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Championnat national du cheval de trait belge, un patrimoine culturel vivant

Le dimanche 10 décembre, le cheval de trait belge sera mis à l’honneur à l’occasion du championnat national qui se déroulera lors d’Agribex. Au niveau des inscriptions, 130 ont été reçues, soit le même nombre que l’édition précédente. Juments et juments poulinières, étalons et étalons reproducteurs avec leurs descendants seront présents. Bref, la crème de la crème de nos chevaux de trait belges concourra pour remporter ce titre mythique.

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Du côté des étalons, le combat sera féroce. Au moins un étalon tenant du titre de champion national se présentera à nouveau. Il se mesurera aux vainqueurs de la série de cette année, ainsi qu’aux étalons directement inscrits au championnat en raison d’une victoire antérieure dans la série. Deux multiples champions récemment couronnés seront d’ailleurs présents : Rivaal van de Boterhoeve et Vino van Luchteren. Remporteront-ils une nouvelle fois le titre cette année ?

Parmi les juments, les gagnantes de la série affronteront les juments inscrites directement au championnat. La qualité du cheptel des juments belges jouit d’une renommée mondiale et les meilleures d’entre elles seront présentes.

Les chevaux « stars » du salon

Leurs nombreux atouts pourront également être admirés sur le stand de la « Société royale Le cheval de trait belge ». Les équidés qui y seront exposés représenteront les caractéristiques de sélection du cheval de trait belge : longévité, jambes robustes, superbes foulées et extérieur magnifique.

Hepper Dilan, cet étalon né en 2007 trotte encore comme un jeune poulain et descend de la célèbre lignée d’Isidore van den Hagelberg, garant de membres robustes.

Robin van de Grens, descendante de Hepper Dilan, témoigne de cette qualité transmise par son père.

Sibelle van het Rijkelhof, la championne nationale de 2018, n’a rien perdu de ses qualités : des membres robustes, de superbes foulées, un magnifique extérieur et autre atout : sa robe noire. Et elle a transmis ses qualités à son fils Milan van het Rijkelhof, l’un de nos meilleurs étalons.

Mischa van Luchteren, la championne nationale de 2019, possède les mêmes caractéristiques que Sibelle. Elle descend de l’une des meilleures lignées poulinières de nos chevaux de trait belges et possède les mêmes géniteurs que son frère Milo van Luchteren, champion national en 2015.

Delphine van ’t Ijzerhof, née en 2012, l’année où sa mère Juna Van Berchem a reçu le titre de championne nationale.

Roos van ’t Groeneveld, le benjamin des chevaux exposés, né en 2017.

Par ailleurs, les jeunes espoirs, pas encore éligibles pour le championnat, mais prêts à prendre la relève intéresseront également de nombreux éleveurs. La présence de cette descendance permet de voir les résultats de reproduction des raceurs.

Un cheval qui a su évoluer avec son temps

La culture du cheval de trait a une longue et glorieuse tradition. Les Romains chantaient déjà les louanges des chevaux des Belges. Ainsi, la monture de l’empereur Néron provenait de nos contrées. Le cheval de trait belge s’est constamment et dynamiquement adapté à une société en mutation, et ce, sans jamais perdre ses spécificités. Au Moyen-Âge, il était monté par les chevaliers. Il est ensuite devenu un cheval de trait, non seulement pour l’agriculture, mais aussi pour l’industrie et le transport. Durant toutes ces années, il a tiré notre économie, au sens propre comme au figuré. Et aujourd’hui, son avenir est principalement d’ordre récréatif.

20.000 chevaux de trait belges recensés

En examinant la présence historique du cheval en Belgique, on constate, et c’est surprenant pour les non-initiés, qu’il y a aujourd’hui en Belgique à peine plus de chevaux qu’à l’époque glorieuse du cheval de trait belge. De 1846 jusqu’à peu après la Seconde Guerre mondiale, la Belgique comptait environ 270.000 chevaux, principalement de trait.

À l’époque glorieuse, 30.000 à 40.000 poulains de trait naissaient chaque année. Aujourd’hui, plus de 300.000 équidés sont recensés en Belgique, dont 20.000 sont des chevaux de trait. La population actuelle de chevaux ne produit donc qu’une fraction du nombre de poulains mentionné ci-dessus. La vedette internationale, aujourd’hui, est le cheval belge de saut d’obstacles, souvent élevé ou monté par les descendants des familles qui ont connu la gloire avec les chevaux de trait belges.

