Angoisse du secteur face à une suroffre de pommes de terre
L’offre de pommes de terre destinées à l’industrie de la transformation est trop abondante par rapport à la demande, ce qui risque de laisser le secteur avec des montagnes de pommes de terre invendues sur les bras.

Actuellement, les pommes de terre de conservation cotent à 15 euros la tonne sur le marché libre. Une situation qui dure depuis plusieurs mois. Cette cotation pour le marché libre ne concerne pas les pommes de terre vendues par les cultivateurs par le biais de contrats, lesquels concernent environ 70 à 80 % des récoltes. Les acteurs sur le marché libre sont typiquement les transformateurs en produits de pommes de terre surgelés, comme les frites.
« Depuis déjà un an, il n’y a pas de demande supplémentaire de pommes de terre en plus de ce qui a été prévu par contrat », explique le CEO de l’organisation professionnelle Belgapom, Christophe Vermeulen. « Les années précédentes, les exportations n’ont cessé d’augmenter et des pommes de terre supplémentaires étaient nécessaires, donc des prix élevés étaient payés. Ce n’est pas le cas actuellement. Il faut savoir que 80 % de la superficie est couverte par un contrat. Et c’est vendu à des prix élevés aux usines. Le reste, personne n’en a simplement plus besoin actuellement ».
Les cours au plancher des pommes de terre sur le marché libre ne se remarquent pas dans les magasins, le surplus concernant les tubercules destinés à l’industrie de la transformation. Ces pommes de terre risquent encore de s’accumuler, car la demande de l’industrie de la transformation a faibli. Plusieurs causes sont évoquées : les droits de douane étasuniens, un euro plus fort et la concurrence de produits transformés venant de Chine, d’Inde, d’Égypte et de Turquie.
« À la fin de la saison de conservation, je crois que nous allons nous retrouver avec un relativement gros stock de pommes de terre », prédit Christophe Vermeulen.
Depuis des mois, le réseau North-Western European Potato Growers (NEPG), qui regroupe les quatre premiers producteurs européens (Allemagne, France, Belgique et Pays-Bas), alerte quant aux risques d’une surproduction sur le Vieux Continent.
Dans ces pays, qui représentent les deux tiers de la production européenne, les volumes récoltés en 2025 approchent 30 millions de tonnes, soit une hausse de 10 % sur un an.







