Le matériel anti-dérive, également au cœur du contrôle des pulvérisateurs
À partir du mois de mars, un nouveau cycle de contrôle des pulvérisateurs va débuter en Région wallonne. Pour être en ordre, le matériel présenté, outre son bon fonctionnement, devra désormais être équipé d’une technique de réduction de la dérive de minimum 75 %.

Cette évolution fait suite à l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2026, d’une nouvelle obligation imposant l’utilisation d’un matériel réduisant la dérive d’au moins 75 % lors des pulvérisations en plein air (le taux était déjà de 50 % depuis la publication de l’Arrêté du Gouvernement wallon du 18/06/2018). Elle s’inscrit dans le renforcement progressif des mesures destinées à limiter l’impact des produits phytopharmaceutiques sur la santé et l’environnement.
Deux moyens sont possibles pour réduire la dérive. Ils peuvent être combinés : les buses et/ou une technique de pulvérisation reconnue anti-dérive (par exemple, en grandes cultures : rampe couverte, assistance d’air, Crop Tilter, écartement entre les buses réduit et rampe abaissée, pulvérisation en lignes/bandes et sous capot de protection).
Les contrôles périodiques obligatoires des pulvérisateurs intégreront donc désormais la vérification du matériel anti-dérive. Concrètement, les inspecteurs devront s’assurer que les pulvérisateurs sont effectivement équipés de buses adéquates et/ou d’une technique de pulvérisation reconnue, permettant d’atteindre le seuil de réduction de la dérive requis.
Louise Vanoost, responsable qualité du Service d’inspection des pulvérisateurs (Centre wallon de recherches agronomiques) nous en dit davantage sur le déroulement de ces contrôles et répond aux questions que se posent de nombreux agriculteurs et entrepreneurs agricoles.

Tous les types de pulvérisateurs soumis au contrôle sont-ils concernés par cette obligation de réduction de la dérive ?
L’obligation de réduction de la dérive concerne tous les pulvérisateurs utilisés pour des traitements en plein air (appareils de grandes cultures, d’arboriculture ou viticulture…) Les pulvérisateurs employés en serres ou dans des espaces fermés (nébulisateurs, installations de traitement de semences…) ne sont pas concernés.
Quels jeux de buses pourront être présentés sur l’appareil le jour du contrôle ?
Pour un pulvérisateur classique (grandes cultures ou arboricole), seules des buses permettant de réduire la dérive de 75 % ou 90 % peuvent être présentes sur la machine. Il est important de noter que, pour être accepté au contrôle, un pulvérisateur doit satisfaire aux exigences anti-dérive pour l’ensemble des configurations possibles de l’appareil. Ainsi, si un pulvérisateur est présenté au contrôle avec deux jeux de buses, par exemple, l’un classé 50 % anti-dérive et l’autre 75 %, il sera refusé car toutes ses configurations ne respectent pas le seuil requis de 75 %. Il devra alors être resoumis au contrôle dans un délai de quatre mois. En revanche, ce même pulvérisateur pourra être accepté si l’utilisateur cède volontairement le jeu de buses qui ne permet pas d’atteindre le seuil de 75 %. Pour les pulvérisateurs équipés d’une technique reconnue anti-dérive, toutes les buses sont acceptées pour autant que l’association « buses + technique spécifique anti-dérive » du pulvérisateur soit reconnue comme permettant de réduire la dérive de minimum 75 %.
Quels appareils ne sont plus utilisables en arboriculture ou viticulture ?
Les appareils pneumatiques simples (sans panneaux récupérateurs ou tunnel) ne peuvent plus être utilisés car ils ne permettent pas de réduire la dérive. Ils seront dès lors refusés au contrôle.
L‘efficacité de la réduction de dérive sera-t-elle mesurée lors du contrôle ?
Non. Les inspecteurs vérifieront uniquement que le matériel est effectivement reconnu, c’est-à-dire repris sur la liste des moyens et mesures anti-dérive reconnus en Belgique, publiée à l’annexe de l’arrêté ministériel fixant les mesures ou moyens de réduction de la dérive (AM du 08/08/2025) et disponible via https://miniurl.be/r-6o2p. Cette liste sera mise à jour périodiquement, selon l’évolution des techniques et buses anti-dérive. La référence pour les services d’inspection sera toujours la version la plus récente. Aucun test ne sera réalisé lors du contrôle pour mesurer l’efficacité du matériel anti-dérive. Seule sa présence sera vérifiée. Concernant les buses anti-dérive, l’homogénéité du jeu ainsi que le débit des buses seront contrôlés, au même titre que n’importe quel jeu de buses. Il est donc primordial de vérifier, avant le contrôle, si les buses ne sont pas bouchées et les nettoyer correctement, le cas échéant.
Peut-on présenter au contrôle un pulvérisateur qui a été adapté pour correspondre à la description d’une des techniques de réduction de la dérive reconnue ?
Oui, les systèmes adaptés par les utilisateurs ou des ateliers de mécaniques peuvent être présentés lors du contrôle. S’ils correspondent à la description d’une des techniques reprises dans l’arrêté ministériel et qu’ils respectent bien l’ensemble des autres critères requis du contrôle obligatoire, l’autocollant pourra être apposé sur l’appareil.





