La culture de la bette, un légume «bien de chez nous»!
La bette est un légume cultivé depuis très longtemps chez nous. Il marque aussi des traditions typiquement belges comme la fameuse « Tarte al djote » de Nivelles. Cette tarte salée est connue depuis au moins le 13e siècle. Une confrérie dynamique la met même à l’honneur. À côté de cette spécialité savoureuse, la bette est aussi intéressante dans nos potagers.

Les feuilles de la bette peuvent être préparées comme les épinards. Elles donnent alors un mets moins acide et plus doux. Son pétiole prolongé de la nervure centrale de la feuille est la carde. Celle-ci s’accommode pour donner différentes préparations assorties à des ingrédients de notre terroir comme la crème et la préparation de gratin.
Son feuillage, luxuriant et luisant, est un réel atout. Les variétés à cardes blanches et celles à cardes rouges sont particulièrement intéressantes à ce sujet. Il est possible de semer ou planter les bettes dans les espaces du jardin à vocation décorative, à côté des fleurs. Ce feuillage reste très joli jusque tard en automne. Lorsque les gelées annoncées sont plus sévères que – 5°C, nous protégeons la plante.
Nous retrouvons nos pieds de bette en pleine forme jusqu’à fin avril, début mai. Cette plante bisannuelle va alors entamer la croissance de la hampe florale. Dès lors, les parties végétatives vont perdre leurs réserves au détriment de la saveur des feuilles et des pétioles.
Le plus étonnant est que cette plante pleine d’attraits ne se retrouve pas dans tous les potagers. Serait-elle oubliée dans nos régions ? La France, l’Italie et l’Espagne en sont de grands producteurs, avec des traditions culinaires très anciennes.
Une culture adaptée à notre climat
Il s’agit d’un légume facile à cultiver, productif et à utiliser dans des recettes de cuisine très diversifiées. Ses grosses graines permettent aux jeunes jardiniers aux doigts encore un peu maladroits de s’exercer au semis. Notre climat belge lui convient bien.
La bette, Beta vulgaris var. flavescens, est une plante de la même famille que l’épinard et la betterave. C’est une Amaranthacée.
De plus, elle est bisannuelle. La seconde année, dès que les températures remontent au printemps, la plante émet une hampe florale et produit ensuite ses graines en fin d’été. Les graines sont des akènes soudés par 2 ou par 4 en glomérule. Lors du semis, nous obtenons plusieurs plantules très proches, issues de ces glomérules. En cas de semis très précoce, le froid peut induire une montaison précoce des plantules dès la première année : respectons les dates de semis recommandées par les sélectionneurs.
Différentes variétés possibles
Dans les catalogues de semenciers, la bette est aussi nommée blette ou encore poirée.
Plusieurs variétés sont disponibles. ‘Blonde à carde blanche’ et ‘Verte à carde blanche’ sont des classiques. ‘Bette à carde rouge’ et ‘jaune’ sont décoratives et très goûteuses aussi. Elles ont leur place dans nos potagers et également dans les parterres décoratifs du jardin. Notons que ce légume peut se cultiver en bacs de culture, n’oublions cependant pas d’arroser.
De plus, il ne faut pas confondre avec les types à croissance rapide comme ‘Verte à couper’ et ‘Blonde à couper’, qui sont repris dans les types bette-épinard ou bette à couper. Leurs côtes sont étroites ce qui limite les usages culinaires.

Procéder au semis
En principe, chaque glomérule comprend 2 à 4 graines capables de germer. En disposant un glomérule à son emplacement, plusieurs plantules vont pouvoir apparaître. Nous n’en laisserons qu’une lors du démariage.
Il est conseillé de semer en place à une distance de 40 cm dans la ligne. Les lignes sont espacées de 40 cm. Nous obtenons ainsi une population de 6 plantes par m². Le feuillage reste aéré, c’est favorable pour les maladies. Mais la couverture du sol est incomplète, un petit binage sera requis de temps à autre.
Nous semons lorsque le sol commence à se réchauffer, à partir de fin mars ou début avril, en situation bien exposée. Les semis à partir de mi ou de fin avril jusqu’à fin juin sont dans une période propice en toute situation. Les semailles étalées à plusieurs dates permettent d’obtenir des plantes fraîches tout au long de l’été.
Cependant, nous pouvons tout aussi semer au début du printemps et récolter les feuilles et cardes les plus âgées. Celles-ci sont en périphérie de la plante. Cette technique simple est recommandée lorsque notre consommation familiale est limitée.
La plante obtient le stade 6 à 8 vraies feuilles après 6 semaines de croissance. Pour les jardins en bacs, il peut être intéressant d’élever les plantules dans des godets. La plantation se déroulera plus tard. C’est une façon de mieux occuper les surfaces disponibles.
Du côté de la fertilisation, la bette produit de grandes quantités de matières végétales par unité de surface. Elle a besoin d’une forte fumure et valorise très efficacement les apports de composts de l’automne précédent le semis ou la plantation.
Une récolte deux mois et demi après le semis
Après la levée, quand les plantules possèdent 3 à 5 vraies feuilles, nous démarrons. Cela signifie que nous laissons qu’une plantule par emplacement et éliminons les autres. Par la suite, les soins se résument aux binages pour la maîtrise de l’enherbement et aux arrosages lors des périodes de sécheresse. Les semis en place permettent à la plante de développer correctement la racine pivotante. Elles sont mieux à même de rechercher l’humidité en profondeur du sol. Pour les plantes repiquées, la racine pivotante est brisée, l’enracinement latéral et oblique est dense mais moins profond.
Deux mois et demi après le semis, c’est le moment de la récolte en prélevant 2 ou 3 feuilles par plante. Celles-ci sont détachées en écartant la feuille de la périphérie de la plante, elle se casse à la base du pétiole. Cette récolte peut se poursuivre durant l’automne, l’hiver et le début du printemps.
Les maladies et ravageurs : respecter les principes
Peu de maladies et ravageurs posent des problèmes. Le respect d’une bonne rotation, la culture sur un sol drainant, l’emploi de graines saines et une bonne aération des plantes liée à la densité de 6 plants par m² permettent d’éviter bien des soucis.





