Un grand intérêt pour les démonstrations relatives aux soins du cheptel ovin/caprin

Bert Driessen qui explique comment parer les onglons.
Bert Driessen qui explique comment parer les onglons. - AC

Le projet de démonstration « Soins préventifs » est financé par la Flandre et l’Europe. Elle se concentre principalement sur l’élevage de moutons et prête attention à la fièvre catarrhale ovine, Maëdi Visna, au piétin et à la listériose. La politique de vaccination et le protocole d’avortement constituent d’autres points importants. Pendant les ateliers, Eva Van Mael (DGZ, le pendant flamand de l’Arsia) a expliqué les vaccinations possibles en élevage ovin. Bert Driessen (KU Leuven) a abordé le soin aux onglons et les aspects ergonomiques qui y sont liés.

Vaccinations

Pour Eva Van Mael, la vaccination ne peut jamais être utilisée comme mesure unique en élevage. Elle doit s’inscrire dans une stratégie globale et être fondée sur les objectifs que l’on se fixe. Dans certains cas, la vaccination est une obligation légale. L’objectif est généralement de réduire la mortalité ou d’améliorer le bien-être des animaux. Elle ne peut être pratiquée que sur des animaux sains, car un agent pathogène est injecté, contre lequel l’animal doit se défendre en produisant des anticorps.

Il existe plusieurs types de vaccins, à savoir les vaccins morts ou vivants (avec des souches affaiblies). Lors de l’utilisation de vaccins morts, moins d’anticorps sont formés qu’avec l’autre type. Les vaccinations sont toujours effectuées par le vétérinaire ou en concertation avec lui. Par l’intermédiaire dudit praticien, les vaccins qui ne sont pas disponibles en Belgique peuvent être importés selon le principe de la cascade.

Les différentes vaccinations possibles ont été discutées. Il est préférable de vacciner les brebis gestantes contre l’entérotoxémie (syndrome de mort subite) environ quatre semaines avant la mise bas, afin que l’agneau reçoive suffisamment d’anticorps par le colostrum. Ces agneaux peuvent ensuite être vaccinés après 12 semaines pour une protection supplémentaire. Si la mère n’a pas été vaccinée, les petits peuvent être vaccinés à 4 semaines. Les jeunes brebis doivent être vaccinées deux fois à un intervalle donné afin d’être totalement protégées.

Footvax peut être utilisé pour vacciner les animaux souffrant de problèmes aux onglons causés par le piétin. La vaccination supprime les symptômes, les animaux se rétablissent, mais le problème n’est pas résolu car la bactérie responsable reste présente. Une nouvelle dose est donc nécessaire tous les 6 mois.

Dans les élevages caprins, le lait du tank est examiné tous les deux mois pour vérifier la présence éventuelle de la fièvre Q. S’il est positif, la vaccination est obligatoire. E.Van Mael a toutefois précisé que, par exemple dans les fermes pédagogiques, ou dans tout endroit où il y a un contact entre les animaux et le public, il est conseillé de vacciner également les ovins/caprins contre la fièvre Q. Une vaccination contre la pasteurellose, la toxoplasmose (pas chez les animaux en gestation = avortement) ou encore la chlamydia peut également être effectuée.

Un cas spécifique : l’ecthyma, une forme ulcérée de l’impétigo. Ici, on ne prend des mesures qu’en cas d’urgence. La vaccination se fait en grattant la peau. Le vaccin doit être importé de l’étranger.

Récemment, un vaccin contre une infection staphylococcique (une forme de mammite causée par staph. aureus) a également été mis sur le marché. Les brebis doivent être vaccinées 6 et 3 semaines avant la mise bas.

Enfin, compte tenu de nos pertes pour la période 2007-2008, il y a la vaccination contre la fièvre catarrhale ovine, contre laquelle il existe désormais trois vaccins sur le marché, respectivement contre les types 1, 4 et 8, combinés ou non. La maladie (type 8) est encore observée en Belgique, surtout chez les bovins ces dernières années.

Il est recommandé de toujours lire attentivement la notice d’utilisation. À noter qu’une fois que le flacon a été percé, sa durée de conservation est limitée. Il a été suggéré au cours de l’atelier de prévenir la contamination pendant l’utilisation en laissant une aiguille dans le flacon. Pour les grands nombres de doses, on peut utiliser une seringue revolver avec un indicateur de dose.

