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Pan pan - cucul!

Je me le demande : nos ministres de l’agriculture, sont-ils comme tous ces politiciens magouilleurs, dénoncés à cor et à cri dans les médias en ce début d’année ? Forts, Fidèles, Fiables Ou Fins, Faux, Filous ?

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Les scandales financiers ont épargné, jusqu’à présent, les instances régionale et fédérale en charge de notre profession. Nos inoffensifs René et Willy se font surtout remarquer sur les photographies dans les journaux et par leurs mots mielleux, tantôt un goret sur les bras pour l’un, tantôt à la remise de médailles honorifiques pour l’autre. Leur mine réjouie inspire confiance ; leurs discours sont bon enfant, bien qu’un rien redondants et ennuyants. Et surtout, leurs administrations semblent au-dessus de tout soupçon, et c’est tant mieux !

Quant aux autres départements… Aïe, aïe, aïe ! L’argent public n’a guère été géré en bons pères de famille, dans certains arrondissements. Les humoristes de tout poil auront du grain à moudre pour longtemps : on n’a pas fini d’en entendre parler ! Mais enfin, mettons-nous un instant à la place de ces braves politiciens et administrateurs. Des sommes folles leur passent entre les mains tout au long de l’année, et si l’esprit est ardent, la chair est faible…

Étant petits, n’avez-vous jamais été tenté d’aller piquer quelques caramels dans le gros sachet, planqué au fond de l’armoire ? Un ou deux en moins, -bof ! –, Maman serait bien maligne de voir s’il en manque ! C’est si bon, ce petit goût d’interdit ; c’est tellement grisant, de se croire plus futé que tout le monde. Ça marche un temps, on s’enhardit, on puise trop, on achète le silence de la petite sœur en lui fourguant une partie du larcin. Un beau jour, vous perdez toute prudence, vous êtes pris la main dans le sac, et c’est pan panpan cucul !

À mon avis, ces gens-là n’ont pas compris le sens des fessées qu’ils ont reçues, enfants, ou peut-être n’en ont-ils jamais eues ? Ils avaient pourtant juré probité et respect des lois, lors de leur investiture ; ils avaient pourtant promis de travailler dans l’intérêt de leurs concitoyens, lors des campagnes électorales. Quand un chien a des puces, il finit par en refiler à ses congénères : à qui peut-on se fier, maintenant, pour gérer l’argent public ?

La moitié de nos revenus environ sont ponctionnés pour remplir ce pot commun, via les impôts, les précomptes mobiliers et immobiliers, les cotisations sociales. S’y ajoutent les taxes à la consommation, comme la TVA et les redevances aussi diverses qu’innombrables. Pour finir, les deux tiers de nos revenus vont à l’État. Fort bien ! Ce n’est pas un problème, si personne ne pique dans la caisse, car il est, ou nous sera un jour ristourné, sous forme de pension de retraite, de remboursements de frais médicaux, etc. Nous profitons des services publics, de l’enseignement, des infrastructures routières, de la sécurité alimentaire, etc. C’est notre système socio-économique qui veut ça. Un intense et rapide flux de capitaux circule dans notre société, en principe pour le bien et l’équilibre de la communauté.

L’agriculture elle-même est au centre d’un vaste courant d’argent publique, via la Politique Agricole Commune, et le système d’aides directes, d’indemnités du deuxième pilier environnemental. Comme dit mon voisin, nous touchons « des tas de primes », nous sommes mêmes des « chasseurs de primes », et profitons du système. Dans un certain sens, selon les gens non avertis, nous sommes aussi véreux et vénaux que ces politiciens qui touchent de l’argent sans prester…

Nous serions Fins, Faux, Filous. Mieux vaut entendre ça que d’être sourds ! Les bonbons du grand sachet, les politiciens et les administrations nous en donnent pour pouvoir mieux nous affamer, via des prix de vente ridicules pour nos produits. En échange, il nous faut respecter une litanie de directives, et rester Forts, Fidèles, Fiables, quoiqu’il advienne. Sinon, pan pan-cucul…

Marc Assin

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