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Sur la plateforme d’essais de Basf: le Revysol étend ses atouts à la betterave et la pomme de terre

Tout comme en 2020 et 2021, les essais de démonstration de Basf ont à nouveau pris place autour de la ferme du Grand Marcha à Obaix (Hainaut). La plateforme d’essai était principalement une vitrine pour les fongicides à base de Revysol, la nouvelle génération de triazole, lancée en 2021 en céréales et qui est désormais également déclinée dans une nouvelle gamme de produits en pommes de terre, pour lutter contre l’Alternaria, et en betteraves sucrières, pour lutter contre la cercosporiose, la rouille, l’oïdium et la ramulariose.

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O utre les potentialités de Revysol, les conseillers ont également abordé les solutions de régulation en céréales, les solutions de désherbage et les actions mises en place pour encourager la gestion durable des produits de protection.

Pour la régulation

Les essais régulateurs réalisés en froment d’hiver avaient pour objectif de mettre en évidence la bonne efficacité des schémas à base de Medax Max, Medax Top, Percival et Prodax dans la lutte contre la verse. Néanmoins, jusqu’à la tenue des visites d’essais, fin juin, la saison avait été relativement facile dans ce domaine et tout était encore droit. « Les froments sont relativement courts cette année. Du fait d’être intervenu au stade 1er et/ou 2e nœud, l’effet raccourcisseur des traitements régulateurs a été plus marqué et on observe de légères différences de hauteur entre les schémas. Les parcelles ayant reçu le schéma avec la double application Medax Max, Percival ou Prodax au stade 1er nœud suivi de la seconde au stade 2e nœud sont les plus courtes.

D’après les conseillers, Medax Max, Percival et Prodax se positionnent idéalement à partir du stade épi 1 cm – redressement car ils présentent l’avantage de pouvoir être utilisés dès le stade fin-tallage (BBCH 29). La dose de 0,4 kg/ha est recommandée. Medax Top intervient quant à lui comme régulateur de la montaison et se positionne tout comme en orge entre les stades 1er et 2e nœud avec un dosage variable en fonction de la situation mais au plus fort à 0,8 l/ha.

Pour l’orge d’hiver, la société conseille de pulvériser Medax Top à 1 l/ha au stade 1er-2e nœud, suivi de Medax Max à 0,75 kg/ha, au stade dernière feuille déployée.

La plateforme Basf est principalement une vitrine pour les fongicides à base de Revysol, la nouvelle génération de triazole, lancée en 2021.
La plateforme Basf est principalement une vitrine pour les fongicides à base de Revysol, la nouvelle génération de triazole, lancée en 2021. - D.J.

La protection fongicide des céréales

Une autre partie des essais froment était destinée à montrer l’efficacité des solutions Revysol dans la lutte contre les maladies foliaires en céréales, notamment la rouille jaune, la septoriose et la rouille brune ainsi que l’importance d’intervenir régulièrement et de protéger rapidement les dernières feuilles contre la rouille jaune.

Les résultats montrent qu’avec une pression de rouille jaune précoce et intense, les schémas en 3 traitements avec un T0 ont confirmé leur intérêt, de même que la protection rapide des dernières feuilles. L’importance d’intervenir régulièrement – tous les 15 jours à maximum 3 semaines jusqu’au stade dernière feuille- s’est également confirmée car chaque nouvelle feuille qui apparaît après le traitement ne bénéficie d’aucune protection.

D’après les conseillers, Revysol a prouvé sa bonne efficacité contre la rouille jaune même en situation curative.

« En T2, l’association d’une SDHI et de Revysol donne la meilleure protection contre la septoriose tant pour le froment que pour les SDHI qui ne se retrouveront plus seuls face à cette maladie. De plus, l’association Revysol et Xemium, avec éventuellement la F500 constituent des solutions polyvalentes et très efficaces. », précisent-ils aussi.

En escourgeon, la société a aussi souhaité mettre en évidence l’efficacité du produit contre la ramulariose. « Les solutions à base de Revysol apparaissent comme un substitut du chlorothalonil avec l’avantage d’élargir le spectre aux autres maladies (rouille naine, rhynchosporiose, helminthosporiose et oïdium). En T2, il est toujours associé à Xemium avec parfois également la F500 afin de pouvoir lutter efficacement contre le complexe des maladies ».

