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Petit prince, revenez mardi

Il y a trois ans, un homme m’a dit un jour que « les agriculteurs, qu’il fasse beau ou mauvais, n’arrêtaient pas de se plaindre   ». Cette remarque m’avait marquée tant son jugement je le trouvais dur. Peut-être même qu’il n’est pas le seul à le penser ? Trois ans que j’ai cette remarque en tête et trois mois que j’ai envie de lui répondre. Ça fait long, me direz-vous, il y a prescription ! Ce n’est pas grave, laissez-moi vous raconter une histoire.

« À l’arrêt, c’est un ordre et interdiction stricte de sortie à l’extérieur. Quel est votre métier Madame ? ». Le médecin, très confiant de son autorité et de sa décision médicale, se décompose à l’instant même où on lui annonce « Agricultrice ». « Ah…  ».

Ben oui, « ah ». Que faire dans ces cas-là ? S’arrêter ? « C’est qui, qui ira traire mes vaches ? Faire naître les veaux ? Soigner les moutons ? Transformer le lait ?…...

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Voix de la terre L’odeur d’égout est reconnaissable entre toutes : subtil mélange d’arômes d’eaux usées aux vagues relents de lessive, madeleine de Proust sans le « s » qui ne suscite guère l’envie de respirer et fait froncer le nez… On subit ses assauts quand il faut déboucher la fosse septique ou explorer le siphon d’un WC. On détecte ses miasmes en senteur de fond quand on déambule dans une grande ville ou aux abords de certaines rivières au sortir des villages. Mais au beau milieu de la campagne ? Impossible me direz-vous !
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