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Le secteur de l’alimentation animale résiste et anticipe les défis à venir

Comme les agriculteurs, les fabricants d’aliments composés pour animaux ont rencontré quelques turbulences en 2021. Néanmoins, ils ont pu maintenir leur production à un niveau similaire à celui atteint en 2020. Une bonne nouvelle qui ne doit pas occulter les défis auxquels ils devront faire face dans les prochaines années.

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L’année dernière, les producteurs d’aliments pour animaux, réunis au sein de la Belgian Feed Association (BFA), ont une nouvelle fois été confrontés à des conditions de marchés très difficiles. D’une part, la pandémie de Covid-19 s’est poursuivie. D’autre part, la crise dans le secteur porcin se prolonge et les éleveurs de volailles font face à une souche de grippe aviaire hautement pathogène.

D’importantes fluctuations

Malgré ce contexte, la production d’aliments pour animaux enregistrée chez les membres de ladite association s’est maintenue à un volume équivalent à 2020 (-0,1 %). Elle s’établit ainsi à 7,1 millions de tonnes (mt) et fait de la Belgique le huitième plus gros producteur à l’échelle européenne. En termes d’échanges, 1,7 mt d’aliments a été importé en Belgique l’année dernière, tandis que le volume exporté s’élève à 1,4 mt.

« Ces chiffres globaux masquent toutefois de très importantes fluctuations survenues tout au long de l’année », commente Katrien D’hooghe, managing director de la BFA. Et de détailler : « La production d’aliments pour porcs pour l’ensemble de l’année a diminué de 1,6 % par rapport à 2020. En revanche, pour la période décembre 2021 à janvier 2022, nous constatons une baisse d’environ 10 % par rapport à l’année précédente ».

Dirk Van Thielen, président de l’association, poursuit : « La crise du secteur porcin se traduit clairement dans nos statistiques. Les causes en sont connues : les prix du porc historiquement bas et les prix élevés de l’énergie, des matières premières et des aliments. Malgré le fait que les prix du porc aient fortement augmenté ces derniers temps, une nouvelle hausse est aujourd’hui une nécessité pour de nombreux éleveurs ».

Des prix en hausse

Les prix des matières premières pour l’alimentation animale ont atteint des sommets absolus ces dernières semaines, que ce soit le blé, le maïs, l’orge, le tourteau de soja, les graines de lin, le tourteau de colza, mais aussi les vitamines et les minéraux… Pour certaines matières premières, comme les graines de tournesol et les sous-produits de la production d’huile de tournesol, la guerre en Ukraine risque également de poser des problèmes de disponibilité. Conséquence : les prix des aliments pour animaux ne cessent de croître, même si la fin de cette période haussière semble être entre vue, estime la BFA.

La rentabilité des éleveurs est ainsi mise à rude épreuve. « Heureusement, les prix des produits finis (viande, lait et œufs) ont également augmenté pour la plupart des groupes d’animaux », nuance Dirk Van Thielen.

Le bond des prix des aliments pour animaux se traduit clairement par une augmentation du chiffre d’affaires (en valeur absolue) du secteur. Il a augmenté de 18 % par rapport à 2020. Le secteur belge de l’alimentation animale représente ainsi 10 % du chiffre d’affaires de l’ensemble de l’industrie alimentaire.

En Flandre, le plan « azote » inquiète…

L’accord sur l’azote annoncé par le gouvernement flamand en février, et visant notamment à réduire le cheptel porcin de 30 %, exercera une pression encore plus forte sur le secteur dans les années à venir, constate la BFA. En effet, la production d’aliments pour porcs représente 52 % de la production totale d’aliments pour animaux en Belgique.

De nombreuses entreprises, dont beaucoup de PME familiales, s’inquiètent des conséquences qu’aura ce plan « azote ». « Nous ne manquerons pas de faire valoir nos objections dans le cadre de l’enquête publique en cours », ajoute Katrien D’hooghe. « Entre-temps, nous continuerons bien sûr à participer de manière constructive à la recherche de solutions aux défis environnementaux et climatiques. »

Responsabilité et durabilité

La BFA s’est engagée à accroître la durabilité dans la chaîne de production animale par le biais de mesures relatives à l’alimentation des troupeaux. « Il existe plusieurs mesures concrètes en matière d’alimentation animale pour réduire les émissions de méthane chez les bovins. Nous appelons donc tous les partenaires de la chaîne concernés à s’atteler ensemble à cette tâche », illustre Dirk Van Thielen.

Le secteur continue également à investir massivement pour rendre la chaîne d’approvisionnement en soja (tourteaux y compris) plus durable. Par exemple, chaque année, environ un demi-million d’euros sont investis dans l’achat de certificats de soja durable. En 2021, 450.000 certificats ont été acquis.

Le secteur souhaite développer davantage cette approche. « Le projet de loi européen sur les chaînes d’approvisionnement sans déforestation ne se concentre que sur des flux complètement séparés. Nous demandons que les efforts que le secteur déploie depuis des années dans le domaine de la culture durable du soja soient également pris en compte par le biais de cette certification », plaide Katrien D’hooghe.

Le secteur belge de l’alimentation animale s’efforce aussi de réduire les importations de soja en provenance de pays non européens et d’utiliser de manière plus diversifiée des sources alternatives de protéines. À cet égard, la circularité est une question importante. 43 % des matières premières utilisées sont déjà des co-produits de l’industrie alimentaire et des biocarburants.

Enfin, la BFA demande encore que des protéines animales soient utilisées dans les aliments pour volailles et porcs, notamment des co-produits d’animaux approuvés pour la consommation humaine. La Commission européenne a approuvé un projet de loi en ce sens l’année dernière, mais le passage à l’application pratique en Belgique a été retardé…

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