Accueil Economie

Vers une révision du statut de protection du loup dans l’UE

Les discussions entre la commission et les États membres sur le déclassement du statut de protection du loup dans l’UE vont débuter au niveau technique dans la perspective de la réunion des ministres de l’Environnement de l’UE fin mars.

Temps de lecture : 3 min

Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture (Comagri) continuent de faire pression pour que le statut de protection du loup dans l’UE soit révisé dans les plus brefs délais comme l’a proposé la commission européenne.

De strictement protégé à protégé

La proposition de Bruxelles vise à modifier le statut de protection de cette espèce, qui passerait de « strictement protégée » à « protégée », permettant ainsi aux États membres d’avoir recours à des mesures de gestion des populations de loups plus souples.

Les parlementaires Jérémy Decerle (centriste français), Bert-Jan Ruissen (conservateur néerlandais) ou encore le président de la Comagri, Norbert Lins (chrétien-démocrate allemand) ont appelé les États membres à prendre rapidement une décision pour qu’il soit possible de demander la révision de la Convention de Berne dès le mois de juin.

Cette révision est une condition préalable à la modification des annexes de la directive européenne Habitats. Mais le dossier est entre les mains des ministres de l’Environnement qui en discuteront lors de leur réunion du 25 mars laquelle doit en décider à la majorité qualifiée.

Le ministre David Clarinval a fait savoir à son collègue en charge de l’Environnement, Alain Maron, qu’une quasi-unanimité des ministres de l’Agriculture était en faveur de ce déclassement.

Pas une recette miracle

«   Nous saurons bientôt, parce que nous en parlerons avec les États membres dans les jours à venir   », a indiqué Humberto Delgado Rosa en charge de la biodiversité à la direction générale de l’Environnement de la commission européenne. Si la proposition est soutenue par les Vingt-sept, la Commission européenne devrait soumettre sa proposition lors de la 44ème réunion du Comité permanent de la Convention de Berne qui se tiendra du 2 au 6 décembre 2024. Mais elle pourrait aussi solliciter la tenue d’une réunion exceptionnelle dès la fin du premier semestre. C’est ce qu’espèrent les eurodéputés de la Comagri.

Mais, prévient Humberto Delgado Rosa, «  il ne faut pas promettre aux éleveurs une recette miracle. Une petite modification d’annexe ne va pas non plus changer fondamentalement les choses, elle va juste apporter une flexibilité supplémentaire par rapport aux possibilités de dérogations qui existent déjà ».

Selon lui, il faudra continuer à mettre en place des mesures de prévention des risques car « maintenant que ces animaux sont revenus dans l’UE, l’homme et le loup vont devoir apprendre à cohabiter dans la durée ».

A lire aussi en Economie

Premier baromètre du moral des agriculteurs bio

Economie Marché en recul, chiffre d’affaires en baisse, prix de vente qui passent sous les prix conventionnels sont devenus courants en 2022 et 2023 dans les fermes bio. Le constat n’est pas favorable pour celles et ceux qui sont pourtant engagés dans des pratiques positives qui devraient être mieux valorisées : protection de la santé, de la biodiversité, des sols, de l’eau, du climat. L’Unab leur a donné la parole.
Voir plus d'articles