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Mercosur: la Commission européenne avance des propositions face aux inquiétudes des agriculteurs

La Commission européenne a présenté mercredi une série de propositions pour répondre aux préoccupations des agriculteurs. Elle veut supprimer temporairement les droits appliqués à l’importation d’engrais chimiques et interdire la présence dans des produits importés de pesticides déjà interdits dans l’UE.

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La Commission et la présidence chypriote de l’UE ont organisé mercredi une réunion informelle des ministres de l’Agriculture après les virulentes protestations des agriculteurs en marge du sommet européen du 18 décembre.

Afin de répondre aux inquiétudes des agriculteurs, la Commission souhaite notamment suspendre temporairement et rétroactivement les droits à l’importation sur les engrais tels que l’ammoniac et l’urée afin de faire baisser les prix des engrais chimiques, et adapter le mécanisme d’ajustement carbone à la frontière (CBAM) afin de permettre des exceptions temporaires pour les engrais.

Elle souhaite également interdire trois pesticides interdits dans l’UE dans les produits importés, et une série d’ajustements et de simplifications plus techniques de la réglementation existante est en cours d’élaboration.

Mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déjà proposé de débloquer 45 milliards d’euros supplémentaires pour les agriculteurs dans le prochain budget pluriannuel.

Pour les ministres flamand et wallon de l’Agriculture, les propositions sont insuffisantes. « Tant que les agriculteurs européens continueront d’être confrontés à une accumulation d’obligations, de contrôles et de sanctions, alors que leurs concurrents extérieurs à l’UE bénéficient d’un accès au marché soumis à des conditions moins strictes, les règles du jeu resteront inéquitables », a souligné Jo Brouns.

En toile de fond de cette réunion, se trouvait la question du traité de libre-échange avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).

L’opposition de la Wallonie

« La Wallonie dit non, et reste sur le non », a expliqué la ministre wallonne Anne-Catherine Dalcq. « J’ai rappelé à quel point les contingents prévus dans le Mercosur mettent en danger les secteurs de la viande bovine, de la volaille et du sucre, et qu’en matière de réciprocité des normes entre les pays européens et ceux du Mercosur, on n’était toujours pas à une égalité. Nous avons des normes très élevées en Europe et voilà que, par-derrière, on organise une concurrence déloyale. Il faut se rendre compte du risque que court notre secteur agricole et, par conséquent, notre autonomie alimentaire ».

Les ambassadeurs des 27 pays de l’UE doivent se prononcer vendredi sur le projet d’accord. La Commission européenne voudrait signer dès le 12 janvier ce traité de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur. Mais elle ne dispose pas encore du soutien nécessaire des États membres. Le Mercosur ne figurait pas officiellement à l’ordre du jour de la réunion mercredi, mais les concessions de la Commission sont considérées comme un moyen de convaincre les pays qui hésitent encore.

L’attitude de l’Italie est particulièrement scrutée. Jusqu’à présent, elle s’est opposée à l’accord, mais, selon plusieurs médias, elle pourrait changer d’avis. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré mercredi dans un communiqué que l’accord pourrait offrir « d’énormes avantages » et a salué les mesures annoncées par la Commission. Sans l’Italie, il sera très difficile pour les opposants à l’accord, la France et la Pologne en tête, de trouver une minorité de blocage.

Les gouvernements belges n’ont pas trouvé de position commune. La Belgique doit donc s’abstenir.

Dès jeudi soir, des actions de blocage seront organisées par des syndicats agricoles (à lire ici).

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