Pourtant, les chevaux de trait belges restent très appréciés au niveau international. Aujourd’hui encore, ils partent aux quatre coins du monde. La demande porte principalement sur la robe et la robustesse des chevaux. Le rouan classique est prisé par les éleveurs traditionnels et représente toujours le plus grand nombre de chevaux de qualité. Mais les cheveux de qualité trouveront toujours un acheteur, quelle que soit leur robe.

Quant au nombre de poulains nés, il reste plus ou moins stable. Le soutien apporté par les gouvernements régionaux, tant en Flandre qu’en Wallonie, permet au cheval de trait de survivre. Les communes et les provinces apportent également leur soutien, en particulier la province du Brabant flamand. Cela explique pourquoi un nombre relativement important de poulains de trait naît dans cette province et que les activités liées à ces équidés, comme les foires annuelles de Londerzeel, de Merchtem et de Vilvorde, journée du cheval de trait à Vollezele, journée du cheval de trait belge à Leeuw-Saint-Pierre, attirent beaucoup de monde.

Un cheval qui attire la sympathie

Notons que l’utilisation du cheval de trait est en hausse. Une race élevée sans but utilitaire est condamnée à disparaître. Notre cheval de trait belge reste un cheval de loisir idéal, qui procure du plaisir à toute la famille, que ce soit pour le monter ou l’atteler. De plus, les formations pour apprendre à travailler avec des chevaux de trait affichent complet, et ce en un rien de temps.

Dans plusieurs villages, on peut encore admirer un cheval de trait belge. Les événements mettant à l’honneur nos chevaux de trait à travers des « tapis volants », des carrousels, des démonstrations au travail… attirent les jeunes et les moins jeunes en masse. Il faut dire que le cheval de trait belge est un peu à notre image. Il évoque la chaleur, la nostalgie, la sympathie et les bons sentiments. Il représente l’art de profiter des choses simples. Tout enfant qui a pu s’asseoir un jour sur un « tapis volant » vous dira qu’il s’agit d’une expérience inoubliable. Là où les poubelles sont collectées avec des chevaux de trait, les gens sortent pour caresser les animaux. On ne peut pas dire qu’on ait vu ce genre d’attitude avec les camions poubelles !

Outre l’élevage de chevaux de trait, il existe toute une série de métiers liés à notre cheval de trait belge. Les maréchaux-ferrants avec « travail », les fabricants de harnais… font partie de cette culture que nous continuons à chérir.

Cette dernière comprend également toute la perception sociale qui entoure cet animal. En effet, les foires annuelles et autres concours, tels que les concours de lance, les jeux de l’oie, les concours de traction, de débardage, de labourage, les animations pour enfants, les démonstrations d’attelage, etc, sont portés non seulement par les propriétaires de chevaux de trait, mais aussi par les visiteurs. Des foires comme Libramont, Agribex et Agriflanders attirent des centaines de visiteurs et le cheval de trait y reste l’attraction phare.

Le monde du cheval de trait est un monde où ni le rang ni la position n’ont d’importance. L’éleveur de chevaux de trait, qui a transmis de génération en génération son savoir-faire en matière d’élevage de chevaux de qualité, concourt aux côtés, et souvent devant, le riche industriel qui apprécie, lui aussi, nos chevaux de trait.

L’aspect social, les contacts entre les éleveurs, les utilisateurs et les admirateurs, favorisent la cohésion de la communauté du cheval de trait.

Réputé aux quatre coins du monde

S’il fait typiquement partie du patrimoine belge, le cheval de trait belge a aussi conquis le monde entier. Aujourd’hui encore, il est réputé mondialement, tout comme Bruxelles, nos frites, notre chocolat et Eddy Merckx.

Et il appartient à notre génération de perpétuer cette tradition. Il va sans dire que les divisions internes entre propriétaires de chevaux de trait, la consanguinité, les pratiques déloyales et les problèmes orthopédiques noircissent le tableau. Mais c’est à nous d’y remédier, pour transmettre à la prochaine génération notre robuste cheval de trait belge et tout ce qui l’entoure. Dépasser les querelles de clocher, tel est le message. Notre défi consistera à élargir notre stud-book à l’échelle européenne et internationale.

La devise de la SRCTB reste « L’union fait la force ». Et elle ne laisse aucune place à l’exclusion, des chevaux ou des personnes.

Tout le monde est donc invité à célébrer avec faste cette journée du 10 décembre !

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