wallons. Dans ces mêmes élevages, les valeurs maximales grimpent parfois
jusqu’à 20 %. Interpellant ! C’est ce que révèle une étude menée par les services de l’Arsia avant l’épidémie de fièvre catarrhale ovine, tsunami viral qui aurait bien entendu dopé ses résultats.
Les principales causes de pertes périnatales
Cinquante à 75 % des pertes périnatales sont expliquées par des avortements, le syndrome hypoglycémie-hypothermie, des pneumonies et des troubles digestifs.
Avortements : les agents infectieux « abortifs » circulant dans un troupeau peuvent également être responsables de maladies (faiblesse généralisée, diarrhée…) chez les tout jeunes individus. Salmonella, Campylobacter, Listeria… en sont quelques exemples. Identifier la cause d’un avortement peut donc renseigner sur l’identité du microbe qui pose problème chez les mères mais qui peut potentiellement aussi impacter la nouvelle et future génération. Rappelons que le protocole avortement peut être utilisé par tout éleveur rencontrant une perte de gestation ou une mortalité auprès d’un jeune né de moins de 48 h, et ce gratuitement.
Syndrome hypoglycémie – hypothermie : ou le cercle infernal du « J’ai faim – J’ai froid ». Un jeune agneau ou chevreau qui vient au monde après une mise-bas difficile, prolongée, une mère au comportement maternel peu développé ou qui ne produit pas assez de colostrum/lait, et c’est la débandade ! Un jeune qui ne boit pas assez vite, c’est un jeune à aider… au risque de le voir condamné. La naissance est le plus grand stress métabolique à vivre : c’est une gestion immédiate de la respiration, de l’alimentation et de la thermorégulation à activer. Pour ce qui est d’assurer les deux derniers points, il est nécessaire de se lever et de boire. Pas de colostrum, pas de substrat énergétique. Pas d’énergie, pas de dynamisme musculaire. Pas de mouvement, pas de thermorégulation. L’équation est simple mais aussi redoutable. Lorsqu’un agneau semble faiblard, recroquevillé dans sa loge, il faut agir ! L’arbre décisionnel présenté peut vous aider. L’action est envisagée selon la température rectale de l’animal ainsi que son âge exprimé en heures de vie (figure 3).
Pneumonies : en bas âge, les pneumonies se rencontrent plus fréquemment dans les élevages caprins. Les « pasteurelloses » caprines, entendez par là des affections respiratoires dues à des bactéries du genre Pasteurella, peuvent présenter un caractère épidémique et des manifestations cliniques franches : toux, jetage, baisse d’appétit voire détresse respiratoire dans certains cas. Pas de pathogène, pas de maladie : c’est un fait établi. Néanmoins, ne négligeons pas des facteurs d’environnement qui pèsent lourd, pour ne pas dire très lourd, dans la balance : la densité et l’ambiance dans le bâtiment d’élevage. La concentration animale comme le manque de renouvellement d’air (ou la présence de courants d’air) peuvent transformer une nurserie en poudrière. Si les traitements antibiotiques sont généralement fructueux, il n’en demeure pas moins important de prendre la problématique à bras-le-corps. La gestion des facteurs d’environnement et la vaccination des animaux sont des leviers de choix face à cette problématique.
Troubles digestifs : un jeune recroquevillé dans un coin de sa loge, dos voûté, c’est le signe d’un inconfort digestif. Diarrhée, constipation sont des observations assez fréquentes au jeune âge. Tous les troubles digestifs ne sont pas associés à un ou plusieurs agents infectieux, certes, mais il faut avouer que les microbes au tropisme digestif sont nombreux (tableau 1).
L’âge d’apparition des troubles digestifs est en règle générale un bon indicateur du type de pathogène impliqué. Cependant, les associations de malfaiteurs sont fréquentes et biologie n’est pas mathématique… Les diarrhées des premières heures de vie (principalement bactériennes) et des premiers jours de vie (principalement virales) sont des diar
La stratégie de gestion est bien entendu strictement en rapport au genre de pathogène rencontré. La prévention est cependant partagée : de l’hygiène encore et toujours… Du sol, des murs, des auges, des abreuvoirs… ce sont les sources de contamination des jeunes individus ! Les éleveurs confrontés de manière récurrente à ce type de problème ne doivent pas hésiter à en parler avec leur vétérinaire traitant. Un plan d’action pourra dès lors être établi.
Dur de remonter la pente…
« Soigner » ces jeunes, c’est primordial. On l’a dit, cela passe d’abord par « soigner » leur mère mais cela s’entretient aussi avec la nouvelle génération. Quand la pneumonie frappe ou que les troubles digestifs font parler d’eux, c’est du retard qui est pris. La croissance en prend un coup. Remonter la pente est un parcours du combattant et force est de constater qu’il est difficile de rattraper son retard. Que ce soit en filière viande comme en filière lait, les études en la matière sont formelles : des maladies non ou mal gérées au jeune âge, ce sont des GQM en berne et des litres de lait en moins dans les mois qui suivent.











