Un effet collatéral positif sur l’agriculture

Un effet collatéral positif sur l’agriculture

Depuis Mendel, les sélectionneurs ont compris ce qu’est le génome et proposent de nouvelles variétés tous les ans. Avec leurs pinces à épiler et autres astuces techniques, ils croisent le pollen d’une plante avec une autre en espérant que le rejeton soit plus performant que la génération qui l’a précédé.

Depuis, les connaissances ont permis de décortiquer ce génome et d’identifier le moindre segment qui génère la plus petite propriété, notamment de défense contre les parasites.

L’ADN, c’est aussi le point commun entre tous les êtres vivants. Le virus (et tout le monde en connaît au moins un aujourd’hui) promène son ADN sans une vraie membrane, ce qui explique sa facilité à évolué à coup de «  variants  ». Dix fois plus grandes, les bactéries protègent leur ADN par une membrane unicellulaire. Plus prudents encore, les organismes « eucaryotes » enferment leur ADN dans un noyau à l’intérieur de la cellule et font appel à l’ARN messager pour donner à un autre organite de la cellule, le ribosome, la mission d’assembler des acides aminés pour fabriquer des protéines spécifiques.

Nous y voilà : avec Pfizer et Moderna, le monde entier a découvert l’ARN messager. Cela sent la manipulation génétique dont l’acronyme s’intitule OGM et les « antivax » s’en émeuvent. Le président des écolos, qui fait mine de ne rien comprendre aux sciences quand ça l’arrange, ne dit mot. Soit, mais quel rapport avec l’agriculture ?

C’est simple : cela dédiabolise le génie génétique et l’Europe s’autorise à ouvrir le genre de dossier qu’elle avait mis au frigo quand le dogmatisme l’avait emporté sur la raison scientifique. (Décision de la Cour de justice européenne de juillet 2018 statuant sur tout transfert de gène aux conditions fixées en 2001)

En l’occurrence, il s’agit par exemple du transfert d’un petit bout de gène d’une variété à une autre variété de la même espèce. On peut ainsi repérer l’excellente résistance au mildiou d’une variété de pommes de terre, infecte pour le reste, et transférer la partie codée qui génère cette résistance vers une autre variété de bonne qualité mais dont la sensibilité au mildiou est le point faible. On utilise alors un « ciseau moléculaire » plutôt qu’une pince à épiler parce qu’on est dans l’infiniment petit. Cela s’appelle la « cisgenèse », ou plus précisément CRISPR en langage codé pour les scientifiques.

L’Europe, dans son programme « De la fourche à la fourchette », veut moins de pulvérisations. Il lui faut donc lever le blocage idéologique de ceux pour qui, toucher à la génétique, est péché mortel. Le péché originel avait été commis par Monsanto quand la multinationale américaine avait placé le gène de résistance au glyphosate sur du soja notamment. Elle avait alors fédéré les écolos du monde entier contre elle et frapper du même coup les interventions au niveau du génome (et son désherbant) d’un ostracisme aux dents longues.

Ceci n’a jamais empêché les Européens d’importer et de consommer du soja OGM pendant 25 ans. La nouveauté, c’est de voir la grande majorité des gens se faire injecter de l’ARN messager dans le corps pour éviter d’aller encombrer les soins intensifs dans les hôpitaux.

Du coup, il redevient possible d’aborder cette évolution technique positivement et d’envisager d’autoriser cette technique pour éviter de faire de nos cultures des proies faciles à croquer par des spores de champignons, sans état d’âme quand la météo leur est favorable. Le vice-président de la Commission européenne, Franz Timmermans, entrouvre la porte dans ce sens.

JMP

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