Parc naturel Burdinale-Mehaigne: un partenariat fort avec les agriculteurs

Une bande aménagée pour butineurs, une mesure mise en place par le Parc naturel.
Une bande aménagée pour butineurs, une mesure mise en place par le Parc naturel. - PNBM

Le Parc est caractérisé par des paysages « openfield » historiquement dédiés à la culture céréalière dans une région caractérisée par un sol limoneux fertile.

Il s’articule autour des pôles « biodiversité », « aménagement du paysage » et « agriculture » comprenant les projets « agriculture et biodiversité » du Gal (groupe d’action local Burdinale-Mehaigne), qui a débuté en 2017, et « génération terre » visant la réduction des produits phytosanitaires sur base d’alternatives économiques, lancé quant à lui en 2019.

L’objectif des projets menés par le Gal vise à rendre la plaine agricole, qui compte des espèces particulièrement menacées, plus agréable pour la biodiversité et de retisser le lien entre agriculteurs et habitants du territoire.

Hadrien Gaullet, chargé de mission au sein du Parc naturel Burdinale-Mehaigne travaille  aux côtés des agriculteurs qu’il conseille notamment au niveau  des mesures agroenvironnementales.
Hadrien Gaullet, chargé de mission au sein du Parc naturel Burdinale-Mehaigne travaille aux côtés des agriculteurs qu’il conseille notamment au niveau des mesures agroenvironnementales. - M-F V.

Mise en œuvre de MAEC et barre d’effarouchement

C’est dans ce cadre que le Groupe d’action local est allé démarcher les agriculteurs afin de les sensibiliser à la problématique du déclin des oiseaux des plaines et de leur proposer la mise en œuvre de MAEC telles que, par exemple, les bandes fleuries, les bandes pour la faune ou encore les beetle-bank qui favorisent les auxiliaires de cultures.

Afin de rencontrer une adhésion maximale des agriculteurs, le Gal leur a présenté des méthodes alternatives et innovantes, parmi lesquelles les plots à alouettes (voir par ailleurs), une technique encore relativement confidentielle sous nos latitudes mais très aisée à mettre en œuvre et qui requiert extrêmement peu de contraintes au niveau de l’itinéraire cultural.

« Cette dynamique a engendré un terreau fertile pour tester de nouvelles choses, collaborer avec les agriculteurs, bénéficier de leurs retours » indique Hadrien Gaullet, chargé de mission au sein du Parc nature, en précisant que « l’ensemble des projets sont basés sur le volontariat ».

Et ça marche puisque 180ha de mesures ont été implantées sur les 4 communes par une soixantaine d’agriculteurs.

Bance aménagée pour la faune (couvert nourricier)
Bance aménagée pour la faune (couvert nourricier) - M-F V.

Les cultures de fourrages et de Cipan accueillent des animaux qui y logent leurs nichées. C’est le cas des perdrix, des faisans mais aussi des mammifères comme les lièvres, les chevreuils, qui face à la menace d’un prédateur ou d’une machine, adoptent un comportement de mimétisme en se fondant dans le milieu pour mieux s’y camoufler.

« Il est dès lors très compliqué, pour les agriculteurs, de les repérer », précise Hadrien Gaullet.

La barre d’effarouchement est destinée à équiper les tracteurs lors des travaux de fauche des fourrages et bandes enherbées, mais aussi lors de la destruction des couverts hivernaux.

Autant d’opérations qui constituent souvent un piège mortel pour les petits habitants des champs.

Attelée à l’avant d’un tracteur se déplaçant à une vitesse inférieure ou égale à 12km/h, elle est constituée d’une barre horizontale garnie de dents, de chaînes ou de peignes d’andaineur qui raclent le sol.

Le bruit et la vibration qu’elles produisent dans le couvert effarouchent les animaux avant le passage de la machine, favorisant ainsi leur fuite.

Si ce système ne permet pas de supprimer entièrement la mortalité de la faune, elle est à même de la réduire de 60 %.

« Avec le glanage, nous essayons de recréer du lien entre agriculteurs et citoyens »

Le Gal « Agriculture & Biodiversité » sensibilise les agriculteurs, qui sèment aujourd’hui pour la plupart de la moutarde et de la phacélie, à procéder à de petits ajustements afin d’allier la performance agronomique aux services en faveur de la biodiversité.

Il préconise le semis direct dans les chaumes, travaille beaucoup sur la lutte contre l’érosion ainsi qu’au niveau de différents projets citoyens comme le glanage.

« Nous sommes dans une région légumière où l’on cultive de la carotte, de l’oignon, des haricots, pois, épinards ou encore des fèves des marais, et nous avons noué un partenariat avec des agriculteurs pour que nous puissions organiser le glanage après récolte » explique Hadrien Gaullet, en précisant que « l’objectif est d’inciter et d’encadrer les citoyens à glaner de façon respectueuse ».

« Le but est même de faire venir l’agriculteur pour expliquer ce qu’il produit, recréant ainsi le lien existant entre la fourche et la fourchette » pose M. Gaullet.

Enfin, le Parc naturel Burdinale-Mehaigne s’attache à favoriser les échanges entre agriculteurs en organisant des tables rondes, un verre de l’amitié, des visites de parcelles, des rencontres avec des chasseurs ou encore des balades et relevés ornithologiques pour étudier les populations d’oiseaux.

Le PNBM se veut comme une interface entre agriculteurs, citoyens et communes, particulièrement au niveau de la problématique de l’érosion dans le cadre des interventions de la cellule Giser (Gestion Intégrée Sol – Érosion – Ruissellement) du SPW.

« Nous jouons parfois le rôle de facilitateur ou de traducteur de certaines mesures administratives concernant les agriculteurs, eux qui n’ont pas toujours le temps de se pencher sur des directives souvent complexes » développe Hadrien Gaullet en ajoutant que « le Parc naturel a noué un véritable partenariat avec les agriculteurs de son territoire ».

Et de nombreux projets sont encore sur le point d’éclore car le Parc s’est allié à « Greenotec » et « Faune & biotopes » dans le cadre de développement de nouvelles mesures innovantes de préservation de la biodiversité. Affaire à suivre…

Marie-France Vienne

Le direct

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