence et de qualité du travail du semoir vis-à-vis des résultats attendus. À cet égard, un autre aspect est souvent mentionné dans les débats : le lestage de l’élément semeur.

Les organes constituant l’élément de semis sont le disque semeur, le coutre, la roue  de rappui et la roulette de fermeture. La roue de contrôle de la profondeur est visible  à l’arrière-plan de chaque disque et est située à hauteur du point de chute de la graine.
Les organes constituant l’élément de semis sont le disque semeur, le coutre, la roue de rappui et la roulette de fermeture. La roue de contrôle de la profondeur est visible à l’arrière-plan de chaque disque et est située à hauteur du point de chute de la graine.

Si cette considération ne s’applique pas aux dents qui ont tendance à entrer naturellement dans le sol, ce n’est pas le cas pour les semoirs à disques. Qu’en pense Ludovic ?

« La force de pénétration de l’élément dans le sol revient en effet souvent dans les discussions. Bien entendu, celle-ci doit être adaptée aux conditions rencontrées, telles que la météo ou le type de sol, mais je constate cependant que, lorsque le sol présente une structure correcte pour le semis direct, le lestage requis est relativement faible. Tout est vraiment question de l’état du sol ; s’il est compacté ou s’il n’est pas prêt pour le semis direct, il faudra immanquablement lester davantage les éléments. »

À titre d’exemple, sur l’Avatar, chaque élément est indépendant et peut se voir appliquer une pression pouvant atteindre 350 kg. Pour les situations les plus difficiles, des jeux de masses optionnels peuvent prendre place tant à l’avant qu’à l’arrière du semoir.

Parallèlement à cette question, il faut évoquer la puissance du tracteur et la largeur du semoir : un outil à dents nécessite davantage de puissance, alors qu’un semoir à disques est plus facile à tirer. Cette dernière machine exige grosso modo une puissance d’une quarantaine de chevaux par mètre de travail, ce qui n’est pas si conséquent.

« Quant au choix de la largeur de la machine, il faut l’appréhender en fonction du débit de chantier souhaité. Il faut être conscient que la vitesse de travail en semis direct est lente, de l’ordre de 4 à 8 km/h, dans le but de bouleverser le moins possible le sol et de laisser l’organe de semis pénétrer calmement et correctement le sol. Dès lors, pour préserver un débit de chantier suffisant, nombreux sont ceux qui jettent leur dévolu sur une largeur de semoir plus importante, la puissance de leur tracteur l’autorisant ».

Écartement des dents et angle des disques

La conception générale du semoir est un autre point à prendre en compte. Beaucoup de machines présentent des éléments semeurs disposés sur deux rangées, afin d’éviter l’accumulation de résidus entre eux. Sur le semoir Avatar, le constructeur allemand prévoit ainsi un dégagement sous bâti de 70 cm et des éléments de semis disposés sur deux rangées distantes de 1,5 m pour favoriser sa capacité de passage, y compris en végétation dense. L’interrang assuré par les disques est quant à lui de 16,7 cm.

Ces considérations sont d’autant plus vraies pour les équipements à dents qui imposent un écartement important de celles-ci pour contrer l’effet râteau. « Il est possible de monter des socs étroits ou larges sur les dents. Ceci modifie sensiblement l’interligne pour répondre aux exigences de la culture. Un soc large permet d’accroître la couverture du sol tout en conservant un même nombre de dents, et donc un écartement important entre elles. Pour le semis de céréales, il peut être avantageux de rapprocher les dents pour respecter l’écartement de la culture mais le risque de bourrage augmente alors selon la couverture végétale au sol. La polyvalence d’un semoir à dents se trouve ainsi rapidement limitée ».

« Dans le cas d’un semoir à disques, il est utile de s’attarder sur les angles d’ouverture et d’entrure de ces disques car ces angles influencent directement la qualité du semis : ils doivent ouvrir un sillon adéquat tout en écartant les résidus et en perturbant le moins possible le sol. Un disque vertical, par exemple, n’est pas optimal car il peine à nettoyer la ligne de semis ; pour y parvenir, il faudrait augmenter la vitesse de travail mais cela se révèle contre-productif. Le disque double, s’il convient bien en TCS (Techniques Culturales Simplifiées), offre moins satisfaction en semis direct car les disques lissent les deux flancs du sillon, altérant de fait le contact terre-graine. »

La roue de rappui, servant au plombage des graines et jouant aussi  le rôle d’anti-rebond, peut être remplacée par une languette  en téflon, moins sensible aux conditions très humides.
La roue de rappui, servant au plombage des graines et jouant aussi le rôle d’anti-rebond, peut être remplacée par une languette en téflon, moins sensible aux conditions très humides.

