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Accords UE-Mercosur : amers à coup sûr ?

Temps de lecture : 4 min

2026 vient à peine de poindre le bout de son nez, et déjà les événements se télescopent dans le grand cirque des actualités et le tourbillon de nos vies, si nombreux et si diversifiés qu’ils nous donnent le tournis ! L’année à venir s’annonce fort chahutée, tout autant que ses précédentes, si ce n’est davantage. On ne s’étonne plus de rien… Quel sera son fil rouge, le mot-clé qui la définira ? Ainsi, en ce qui me concerne, j’ai retenu « Covid-19 » pour 2020, « inondations » en 2021, « guerre en Ukraine » pour 2022, « inflation » en 2023, « langue bleue » en 2024, « Intelligence Artificielle » pour 2025.

Et vous ? Pour résumer ces années, vos mots-clés sont-ils différents des miens ? Fort probablement… Chacun développe son propre narratif des douze derniers mois écoulés, en fonction de ses ressentis personnels. Ces semaines et ces mois ont-ils été un long fleuve tranquille ? Ou plutôt un torrent impétueux hérissé d’écueils, où se sont brisés vos plus fols espoirs ? Plusieurs niveaux se superposent, susceptibles d’influencer nos sentiments : santé, famille, lieu de vie, environnement, travail, actualités… La maladie d’un proche nous affectera au point d’oublier tout le reste ; sa perte nous détruira un temps, puis viendront, ou pas, l’acceptation et la reconstruction. Dans le registre inverse, une naissance, ou un événement heureux, nous enfermeront dans une bulle de pur bonheur qui nous rendra insensible à tout le reste, jusqu’à ce qu’elle éclate sous les coups de boutoir des autres réalités.

« Ma réalité m’a alité », chantait le groupe Téléphone. Les réalités agricoles nous interpellent chaque jour de l’année, relatées dans Le Sillon Belge, lequel nous invite à nous instruire, à découvrir, à réfléchir, à développer notre esprit critique… De quoi parle-t-il donc ces dernières semaines ? Quel est son fil rouge, son mot-clé ? J’y vois souvent inscrit Mercosur en grandes lettres rouges lumineuses qui clignotent comme des quasars parmi les étoiles sur fond bleu de l’Union Européenne.

Comme aurait dit ma grand-mère : « On en parle autant que de l’étoile à queue ! ». Son expression favorite faisait référence à la comète de Halley qui occupa le ciel nocturne de manière spectaculaire, durant une bonne partie de l’année 1910. Le sujet a squatté les conversations durant des mois et des années à cette époque, et cette formule est restée chez elle durant toute sa vie, pour qualifier un sujet de conversation qui revient sans cesse et finit par lasser, se vider de sa substance et de tout intérêt. L’accord avec le Mercosur est une sorte d’étoile à queue, présente depuis trop de temps dans notre actualité, aveuglante au point de masquer d’autres réalités, jusqu’à détourner les regards de priorités confinées dans des ombres mises ainsi à contre-jour.

Mais tout de même, parlons-en, de ce Mercosur superstar ! Il regroupe quatre pays : Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, dans une Amérique du Sud exsangue, plus que jamais la proie des appétits trumpistes états-uniens. L’Union Européenne voudrait y mettre un pied ou deux, une griffe et quelques dents pour avoir sa part de carcasse, un peu comme des hyènes ou des vautours après les lions, des corbeaux à la suite des loups (puis viennent les mouches, et ainsi de suite). C’est l’image que l’Occident donne aux Sud-Américains, et nous faisons partie de ce casting d’horreur…

La filière agro-alimentaire sera la grande gagnante, mais croyez-vous que les paysans et les petites gens de ces quatre pays exultent de joie à l’idée d’ouvrir leurs portes à toutes sortes de produits européens ? Comme nous, ils se voient déjà victimes d’une « concurrence déloyale ». Ouvrir les vannes entre deux bassins aux niveaux trop différents entraîne pour l’un une baisse de niveau dramatique, et pour l’autre une inondation. Oh, bien sûr, suis-je ignare et bête !, on nous promet des « clauses de sauvegarde » si le débit des importations augmente fortement et cause un « préjudice grave aux agriculteurs européens » ! Par exemple une hausse de 10 % des volumes et une baisse de 10 % des prix par rapport à l’année précédente, ou si les biens issus du Mercosur sont 10 % moins chers à la vente que leurs équivalents européens.

Je ne suis qu’à 10 % convaincu… Et vous de même, sans aucun doute ? Les seuils d’activation sont trop flous, et les procédures sont lourdes. L’UE fait les gros yeux à ses agriculteurs, nous taxe de mauvaise foi quand nous craignons une arrivée « massive » de viande sud-américaine, qui ne représentera, arguent-ils, que 1,2 % de la consommation totale de nos 27 États membres, 99.000 tonnes sur 8 millions. Mais qui faut-il croire ? Ceux qui nous mettent en garde, ou ceux qui chantent les bienfaits de ces accords de libre-échange, destinés à agrandir notre marché, à nous positionner au sein d’un monde devenu commercial jusqu’au bout des ongles, jusqu’au bout de ses griffes ?

Les accords entre Union Européenne et Mercosur seront-ils amers à coup sûr ? « Apaisement » sera-t-il le mot-clé de 2026 ? Rendez-vous dans un an… Et en attendant, meilleurs vœux !

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Courrier des lecteurs : Gaia, les faussaires…

Voix de la terre Les images et vidéos que nous repasse journellement Gaia sont mensongères et horribles. Ces chimères monstrueuses sont nées de l’imagination morbide de gens qui, pour oser montrer pareilles aberrations, ne peuvent qu’être dégénérés. Ces présentations ne sont que médisances et calomnies destinées à capter les dons et les héritages de la masse des bobos crédules et ignares qui peuplent nos pays dits civilisés. Il n’y a pas que le Faux Gras qui soit faux chez Gaia !
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