Pour remplacer la terbuthylazine en maïs

D’années en années, les conditions d’usages des produits à base de terbuthylazine ont fortement évolué avec, tout d’abord, l’obligation de mettre en place une zone enherbée non traitée de 20 m, puis, l’instauration de délais pouvant aller jusqu’à 12 mois pour l’implantation des cultures suivantes et, enfin, la limitation à une seule application d’un produit à base de terbuthylazine tous les trois ans avec un maximum de 750 g de terbuthylazine/ha/36 mois. « C’est dans cette optique que Basf a testé différents produits de post-émergence pouvant se substituer à la terbuthylazine et notamment le Callam, le Frisk ou le Piorun, des produits anti-liseron à large spectre anti-dicotylées qui boostent les schémas de désherbage grâce à leur rapidité d’action ».

Pour élargir son spectre d’action lors du désherbage

À travers un essai avec semis de mauvaises herbes, la société montre le spectre d’efficacité de différents herbicides racinaires utilisés en maïs, betteraves, pommes de terre, légumes, cultures ornementales ou terrains meubles non cultivés. De cet essai il ressort la complémentarité et l’intérêt de l’association des différents herbicides pour élargir le spectre d’action et contrôler les chénopodes, les morelles noires ou encore les daturas. Parmi les herbicides racinaires Stomp Aqua montre son efficacité contre les chénopodes et le large spectre d’action d’Arundo, Frontier Elite, Tanaris et Toki est mis en évidence.

Le Revysol en pommes de terre et betteraves

La plateforme d’essai était également l’occasion de confirmer la commercialisation et la possibilité d’utilisation dès cette année de nouveaux produits à base de Revysol (à 75g/l de mefentrifluconazole), agréés et spécialement développés pour les betteraves et les pommes de terre. L’arrivée de ces nouveaux produits – Belanty et les noms dérivés Dynergy et Velary – offre une solution supplémentaire dans la lutte contre les maladies en betteraves sucrières et est particulièrement intéressante pour lutter contre l’alternaria en pommes de terre.

« En effet, en betteraves, de nombreuses molécules disparaissent et il ne reste pratiquement plus que des fongicides à base de difénoconazole et tétraconazole. Il est donc très intéressant de pouvoir proposer une alternative et une nouvelle molécule sur le marché. Le produit est agréé sur les quatre principales maladies : la cercosporiose, la rouille, l’oïdium et la ramulariose. Pour les produits à base de difénoconazole ou tétraconazole, ça n’est pas le cas pour la cercosporiose. La dose recommandée est de 1,5l/ha appliqué seul mais le Belanty est aussi intéressant à associer à un produit à base de tétraconazole à une dose de, respectivement, 1l/ha et 0,8l/ha. Nous avons remarqué que cela se passait bien, voire même mieux, dans cette configuration. Le délai avant récolte est de 28 jours et nous semble tout à fait digérable », explique Bruno Burlet, crop advisor Basf.

« En pommes de terre, nous considérons également cette nouvelle solution comme supérieure. En effet, l’alternaria fait de plus en plus peur et peu de molécules sont agréées. Le produit s’avère très efficace. Il peut être utilisé à 1,25l/ha et trois traitements. Sa rémanence est importante et il est peu dégradable par la pluie et les UV. Enfin, cette solution a un profil environnemental favorable ».

Gestion responsable

Enfin, la firme insiste sur l’importance d’une gestion responsable de l’utilisation des produits de protection des plantes et en particulier des produits à base de bentazone et de métazachlore.

Le bentazone est notamment présent dans le Basagran SG et le Corum+Dash que la firme recommande d’utiliser intelligemment. « La composition en bentazone est deux fois moindre dans le Corum que dans le Basagran et son spectre d’action bien plus large. Le Corum est donc a privilégié. Afin que les agriculteurs puissent repérer les parcelles pour lesquelles la roche karstique est à moins d’1m du sol, la société met à leur disposition une carte interactive. S’ils se trouvent dans de telles conditions, nous recommandons de ne pas traiter avec des produits à base de bentazone » ? explique encore Bruno Burlet.

Le métazachlore – présent dans le Butisan et le Butisan Gold mais en quantité deux fois moindre- s’avère être une molécule indispensable pour le désherbage en colza et de certains légumes. « Pour protéger les eaux souterraines, nous conseillons une utilisation à maximum 750g/ha, voire 500g/ha pour la première quinzaine d’octobre, même si les agréations autorisent jusqu’à 1.000g/ha ». Pour protéger les eaux de surfaces, la firme recommande de moduler la dose sur les parcelles drainées et respecter la zone tampon.

Propos recueillis par D.Jaunard

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