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Un hôtel et de nombreux autres logements de fonction pour nos insectes invités

Nous sommes sensibilisés par les jardineries qui proposent des hôtels à insectes. L’idée est intéressante. La démarche commerciale est aussi didactique. Il faut également tenir compte d’un élément important, à savoir l’époque d’installation. Les premières nidifications des insectes concernés se dérouleront très bientôt, la mise en place est donc pour maintenant.

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Le jardinier n’est pas seul dans son jardin… Des milliers d’insectes invités l’accompagnent au fil des saisons. Ils seront d’autant plus abondants qu’ils trouvent sur place des endroits pour se loger et se reproduire. Dans un jardin diversifié, les nids potentiels sont nombreux. Mais un petit effort de notre part est payant. C’est le but de l’installation d’hôtels à insectes et d’autres aménagements.

L’acheter ou le construire soi-même

L’hôtel à insectes est bien connu pour sa capacité d’hébergement. Surtout, le logement est très visible et favorise l’observation de la vie de ces animaux. Cet aspect d’observation de sensibilisation est un grand avantage de ces structures. C’est particulièrement apprécié par les jeunes apprentis jardiniers. Sans oublier le fait qu’ils soient décoratifs.

Si les jardineries en proposent de différentes tailles et finitions, il est possible de construire cette structure soi-même. On peut d’ailleurs trouver sur Internet des suggestions de plans. Néanmoins, avant de se lancer, posons-nous la question de leur utilité, de l’endroit idéal pour les placer, de leur nombre, de leur taille. Et il est déjà temps de se mettre à l’ouvrage. En effet, ceux-ci doivent être installés maintenant, ou au plus tard avant la mi-février. Les pontes commencent déjà à cette période de l’année et c’est à ce moment que les abris seront les plus précieux.

Les trous préformés, de tailles variées, permettent de s’adapter à une grande diversité d’espèces d’insectes.
Les trous préformés, de tailles variées, permettent de s’adapter à une grande diversité d’espèces d’insectes. - F.

Pour quelles espèces ?

Les espèces d’insectes sont extrêmement nombreuses dans un jardin. Certaines sont discrètes mais n’ont pas moins d’importance que les autres. Nous sommes parfois tentés de les cataloguer d’utiles ou de nuisibles, toutefois la réalité est beaucoup plus nuancée. C’est l’ensemble de ces espèces et leur équilibre qui donne une richesse à l’environnement immédiat du potager.

Parmi les quelques exemples bien connus, les chrysopes sont particulièrement efficaces pour leur voracité à l’égard des colonies de pucerons. Leur nombre augmente surtout en juin, à l’éclosion des œufs posés délicatement par la femelle sur les plantes elles-mêmes.

De nombreuses sortes de bourdons interviennent dans la pollinisation des fleurs. C’est aussi au printemps que le jardinier espère le plus leur aide.

Des abeilles, guêpes solitaires et d’autres espèces d’insectes hyménoptères jouent des rôles très importants également, en pollinisation notamment.

Les carabes sont des insectes coléoptères. Plusieurs espèces s’attaquent aux limaces et surtout à leurs œufs.

Toutes ces bêtes ont besoin d’abris différents. C’est cette diversité d’habitats qui donnera de la richesse à la faune d’insectes du jardin.

Nous trouvons souvent des coccinelles blotties entre les fenêtres des maisons et leurs dormants. Au potager, des planchettes empilées et séparées d’environ 5 mm et bien positionnées à l’abri du nord seront très vite habitées.

Les perce-oreilles s’installent aisément dans des pots de fleurs en terre cuite pendus à l’envers et remplis de foin ou de feuilles sèches, ou des tessons de terre cuite posés en tas au sol.

Accueillir d’autres animaux

Les insectes sont précieux dans l’équilibre des espèces, des araignées genres et d’autres animaux aussi.

Une caisse en bois protégée par un tas de bois, de paille ou de feuille et munie d’une ouverture peut, par exemple, devenir un abri d’hiver pour les hérissons.

Tant que nous y sommes à bricoler, nous pouvons installer quelques nichoirs à passereaux (moineaux, mésanges). Le diamètre de l’ouverture a son importance selon les espèces présentes dans l’environnement proche.

Une question de choix…

Est-il préférable d’opter pour un grand hôtel à insectes avec plusieurs accommodations de confort pour plusieurs espèces ? Ou au contraire, devrions-nous privilégier de petits aménagements répartis dans différents endroits du potager et du jardin ? Ou même les deux ?

Si nous souhaitons privilégier les aspects didactiques de l’installation d’abris pour les insectes, l’hôtel concentre différents habitats et permet, dès lors, de trouver en un seul endroit plusieurs espèces à observer. Si nous privilégions l’efficacité, préférons plusieurs habitats à des endroits distincts. Pour les insectes qui se déplacent en marchant, les distances seront plus courtes. Ils éliront eux-mêmes les lieux qui leur conviennent le mieux parmi ceux proposés par la nature ou bien avec l’aide du jardinier. Enfin, les oiseaux insectivores auront la tâche moins facile pour manger nos auxiliaires s’ils ne sont pas concentrés en un seul site : à chacun sa chance.

Un petit tas de tessons de terre cuite au pied d’un tuteur, un petit fagot de brindilles de sureau, des fétus de paille noués et retenus au sol ou sur un support, le paillage au pied d’une haie peuvent trouver leur utilité. Un paillage de feuilles mortes ou de paille auprès du potager sont aussi des logements potentiels. Ce qu’il faut éviter, par contre, est un terrain trop lisse, sans abri, uniformément bêché. Quelques abris répartis sur la surface du potager apportent énormément d’habitats.

C’est en variant les endroits que la faune se diversifiera. C’est avantageux pour la nature et pour notre potager.

Quant aux hôtels à insectes, outre l’observation, ils permettent de démystifier la crainte de ces bêtes en général et de mettre leur rôle en évidence. De plus, ils complètent, mais ne remplacent pas, les sites propices aux insectes, disséminés dans le jardin.

Protégeons ces habitats

Les insectes et animaux hébergés par le jardinier intéressent d’autres bêtes de la nature qui s’en serviront pour se nourrir. Comme ce n’est pas le but premier de notre démarche, il faut penser à protéger ces habitats par des barrières physiques efficaces. Pour ce faire, il est notamment possible de placer un grillage à mailles de 2 cm positionné à une dizaine de centimètres des nids à insectes.

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