Le gouvernement fédéral met la sécurité alimentaire «en péril»
Le gouvernement fédéral prévoit une drastique vague d'économies au sein de l'Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (Afsca). D'ici à 2029, l'Agence devra réduire son budget de 24%, dont plus de la moitié dès 2026. Testachats sonne l'alarme.

«Imposer de nouvelles coupes budgétaires à l'Afsca, alors que l'Agence fonctionne déjà sous forte pression, revient à fragiliser délibérément la sécurité alimentaire en Belgique», prévient Testachats. Ce choix «met en danger non seulement la santé des consommateurs, mais aussi la confiance et la pérennité de l'ensemble de la chaîne alimentaire», ajoute l'organisation.
Créée à la suite de la crise de la dioxine, l'Afsca a fêté l'an dernier son 25e anniversaire. Testachats souligne que, malgré quelques incidents comme l'affaire du fipronil (scandale des œufs contaminés en 2017, NDLR), l'Agence a permis de renforcer globalement la fiabilité du système belge de contrôle.
L'organisation rappelle que l'Afsca a déjà été confrontée à des restrictions budgétaires au cours des dernières années, évaluées à plus de 36 millions d'euros depuis 2014. Dans ce contexte, exiger une baisse d'un quart du budget ne relèverait plus d'un effort d'efficacité, mais d'un «démantèlement» du service, indique-t-elle, avertissant qu'une diminution des contrôles accroîtrait le risque de scandales et de contaminations.
Testachats juge aussi le calendrier «incompréhensible», alors que la Commission européenne promet un renforcement des contrôles sur les produits importés d'Amérique du Sud dans le cadre de l'accord avec le Mercosur. «Si les ressources ainsi limitées de l'Agence doivent être consacrées en partie à un renforcement des contrôles à l'importation, cela entraînera inévitablement une diminution des contrôles nationaux, notamment dans les supermarchés, les restaurants et chez les producteurs», insiste la porte-parole de Testachats, Julie Frère.
L'organisation appelle donc le gouvernement De Wever à revenir sur ces mesures et plaide pour un financement stable de l'Afsca. «Le gain financier de ces économies ne pèse en rien face aux coûts sociétaux et économiques astronomiques d'une nouvelle crise», alerte Julie Frère.
Le cabinet du ministre de l'Agriculture David Clarinval, qui est responsable de l'Afsca, a confirmé que l'Agence avait été invitée à réaliser des économies au cours des prochaines années, «comme la grande majorité des autres départements fédéraux». Il s'agit désormais d'étudier comment réaliser ces économies, «notamment en optimisant et en rationalisant les méthodes de travail, tout en garantissant le contrôle de la chaîne alimentaire et le niveau élevé de sécurité pour les consommateurs».
«La priorité absolue» de l'Afsca «était, est et reste la protection des consommateurs, de la santé publique ainsi que de la santé animale et végétale», a réagi l'Agence. «L'Afsca continuera à exercer ses responsabilités avec le même sérieux, dans le respect du cadre budgétaire imposé. À cette fin, l'Afsca collaborera et communiquera de manière transparente avec tous les secteurs concernés, les organisations représentant les intérêts des consommateurs et les entreprises de la chaîne alimentaire».






