L’Europe au pays des kiwis

L’Europe au pays des kiwis

Les négociations commerciales se sont récemment intensifiées entre l’Europe et la Nouvelle-Zélande. Dernier acte en date : la rencontre bilatérale le 13 juin entre le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis et son homologue néo-zélandais lors de la douzième conférence ministérielle de l’OMC.

La veille, le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski avait rencontré son homologue néo-zélandais. Autre signe que le dénouement est proche : la rencontre imminente de haut niveau prévue entre la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen et la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern.

La multiplication de ces échanges devrait déboucher, dans les prochaines heures, sur la conclusion d’un accord de libre-échange… qui ne sera pas sans conséquence sur le secteur agricole.

Avant même sa concrétisation, plusieurs parties prenantes européennes s’inquiètent des retombées négatives d’un tel accord sur certaines filières agricoles.

Alors que l’UE ne devrait pas ou très peu augmenter ses exportations (vu que les droits de douane néo-zélandais sont nuls ou très faibles), « la Nouvelle-Zélande pourrait être finalement la plus grande bénéficiaire de cet accord étant donné que les droits de douane de l’UE sont actuellement beaucoup plus élevés », estime le cercle de réflexion Farm Europe. Et d’ajouter que « le résultat inévitable serait une augmentation des exportations néo-zélandaises de produits laitiers, de viande, de vin, de fruits, etc. et aucun gain supplémentaire pour l’UE sur le marché néo-zélandais ».

Farm Europe prévient que « cet accord de libre-échange n’est donc pas équilibré en termes de gains et de pertes. Il s’écarte d’une approche pragmatique du commerce et s’en tient entièrement à une approche idéologique qui considère le libre-échange comme une bonne chose, quels que soient ses impacts réels ».

Du côté néo-zélandais on estime au contraire que « le secteur laitier ne doit pas être un point sensible des négociations. La réalité est que l’UE est le plus grand exportateur de produits laitiers au monde et qu’elle dispose également d’un marché intérieur autosuffisant en matière de produits laitiers. Lorsque l’UE exporte environ un million de tonnes de fromages et que des millions de tonnes de fromage sont expédiées au sein de l’UE, les revendications de sensibilité commerciale ne peuvent être considérées comme crédibles ». Selon la direction de l’Association des entreprises laitières de Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Zélande attendait donc « une offre révisée d’accès au marché pour les produits laitiers et la viande, avec une libéralisation tarifaire totale ».

Le direct

Le direct