Étaupinage des prairies : une intervention nécessaire en de nombreux endroits cette année
Avec le retour des beaux jours, le bétail va pouvoir retourner pâturer mais des taupinières apparaissent dans certaines prairies. Un étaupinage s’impose donc dans les parcelles les plus touchées. Voici les conseils de Fourrage Mieux.

En ce début d’année apparaissent dans de nombreuses prairies des taupinières par dizaine. Ces monticules de terre peuvent être attribués aux taupes mais également aux campagnols terrestres appelés aussi « rats taupiers » ou « rates » en wallon.
Dans tous les cas, un étaupinage s’impose en fin d’hiver dans les parcelles touchées par ce phénomène avec comme objectifs :
– éviter la formation de vide et conserver une prairie dense et productive en permettant à la végétation située sous la taupinière de rester vivante ;
– diminuer la récolte de terre et les souillures dans le fourrage lors des premières coupes prévenant ainsi les soucis éventuels de conservation des ensilages causés par les bactéries butyriques ;
– réduire l’usure prématurée du matériel de récolte et en particulier les couteaux de la faucheuse ;
– augmenter le confort de récolte lors des fauches grâce à la diminution des bosses causées par les taupinières ;
– diminuer la présence de taupes dans la prairie sachant que leurs galeries favorisent la dissémination et le développement des populations de campagnols.
Éviter d’impacter la flore prairiale
Pour rappel, l’étaupinage est une technique qui consiste à travailler la prairie en surface, de façon superficielle. Les différentes machines qui permettent d’étaupiner présentent pour la plupart des lames niveleuses ou rabots qui étalent, voire éclatent les monticules de terre présents dans les prairies. L’objectif est bien dans ce cas de ne travailler que la taupinière et non pas les plantes prairiales en place. Les machines munies de dents en plus des rabots devront être réglées de façon que ces dents soient les moins agressives possible.
En complément de cet étaupinage et en fonction du matériel disponible et de l’ampleur des dégâts, un sursemis peut être combiné sur les prairies les plus touchées. La terre fine déplacée par les rabots peut créer un lit de germination intéressant pour des espèces agressives comme le ray-grass anglais ou les trèfles blancs.
Le nivellement de ces taupinières pourra être réalisé dès que le sol des prairies sera suffisamment portant pour supporter le matériel mais également en l’absence de vent du Nord ou d’Est. Si un sursemis est combiné à l’étaupinage, il vaudra mieux attendre la mi-mars pour commencer les chantiers et espérer des températures plus clémentes et un minimum d’humidité.
Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’étaupinage ou de hersage, en l’absence de terre, de mousse, de fumiers ou composts mal émiettés et lorsque les prairies sont en bon état, il est déconseillé de réaliser ces travaux. Des essais en cours chez Fourrages Mieux depuis le printemps 2025 sur des prairies permanentes en ordre montrent en effet une légère baisse de rendement sur certaines prairies hersées par rapport à une zone témoin non travaillée. Ces résultats confirment que le hersage n’est pas une technique à utiliser sur toutes les prairies chaque année au risque de voir la production de fourrage diminuer dans certaines parcelles.
Pour plus d’infos
Vous avez des questions relatives à l’étaupinage ou aux sursemis ?
Noémie Glesner (0471/09.29.92)
Guillaume Meniger (0472/76.51.56)
David Knoden (0473/53.64.95)