La solution la plus largement plébiscitée, notamment en raison de sa polyvalence, reste le disque lisse avec angles d’ouverture et d’entrure faibles, comme sur l’Avatar, dont ces angles valent respectivement 6º et 3º. « Chez Horsch, nous avons aussi fait des tests avec des disques crénelés qui s’avéraient intéressants par leur capacité de nettoyage de la ligne de semis mais qui, au final, ont été abandonnés à cause de leur travail du sol trop énergique. »

L’agriculteur intéressé par l’achat d’un semoir doit également se pencher sur le système de contrôle de la profondeur de semis. En fonction des cas, la roue de contrôle de cette profondeur se situe derrière, devant ou à hauteur du point de chute de la graine. « Nous préconisons cette dernière solution, qui garantit de meilleures régularité et homogénéité de la profondeur. Nous proposons par ailleurs à notre clientèle deux types de roues de jauge, l’une à rayons, l’autre fermée, afin que chacun puisse choisir la solution la plus appropriée ».

Roue de plombage ou « langue de chat » ?

Après avoir déposé la graine dans le sillon, l’élément de semis doit assurer deux dernières tâches : plomber cette graine et refermer le sillon. Ces étapes sont tout aussi cruciales pour obtenir une levée de qualité.

« Les semoirs Horsch sont pourvus d’une roulette de rappui maintenant la graine au fond du sillon. Elle assure les rôles de plombage mais aussi d’anti-rebond. Nous avons déjà pu constater que cet équipement peut, en conditions très humides, présenter des limites, la terre pouvant adhérer à cette roue et poser dès lors problème. C’est pourquoi il est possible de remplacer la roulette de rappui par une « langue de chat », une bandelette en téflon, qui remplit le même rôle sans que la terre ne puisse y coller. »

En ce qui concerne la fermeture du sillon, elle est assurée par une roulette de fermeture qui peut, au choix, être lisse et en acier, crantée biseautée en acier, ou en caoutchouc. La pression appliquée sur cette roue de fermeture est ajustable. Elle est bien entendu proportionnelle à la force à développer pour refermer le sillon, et donc au degré de compaction du sol.

Parmi les équipements électroniques du semoir figure  le dispositif de mesure du flux de semences et/ou d’engrais.
Parmi les équipements électroniques du semoir figure le dispositif de mesure du flux de semences et/ou d’engrais.

« J’en reviens à mon discours initial : il est important que le sol soit prêt pour le semis direct. Dans le cas contraire, on cherchera à appliquer du poids. Le souci est que ce poids force la ligne de semis, qui sera de fait plus difficile à refermer. En pareille situation, il y aura davantage de compaction, et donc des conditions moins propices à une bonne levée ».

Toujours en matière de compaction, il est à relever qu’un tel semoir est une machine imposante, qui ne doit pas elle-même devenir source de tassement du sol. L’équipement du semoir en pneumatiques basse pression larges est donc un point d’attention supplémentaire, d’autant plus qu’ils participent à la stabilité, à la maniabilité et à la portance de l’outil, sans oublier qu’ils évitent la formation d’ornières derrière celui-ci.

Une technique qui s’imposera

On le constate à la lecture de ce dossier, les questions nourrissant la réflexion d’un futur acquéreur d’un semoir de semis direct sont multiples et doivent être analysées sous toutes leurs coutures pour poser le choix optimal. Laissons le mot de la fin à Ludovic quant aux perspectives d’avenir dans le domaine du semis direct.

« Le semis direct est promis à de beaux jours. Les agriculteurs sont les premiers témoins de l’évolution de la météo. Globalement, la pluviométrie annuelle demeure relativement stable mais la répartition des pluies durant l’année change, avec des périodes de fortes précipitations et des épisodes de sécheresse. Le sol a aussi tendance à se dessécher de plus en plus vite. Cela se ressent directement sur les récoltes et cela inquiète. »

« Je suis persuadé que les pratiques de semis direct peuvent jouer un rôle positif dans ce contexte : un couvert permanent et un taux d’humus élevé procurent des fenêtres d’intervention plus larges dans les champs, une meilleure tenue des sols lors des épisodes pluvieux ainsi qu’un maintien de l’humidité du sol lors des périodes plus sèches. Les conditions de culture sont donc plus favorables. À l’heure des grands débats environnementaux et climatiques, le semis direct pourrait aussi se révéler très bénéfique : le taux d’humus concourt à un captage très important du carbone. Ceci pourrait constituer un réel levier en matière de dépollution des activités humaines dans les années à venir. Au vu de ces arguments, je suis convaincu que le semis direct a de belles cartes dans son jeu pour s’imposer encore davantage ».

N.H.

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