Accueil Voix de la terre

Visite scolaire à la ferme

En ce début d’année scolaire, certains collèges ou lycées organisent pour leurs classes terminales des visites d’entreprises. Pour quatre-vingts rhétoriciens bruxellois, cela s’est traduit par la visite d’une ferme céréalière contemporaine.

Temps de lecture : 3 min

L’agriculteur, épaulé par quelques amis agronomes, leur a fait découvrir le métier, tel qu’il se pratique aujourd’hui, et sans filtre médiatique.

Les étudiants ont pu se rendre compte à quel point aujourd’hui, la mécanisation a réduit le travail physiquement abrutissant. Évidemment, si bétail il y a, se lever toutes les nuits pour les vêlages ou traire quotidiennement change la donne.

D’autre part, le poids des investissements face à la rentabilité nette peut donner le tournis. La calculette et l’ordinateur sont alors la pierre angulaire qui dégage la marge en fonction de la fluctuation des marchés. L’heure est au libéralisme économique dans une inflation de réglementations.

Question technique, des ateliers explicitaient les moyens utilisés pour minimaliser les intrants et leurs coûts comme l’utilisation du drone dans la gestion des besoins azotés.

Il y avait dans cette visite tout un volet explicatif de la complexité du métier, mais aussi quelques images simples permettant de remettre certaines pendules à l’heure :

– Les engrais sont aux aliments ce que les produits phyto sont aux médicaments.

– Le gros mot « pesticide », au départ, signifie « qui tue la peste », donc qui stoppe les parasites ou les maladies.

– Un monde sans phyto-protection pour les plantes, ce serait comme une société où médecins, pharmaciens et hôpitaux seraient prohibés.

– Les engrais minéraux, c’est un peu comme les plats préparés dans l’alimentation humaine. Ce sont des produits naturels mais transformés en petits granulés faciles d’utilisation.

– Que représente aujourd’hui la part de la nourriture dans le budget des ménages ? Moins de 15 %. Et que représente la matière première agricole, le blé par exemple dans le prix du pain ? Moins de 15 % de ces 15 %…

– Par contre, la production d’aliments pour animaux de compagnie pèse en Europe 10 X les surfaces de culture en Wallonie.

– Il y a plus de policiers en Wallonie que de fermiers. Et pourtant les gens ont davantage peur d’être agressés dans la rue que de mourir de faim.

– Et cetera… !

Le retour par mail à l’agriculteur semble indiquer la pertinence de la visite :

« Un immense merci à toi et tes « comparses » pour la qualité de la visite : tous les professeurs sont enchantés. Vous nous avez partagé passion, professionnalisme, difficultés aussi.

Vous nous avez montré que le métier d’agriculteur devient de plus en plus une affaire d’experts en économie, en chimie, en agronomie… Durant les échanges de l’après-midi, plusieurs élèves ont confié être déstabilisés.

Vous avez apporté un TRÈS intéressant « contre-pied » au discours unilatéral ambiant : Tout au bio. C’était une grande réussite ! »

A lire aussi en Voix de la terre

Noël au balcon, PAC au tison

Voix de la terre Les syndicats agricoles wallons ont passé les semaines qui ont suivi Noël au balcon, confortablement installés et curieux d’observer les agriculteurs européens se placer en ordre de marche pour crier au monde les graves difficultés qui les accablent. Polonais, Roumains, Allemands, Français… : chaque nation y allait de ses revendications personnelles. Fin janvier, nos confrères d’Outre-Quiévrain ont multiplié les appels du pied aux « Bèljeus » , pour qu’ils rejoignent le vaste mouvement de révolte paysanne. Les jeunes de la FJA, titillés dans leur amour-propre, ont répondu tout d’abord timidement, puis se sont piqués au jeu, retournant à la française les plaques des agglomérations, puis sortant enfin les tracteurs pour descendre dans les rues et monter sur les autoroutes.
Voir plus d'articles