Accueil Voix de la terre

Col(è)ruyt

Selon Coméos, la grande distribution ne s’octroierait qu’une marge bénéficiaire insignifiante !

Temps de lecture : 2 min

Le consommateur a pu entendre que ces pauvres distributeurs ne gagnaient que 4 %. Le lendemain, cela s’était réduit à 1.25 % et le surlendemain certains représentants de grandes surfaces osaient affirmer sur les ondes qu’un caddie de 100 € ne leur rapportait que 90 cents !

Les agriculteurs qui fournissent à ces grandes chaînes bondissent quand ils entendent pareils propos car ils peuvent comparer le prix qui leur est payé et celui affiché dans les rayons.

Comment peut-on construire des magasins magnifiques avec parkings couverts, comment reprendre les enseignes concurrentes pour essayer d’être le leader, comment ravir des terres agricoles aux cultivateurs sans un minimum de rentabilité ? Ils ne doivent pas avoir les mêmes piles que les nôtres dans leurs calculettes !

Voici la solution ou plutôt le chantage proposé par différentes grandes surfaces : concernant le prix du porc, le consommateur serait le cochon payeur et pour le prix de la volaille, l’agriculteur serait le dindon de la farce !

Plutôt que retourner le sol, cela nous rapporterait plus de retourner les comptes des grands distributeurs en se promenant sur Companyweb où on peut découvrir de façon légale que les actifs de la grande distribution se chiffrent en milliards d’euros.

Mais les temps changent. Ces incroyables manifestations d’agriculteurs et leur médiatisation ont fait prendre conscience à tous les Belges que les consommateurs et les agriculteurs voyagent dans le même bateau qui brave une dangereuse tempête. Celle-ci est aussi avivée par d’aberrantes et irresponsables décisions politiques.

De l’agribashing créé par la désinformation, nous voici soutenus par la population bien qu’on en ait retardé plus d’un dans les embouteillages. Contrairement à certains idéalistes politiques, les citoyens, peut-être moins bardés de diplômes, sont eux capables de comprendre qu’occuper les fermiers dans leur bureau plutôt que dans leurs champs ne fera qu’augmenter encore le prix du panier de la ménagère. Supprimer 4 % de leurs terres aura le même impact.

Merci pour votre soutien et merci à la police qui a géré avec psychologie des agriculteurs frustrés mais futés et déterminés. Rien n’est parfait, on peut déplorer que brûler un arbre ou déboulonner une statue ne soit pas de bon goût mais à Bruxelles, je n’ai vu aucune vitrine de commerçants brisée ni aucun vol commis, aucun policier ou manifestant blessé. Espérons que le politique agira utilement et que nous ne devions pas encore embêter la population. Nous avons mieux à faire, le travail nous attend.

André Jadin, Meux

A lire aussi en Voix de la terre

Courrier des lecteurs : l’herbe à éléphant

Voix de la terre Il y a quelques semaines, un ami agriculteur m’a sacrément aidée. Le genre de service où il s’est levé à 4 heures du matin et est reparti quatre heures plus tard sur son exploitation, commencer sa journée alors qu’il en avait déjà une demie dans les jambes par ma faute. Je lui ai demandé combien je lui devais, sur ce il m’a répondu que quelques boules de foin feraient bien l’affaire. Je trouvais que ce n’était pas assez, alors je lui en ai proposé le double mais hélas, c’est déjà trop généreux. Lui aussi a déjà assez de foin. Mais alors qu’est-ce qui, sur nos terres, vaut encore son pesant d’or ?
Voir plus d'articles