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Orge de brasserie: quelques démarches sont déjà lancées pour réactiver l’offre en Wallonie

Plusieurs initiatives existent ou se mettent en place aujourd’hui pour redynamiser la filière de production d’orge de brasserie dans le sud du pays.

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Tout d’abord, à la suite de l’initiative de l’asbl Promotion de l’orge de brasserie, avec l’aide de Hainaut Développement, la filière Terra Brew s’est mise en place, il s’agit d’une marque pilotée par la malterie du Château. Un négociant (Agridiscount) et une dizaine de brasseries sont associés à la démarche. Cette démarche prévoit l’attribution d’une surprime à l’agriculteur.

Notons également la création de filières brassicoles autonomes  : dans ce cas c’est une brasserie qui est à l’origine du projet d’utilisation d’orge locale pour la fabrication de sa bière : la brasserie des Légendes et la brasserie Brunehaut font partie des initiatives pionnières. Dans une démarche initiée par le transformateur, il existe également une filière orge-whisky locale Belgian Owl. Dans ce cas, l’orge produite en Wallonie est valorisée à un prix juste et est maltée au Pays-Bas, à proximité de la distillerie.

Les petites brasseries artisanales ont le vent en poupe ces dernières années, tirées par une demande pour des bières spéciales produites localement.
Les petites brasseries artisanales ont le vent en poupe ces dernières années, tirées par une demande pour des bières spéciales produites localement. - J.V.

Le Collège des producteurs identifie aussi initiative émanant d’un groupe d’agriculteurs qui souhaite regrouper la production d’orge au sein d’une coopérative d’agricole, afin de pouvoir proposer aux micro-brasseries de l’orge locale de qualité. Ces producteurs sont à l’origine du projet de hall-relais Cultivaé, qui vise à recréer une filière courte de qualité et équitable en orge de brasserie conventionnelle et bio.

Se rassembler aussi pour des prix justes

Le Collège des Producteurs, l’asbl Promotion de l’orge de brasserie et Biowallonie s’emploient à rassembler ces démarches et mettent ensemble des agriculteurs, des négociants, le hall relais Cultivaé, la malterie Dingemans, la malterie du Château et plusieurs brasseries. Le concept s’inscrit dans la recherche de prix justes pour le producteur.

Rares données

Il n’existe pas de données officielles sur le chiffre d’affaires du secteur agricole de l’orge de brasserie : avec 260 ha d’orge de brasserie valorisée à 130-150€/t, on l’estime à 30.000 à 40.000 €. Une quarantaine d’agriculteurs sont actuellement concernés par la culture.

En 2015, les recettes des accises sur la bière s’élevaient à 194 millions d’euros. Le chiffre d’affaires du secteur brassicole représente 2.590 millions d’euros, soit 5,3 % du chiffre d’affaires total de l’industrie alimentaire. La Fédération des brasseurs belges estime le nombre d’emplois indirects à 49.000 unités, dont 4.735 emplois directement dans les brasseries. Et le Bureau du plan estime la contribution économique du secteur à 4 milliards d’euros.

L’envol des brasseries

En 2015, la production belge de bière représentait près de 20 millions d’hl, dont 34 % sont consommés en Belgique (voir figure ci-dessous), le reste étant exporté.

ORGE GRAPHIQUE4

Si le nombre de brasseries en Belgique croît petit à petit depuis les années 2000, on observe une véritable envolée, ces cinq dernières années ; durant cette période, le nombre de brasseries a augmenté de 70 %, passant de 145 en 2010 à 247 établissements en 2014. Il existe cependant des structures qui commercialisent des bières mais les font brasser par d’autres.

En Wallonie, le Collège des producteurs et l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité ont référencé une centaine d’entreprises qui brasseraient elles-mêmes leur bière. Elles représentent environ 4 % de la production brassicole Belge en volume.

On compte 19 brasseries certifiées bio en Wallonie et à Bruxelles. Ce secteur est également en progression puisqu’elles étaient seulement 8 en 2012. Il s’agit principalement de brasseries nouvelles.

Une enquête réalisée cette année par le Collège des producteurs, en partenariat avec l’asbl Promotion de l’orge de brasserie, Diversiferm et le Cra-w, a permis d’identifier qu’une vingtaine de brasseries s’approvisionnent localement pour une partie de leurs matières premières (malt, céréales à cru, houblon…) via différents réseaux. Cette étude a également démontré l’intérêt d’au moins 15 brasseries complémentaires pour se fournir en céréales et en houblon locaux.

Bières spéciales

Tout comme la consommation d’alcool de manière générale, la consommation de bière est en baisse depuis plusieurs années. Elle s’élevait à 7.95 millions d’hl en 2015 (-23 % en 20 ans). La consommation moyenne par habitant était de 71 l/an en 2015.

La bière en consommation privée augmente légèrement (+1 % entre 2008 et 2015) par rapport à la consommation Horeca (-20 % entre 2008 et 2014). Même si la Pils représente un peu moins de 70 % des volumes de bière vendus sur notre marché, les habitudes des consommateurs changent : ils boivent moins de bière de type pils (notamment dans l’horeca) et ils privilégient de plus en plus les bières spéciales à domicile, ce qui est une vraie bénédiction pour le secteur artisanal.

M. de N.

, d’après le Collège des producteurs

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