Froment: traiter uniquement en cas de forte pression

Les essais réalisés antérieurement et durant plusieurs années ont prouvé que les traitements contre rouille jaune appliqués avant le stade 1 er  nœud (BBCH 31) étaient inutiles.
Les essais réalisés antérieurement et durant plusieurs années ont prouvé que les traitements contre rouille jaune appliqués avant le stade 1 er nœud (BBCH 31) étaient inutiles. - CePiCOP

Les essais réalisés antérieurement et durant plusieurs années ont prouvé que les traitements contre rouille jaune appliqués avant le stade 1er nœud (BBCH 31) étaient inutiles, même en cas de forte attaque de rouille jaune. De plus, peu de produits sont agréés avant ce stade. Il vous est donc conseillé de surveiller vos parcelles et d’envisager un traitement fongicide uniquement si vous observez à ce stade des foyers de rouille jaune actifs lorsque les parcelles auront atteint le stade 1er nœud (BBCH 31).

Dans ces conditions, l’application d’un fongicide à base de triazole à demi-dose sera largement suffisante pour stopper la rouille jaune présente. Cependant, si un traitement est appliqué au stade 1er nœud (BBCH 31), il sera nécessaire de revenir 2 semaines plus tard, lorsque la plante aura formé une nouvelle feuille, afin de protéger cette dernière qui comptera pour le rendement final. À ce moment-là, les plantes auront très certainement atteint le stade 2e nœud (BBCH 32) et il vous sera recommandé d’appliquer un traitement plus complet sans diminution de dose afin de pouvoir compter sur une rémanence d’action plus longue des fongicides. N’oubliez pas non plus de privilégier l’alternance des substances actives choisies entre les différents traitements afin de ralentir l’apparition de résistance chez les pathogènes présents au moment des traitements.

Trop tôt pour la septoriose

À l’image des parcelles du réseau d’observation, il semblerait qu’il soit encore trop tôt pour envisager un traitement contre la septoriose sauf dans le cas des parcelles les plus précoces ayant déjà atteint le stade 2e nœud (BBCH 32). De plus, la plupart des parcelles de réseau sont quasiment indemnes de septoriose et le temps sec prévu pour les prochains jours ne sera pas en faveur du développement de cette maladie. Tout indique qu’il est donc possible de repousser son T1 (contre la septoriose) pour l’instant.

Lorsque votre culture aura atteint le stade 2e nœud (BBCH 32) et si les seuils de 20 % des F-2 déployées touchées pour les variétés sensibles ou 50 % des F-2 déployées pour les variétés peu sensibles sont dépassés, une première application de fongicide (T1) pourrait être envisagée. Si ce n’est pas le cas, il est possible d’attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) pour envisager une protection complète des froments.

Une fois les seuils et les règles de lutte contre l’apparition de résistance (voir recommandations en escourgeaon) bien en tête, il vous est possible de déterminer si votre culture a besoin ou non d’un premier traitement contre la septoriose (T1). Ce traitement devra reposer sur une solution à base de triazole (prothioconazole, mefentrifluconazole, tebuconazole, metconazole ou cyproconazole (dernière année d’utilisation, expiration le 31/11/2022). Si par la suite, vous souhaitez protéger vos épis contre la fusariose, il est conseillé de garder les produits à base de prothioconazole pour plus tard et de se diriger vers d’autres produits, ne contenant pas cette substance active. L’ajout d’une strobilurine est possible si vous avez également une forte pression en rouille jaune et si votre culture est bien au stade 2e nœud (BBCH 32). Enfin, l’ajout d’un produit multi-sites, à base de folpet ou de soufre (liquide de préférence) est fortement recommandé. Veillez à garder les produits à base de SDHI pour une application à la dernière feuille ou à l’épiaison afin de profiter pleinement de leur forte efficacité et longue rémanence.

D’après le CePiCOP

, le 26 avril 2022

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