Protéger des plantes contre les rigueurs climatiques avec les tunnels nantais
Les maraîchers répartissent les cultures selon leurs besoins spécifiques, sous serre maraîchère et en plein air. Les tunnels nantais complètent ces choix en apportant une protection limitée dans le temps et à un coût par m² intermédiaire.

Hauts de 0,5 à 1 m, les petits tunnels, tunnels nantais ou encore appelés chenilles, protègent les cultures durant 6 à 20 semaines.
La température y augmente de quelques 4°C au niveau des 10 premiers centimètres de sol, avec un intérêt évident pour l’enracinement et pour le feuillage.
Ils sont bien utiles pour avancer de plusieurs jours les cultures de printemps, en prenant de l’avance par rapport au bâchage à plat. Classiques en culture de fraisiers, les petits tunnels sont aussi très intéressants pour compléter la mise à disposition de légumes après ceux produits en serres tunnel et avant ceux produits sous bâches. Ils apportent également une protection intéressante en automne et début d’hiver pour les légumes en attente d’être récoltés.
En les plaçant sous des serres tunnels, ils augmentent l’effet thermique et permettent ainsi de gagner une à deux semaines de cultures.
Les films plastiques possèdent une largeur de 2 m à 4 m, se mettent sur des arceaux et sont retenus par des fils tendus en croisement ou par une deuxième série d’arceaux métalliques. Aux deux extrémités du petit tunnel, le film est tendu à l’aide de deux solides piquets.
La pose des petits tunnels peut être mécanisée, mais le plus souvent, elle est manuelle dans nos petites fermes maraîchères.
Les types de films plastiques
de couvertureLe film standard est en polyéthylène (PE) basse densité modifié par incorporation d’adjuvants pour l’effet de serre. Ces films sont résistants mécaniquement.
Les films PE et éthyl vinyle acetate (EVA) donnent un très bon effet de serre. Plus sensibles à l’étirement, il faut être attentif lors du placement et du réglage de la tension. Très intéressant pour leur effet thermique, ils nécessitent aussi une plus grande attention pour régler l’aération et éviter les brûlures.
D’autres matériaux existent, avec des qualités aussi intéressantes, tout est une question de coût par unité de surface et par an (amortissement).
Un autre cas intéressant est celui de la pose d’un voile de bâchage sur les arceaux afin d’allier les avantages des deux techniques : précocité et facilité de l’aération.
En pratique…
Comme pour les autres techniques de protection des cultures en vue d’allonger la période de production, il faut raisonner les investissements dans les petits tunnels en favorisant l’expression de leurs avantages et en limitant leurs inconvénients.
La parcelle choisie sera idéalement bien orientée en évitant les versants vers le nord. La protection des cultures de la pluie est un avantage pour maîtriser les risques de développement des maladies mais nécessite en parallèle la mise en place d’une irrigation (goutte-à-goutte par exemple).
Les tunnels nantais seront bien plus intéressants sur les parcelles avec une très bonne structure de sol. Il est inutile de vouloir hâter une culture si celle-ci est dégradée.
La nécessité de pouvoir aérer ou refermer les petits tunnels requiert une proximité d’accès de la parcelle.
L’emploi de ces derniers s’adapte bien aux cultures sur planches ou sur ados. Il peut être combiné au paillage du sol pour limiter l’enherbement, au bâchage de la culture (voile par exemple) pour augmenter l’effet thermique, aux haies brise-vent qui limitent les bris par le vent. Ils ont un coût qui devra être compensé par les possibilités d’élargissement de la période de commercialisation. La protection contre certains ravageurs intervient également dans le calcul économique. Les films et arceaux peuvent facilement être utilisés plusieurs années.
Notons l’importance de bien ranger et protéger les films plastiques de la lumière entre deux saisons d’utilisation. Cela permet de prolonger significativement le nombre d’années d’usages. Ils sont roulés, protégés de la lumière directe et leurs dimensions sont identifiées pour en faciliter le remploi.
La précocité, l’effet thermique
Ces petits tunnels peuvent se poser plus hâtivement que les bâches, de l’ordre d’une à deux semaines plus tôt. De plus, ces techniques peuvent se combiner avec un bâchage direct des plantes sous un petit tunnel. L’effet thermique s’en trouve amélioré, avec son corollaire, une surveillance adaptée pour éviter les excès de température lors de journées bien ensoleillées. Cet aspect du suivi est plus important encore que pour les serres tunnels, parce que l’inertie thermique est faible. Sans une bonne aération, la température printanière sous ces tunnels nantais atteint très rapidement et dépasse une quarantaine de degrés, bloquant la croissance et le développement des plantes au détriment de la précocité attendue.
Assurer une bonne aération
Pour les petits tunnels à jupes non enterrées, l’aération se fait en glissant le film entre les arceaux ou entre les arceaux et les fils de maintien. Vu les exigences importantes en main-d’œuvre, l’aération sera laissée en permanence dès que les risques de gel sont réduits. Les films perforés assurent un minimum d’aération permanente et limitent ce besoin de travail.
Lorsque les jupes des tunnels sont enterrées, elle est assurée de manière permanente par des perforations. Plusieurs types sont proposés : trois perforations de 10 cm de diamètre par mètre et de chaque côté permettent assez d’air au printemps pour les cultures basses, chez nous, soit 2 % de perforations. Pour les cultures hautes, une troisième série de perforations, alternées par rapport à celles placées plus bas est souhaitable (3 %).
Les perforations ne modifient guère la température nocturne sous protection, qui est pratiquement la même qu’en plein air, mais diminue les températures maximales diurnes et donc les risques de freinage ou de brûlures.
Pour les maraîchers encore inexpérimentés, il est indispensable de placer des thermomètres enregistreurs ou des mini-maxi sous quelques tunnels de référence, en protégeant leur senseur du rayonnement direct du soleil (cape blanche).
Leurs effets positifs… et négatifs
Leur principal intérêt est la protection des plantes contre les rigueurs climatiques. La température est influencée, comme dans le cas des serres tunnels, par les qualités du film de couverture. L’effet brise-vent permet de gagner sur la précocité des premières récoltes.
Les températures maximales sont augmentées, les températures minimales le sont d’à peine 1 degré au printemps et de 2 à 5 ºC en automne.
En outre, les économies d’eau seront directement liées à la gestion de l’aération.
Enfin, peu coûteux, ils sont assez rapidement amortis.
Par contre, l’enherbement sera favorisé comme les plantes nobles, et sa maîtrise sera plus difficile sous tunnel nantais.





