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Réussir à bien gérer son temps

dans une ferme maraîchère

Lors de l’installation de la ferme,

l’enthousiasme et le courage sont des moteurs qui guident les premiers pas

des maraîchers. Mais pour durer, il faut plus… Il s’agit de maîtriser la gestion

humaine, technique et financière.

Temps de lecture : 5 min

La gestion humaine d’une ferme maraîchère en création est souvent concentrée presque uniquement sur les fondateurs. Cependant, n’oublions jamais que nous ne sommes pas des machines. Nous avons besoin de repos et d’un pourcentage de temps libérable facilement. Il s’agit de pouvoir participer à des réunions professionnelles, visiter des collègues, prendre le temps de consulter des référents, des centres de formation… Ces à-côtés nécessaires peuvent représenter un quart du temps complet consacré à l’entreprise.

Par ailleurs, la tenue d’une comptabilité rigoureuse est la base pour permettre une bonne gestion. Ces données doivent inclure les durées de travail. Disposer de la différence entre les recettes et les dépenses ne suffit pas, il faut connaître le temps qui fut investi pour obtenir ce résultat économique. Bien des surprises apparaissent, agréables ou, au contraire, décevantes. De plus, les conseils des comptables s’avèrent très précieux.

Ces constats sont vrais en ferme de polyculture et élevage. Ils sont très pertinents aussi en maraîchage ; beaucoup de productions exigeant de forts apports de main-d’œuvre.

Lorsqu’un futur maraîcher réfléchit à son installation ou qu’un agriculteur envisage de se diversifier en production maraîchère, ils focalisent leur attention sur les aspects techniques, commerciaux et environnementaux. Pourtant, les aspects sociaux sont tout aussi importants, en l’occurrence le bon emploi de sa propre main-d’œuvre. Bien sûr, d’autres points sont essentiels, comme la position géographique du point de vente, la qualité des sols ou encore la disponibilité en eau et en énergie.

La performance de la main-d’œuvre

Si le maraîcher acquiert lui-même progressivement l’expertise et l’habilité rendant ses gestes performants, la question reste posée pour le personnel occupé. Les travailleurs permanents sont formés et les gestes sont rapides également. En revanche, trouver de la main-d’œuvre saisonnière efficace est à la fois compliqué et doit être renouvelé chaque année.

La performance de la main-d’œuvre concerne aussi, et même en premier lieu, le maraîcher lui-même.

Enfin, plusieurs étapes sont requises pour gérer au mieux les équipes. Il faut que le travail soit bien organisé, expliqué et encadré. Ces phases sont primordiales tant pour le maraîcher que pour les employés. Les méthodes de travail et les moyens techniques mis en place sont essentiels dans la gestion de la main-d’œuvre.

Assurer la durabilité de l’entreprise

N’oublions pas qu’il faut dégager un chiffre d’affaires suffisant pour permettre la vie – la survie – de l’entreprise. Cela paraît évident… Pourtant, nous constatons que des déceptions attendent les entreprises après deux ou trois années déjà. Entre le rêve de monter sa propre ferme maraîchère et la réalité d’en assurer la durabilité, et donc notamment un revenu économique suffisant, la réussite ne va pas de soi, loin de là…

Le choix des productions

Le choix des productions devrait partir des possibilités de valorisation des moyens de production que sont la main-d’œuvre, les surfaces et installations disponibles. Et non l’inverse. Une ferme installée sur une petite surface peut produire autant de revenus qu’une autre plus vaste, c’est le niveau d’intensification et le choix de productions à haute valeur ajoutée qui comptent. Il s’agit d’une question de modèle économique.

Nous pouvons disposer de tableaux indicatifs de budget de cultures par unité de surface. Ces informations sont précieuses pour les coûts variables comme les semences, les emballages et les besoins théoriques en main-d’œuvre. Néanmoins, elles doivent être complétées pour les données fixes de la ferme incluant les coûts de location, d’amortissement, les frais généraux… Ces charges fixes ainsi que les frais de transport sont déterminants. Il s’agit, en outre, des frais de déplacement de la ferme aux champs et aux points de vente, lesquels peuvent vite devenir très élevés. Ces derniers se répètent des centaines de fois chaque année ; il convient d’en tenir compte dans les prises de décisions.

Ne pas sous-estimer les besoins

Deux grandes charges de travail sont à distinguer d’emblée pour l’installation et la production proprement dite. Ainsi, le travail d’installation ou d’aménagement est lourd mais ne se répète pas. Au contraire du travail de production qui revient au fil des semaines. Il comprend la production, la commercialisation, les transports, l’administration et la gestion. L’ensemble de ces tâches aura probablement des pointes hebdomadaires. Elles doivent être déterminées pour rester supportables par les forces vives de la ferme maraîchère. Une charge trop lourde peut entraîner un découragement et un épuisement après quelques années au point de mettre en péril la viabilité de l’entreprise maraîchère.

La surveillance quotidienne des cultures, les ouvertures et fermetures des aérations de serres sont des moments indispensables. Des manquements peuvent coûter cher : citons les exemples de cultures ou de stades clés ratés à cause d’excès thermiques, par manque de temps d’observation, des serres abîmées par des vents forts par suite d’omissions…

Nous avons tous besoin d’un temps de repos hebdomadaire, tenons-en compte dans notre planification des besoins horaires.

Être efficient

Être efficient, c’est la base de la réussite. Si sur un marché, j’arrive à vendre en moyenne pour 100 € de chiffre d’affaires à l’heure, ce n’est pas du tout la même chose qu’une situation où j’atteins 500 € sur le même temps. Il y a aussi une différence entre une récolte de 20 ou 50 barquettes de fraises à l’heure. Même chose pour désherber une bande de 10 ares en 2 semaines ou en 1 jour et demi. C’est une question d’habilité à la fonction et, surtout, de moyens disponibles et d’organisation.

F.

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Courrier des lecteurs : Gaia, les faussaires…

Voix de la terre Les images et vidéos que nous repasse journellement Gaia sont mensongères et horribles. Ces chimères monstrueuses sont nées de l’imagination morbide de gens qui, pour oser montrer pareilles aberrations, ne peuvent qu’être dégénérés. Ces présentations ne sont que médisances et calomnies destinées à capter les dons et les héritages de la masse des bobos crédules et ignares qui peuplent nos pays dits civilisés. Il n’y a pas que le Faux Gras qui soit faux chez Gaia !
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