Soins aux onglons

Bert Driessen, vétérinaire, s’est quant à lui intéressé au soin des onglons.

Les problèmes aux onglons surviennent dans presque toutes les exploitations ovines. Lorsqu’on demande aux éleveurs de moutons combien de fois par an ils font contrôler leurs sabots, la réponse courante est entre 1 et 3 fois. Cependant, les connaissances récentes dans ce domaine ont changé : les onglons ne doivent être parés que lorsqu’il y a de réels problèmes. Pour contrôler les pieds, il faut d’abord les nettoyer. L’excroissance est coupée à l’aide de couteaux ou de ciseaux.

En cas d’infection par le piétin, les onglons ont tendance à pousser plus vite. La lésion peut également être reconnue à son odeur, mais on constate généralement une inflammation de la zone interdigitée. Les poils sont coupés, mais il ne faut jamais trop tailler, car cela pourrait favoriser la propagation des lésions. Après le parage, les sabots sont traités avec de l’oxytétracycline (spray). Après 10 jours, les animaux doivent être manipulés à nouveau. Une fois l’animal à nouveau paré, les couteaux/ciseaux utilisés doivent être désinfectés pour éviter toute transmission au suivant. Les parties des onglons coupées doivent être collectées car elles sont une source d’infection supplémentaire.

Comme expliqué plus haut, la vaccination peut aider à résoudre les problèmes de piétin. Il est toutefois préférable de vacciner au niveau de l’aisselle plutôt que dans le cou, comme cela est régulièrement recommandé. Les animaux vaccinés peuvent avoir temporairement de la fièvre, car le développement de l’immunité demande de l’énergie.

Utilisation de pédiluves

L’utilisation de pédiluves pour la prévention ou la guérison de lésions est moins fréquente que par le passé. Ils ne peuvent être utilisés qu’une dizaine de jours après le parage, au risque de voir les blessures occasionnées faire trop souffrir les animaux. Dans le passé, on utilisait des bains de jambes contenant du formaldéhyde, du cuivre ou du zinc, mais ces produits sont actuellement interdits. Le formaldéhyde est également cancérigène. Les produits contenant du cuivre et du zinc ne sont quant à eux pas bons pour l’environnement. Actuellement, les acides organiques ou les huiles essentielles sont utilisés dans les pédiluves. Ils fonctionnent un peu moins bien que les produits susmentionnés (qui ne sont plus autorisés).

Lors de l’utilisation de bains de pieds, il est important que les sabots soient d’abord débarrassés de la boue ou de toute autre impureté. Il est donc conseillé de les faire passer dans un bain d’eau pour nettoyer les pieds. Le pédiluve doit être suffisamment long (3 m), afin que le contact des produits avec les sabots soit suffisamment intense. Après ce bain de pieds, il faut laisser agir le produit, il est donc préférable de mettre les animaux en stabulation temporaire jusqu’à ce que tout ait séché. Ensuite, les animaux sont laissés dans une prairie dite saine, où aucun mouton ne s’est rendu au cours des 14 jours précédents.

Lors de l’achat d’animaux, il est conseillé de les mettre en quarantaine pendant 14 jours et de profiter de ce laps de temps pour leur désinfecter les onglons, même s’ils semblent sains. C’est nécessaire pour éviter toute introduction de germes infectieux sur l’exploitation, y compris du piétin.

Ergonomie

Pour inspecter les onglons, il est important d’asseoir les animaux sur leurs pattes arrière. Il existe une technique ergonomique pour se soulager le dos et les muscles.

Des aides sont également disponibles. Une possibilité : l’achat d’une cage à bascule, relié à un système barrière, qui permet de conduire les uns après les autres, les moutons à l’enclos. Lorsque l’on bascule un animal, il faut prendre toujours garde à ne pas faire de mouvements brusques qui peuvent entraîner la formation de nœuds dans les intestins. Il est conseillé de retourner le mouton dans sa position de départ et de ne pas le faire tourner complètement.

Un autre outil est le siège à mouton, où l’animal est tiré en arrière sur un siège, après quoi les onglons peuvent être parés.

D’après André Calus