La mode est à l’inculture

La mode est à l’inculture

Un homme inculte, on comprend tout de suite ce que cela signifie. Une ville inculte, c’est une ville où les mauvaises herbes poussent partout, comme dans une friche industrielle. Aujourd’hui, la mode se combine à la législation pour montrer qu’on n’utilise plus l’ennemi public nº1, le fameux glyphosate. Il est vrai que Monsanto avait surjoué, en son temps, en associant herbicide et génétique pour maximaliser les profits. Ce faisant, la multinationale a développé un chiffon rouge qui fait écumer les naseaux de tout écologiste qui se respecte.

Bien qu’on ait davantage de preuves de la mauvaise réputation du produit que de sa réelle dangerosité, il est une aubaine pour les politiques qui souhaitent jouer les verts à peu de frais. Carlo Di Antonio s’est engouffré dans la brèche, la Région légifère pour les espaces publics et les bourgmestres en ajoutent une couche en l’interdisant partout. Du coup, le long des routes et des rails, on ne voit plus que cela : des pépinières de semences de mauvaises herbes et la sélection naturelle fait la part belle aux plus coriaces.

Si les champs des agriculteurs wallons étaient aussi sales que les routes, nous serions la risée de la planète. Une ville comme Mons, qui fut capitale européenne de la culture en 2015, peut désormais revendiquer le titre de championne de l’inculture. Elle n’est pas la seule.

On n’ouvrira pas ici le débat sur le glyphosate. Tout le monde connaît la musique. On sait que pour une agriculture de conservation, sans labour, il reste un partenaire privilégié. On entend qu’avant de mettre une terre en reconversion bio, il est conseillé d’en mettre une dernière fois une bonne dose, pour partir sur une bonne base (…)

On n’a pas oublié certaines dérives comme le « pre-harvest » trop facilement recommandé avant la moisson. On est conscient que le Roundup ne devait pas se vendre dans le même rayon que les couches-culottes. On n’est pas dupe du surdosage que pratiquait le citoyen lambda avec son pulvérisateur à dos.

Mais depuis, il y a la phytolicence. Comme pour le permis de conduire, on ne délivre plus de produit à celui qui n’a pas fait la preuve qu’il en maîtrise l’usage. Pourquoi pas, même si c’est une contrainte de plus à charge des agriculteurs en vue, finalement, de protéger le particulier contre lui-même.

Au niveau des jardins, ce dernier peut remplacer l’herbicide total par l’huile de bras. Mais au niveau des Communes, c’est autre chose. Payer des hommes au tarif exigé par Marc Goblet ferait exploser les impôts… à moins que le décumul annoncé des mandats libère des heures de liberté qui trouveraient ainsi un débouché. On sait que les Intercommunales ne font rien pour rien, mais place à l’imagination, elles pourraient distribuer des jetons de mauvaises herbes ou offrir de plantureux repas à base de rumex.

Stoppons là les élucubrations. Le brûlage est une hérésie au niveau de la consommation de CO2. Il serait sage que les administrations reviennent les pieds sur terre et utilisent correctement ce qui est raisonnable. Une idée : avant d’engager quelqu’un pour le travail en voirie dans une Commune, au lieu de demander s’il a une carte au Parti, qu’on exige plutôt qu’il ait la phytolicence.

Deux questions : De combien faut-il augmenter le désherbage dans les champs qui longent ces routes de plus en plus enherbées ? Et combien cela va-t-il coûter au contribuable pour refaire ces routes qui se dégraderont plus rapidement ?

Tout ce qui est excessif tourne au ridicule. Laver plus blanc que blanc pour aboutir à des villes plus sales que sales, c’est peut-être la dernière mode, mais les mauvaises herbes durent plus longtemps que ce que durent les roses.

JMP

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