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À toi qui me nourris

Le grand silence des médias européens quant au blocage de Berlin et aux protestations massives menées par les agriculteurs allemands depuis le 8 janvier 2024 n’aura donc pas suffi à éviter la contagion.

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À travers toute l’Europe, les gens de la terre se joignent à la lutte de leurs frères germains contre la dangereuse tentative de «multinationaliser» la production agricole. De réglementations en réglementations, c’est l’agriculture sous sa forme humaine que l’Europe tente de détruire, ce afin d’en confier les clés à une poignée de géants de l’agroalimentation qui se rêvent en maîtres du monde.

La lutte engagée par les agriculteurs européens dépasse de loin les seuls enjeux agricoles.

Cette lutte, ce devrait être celle de tout un peuple pour la sauvegarde de la démocratie. Car au-delà de l’agriculture dans sa forme actuelle, ce que l’Europe souhaite détruire, c’est la force contestataire de la paysannerie, son internationale solidarité et sa phénoménale capacité de blocage; c’est son historique pouvoir révolutionnaire à faire trembler et à faire tomber le pouvoir en place.

Cette lutte, ce devrait être celle de tout un peuple pour la sauvegarde de la paix en Europe, car la guerre en Ukraine c’est aussi une guerre de possession des vastes terres agricoles parmi les plus fertiles au monde et dont l’acquisition par des multinationales pourrait signer la mort voulue de l’agriculteur européen.

Cette lutte, ce devrait être celle de tout un peuple pour la sauvegarde de sa vitale autonomie alimentaire.

Sache bien, toi le paysan qui bloque carrefours, routes et autoroutes, que je suis avec toi, et que s’il le faut, je descendrai me battre dans la rue, en ton nom... au nom de tous les miens... et au nom de tes trop nombreux camarades morts de désespoir.

«Erst fällt der Bauer, dann fällt der König». D’abord tombe le paysan, ensuite tombe le roi.

Sylvia H-Vgsen

, consommatrice, Bruxelles

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