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L’humus, un allié essentiel du potager

Ce n’est pas un scoop : l’humus possède un rôle fondamental pour le sol des potagers ! Tous les manuels de jardinage et les sites d’information nous le rappellent. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Pourquoi est-il si important ? Comment tirer pleinement parti de l’humus au jardin ? Voici notre guide…

Temps de lecture : 5 min

En plein cœur de l’hiver nous préparons déjà le printemps, guidé par le plaisir de travailler la terre du potager pour accueillir nos cultures. Mais cela n’est pas toujours aisé. En particulier pour les jardins nouvellement créés. Certaines terres sont lourdes et difficiles à travailler. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer.

La première est la texture du sol, c’est-à-dire sa composition d’un point de vue minéral. Les sols à tendance argileuse s’appréhendent de manière différente de ceux plus sablonneux.

L’état d’humidité intervient aussi. Si nous travaillons la terre du jardin gorgée d’eau, nous imitons les gestes des potiers. Nous risquons de former des masses compactes inhospitalières aux radicelles de futures plantules.

La richesse en éléments fertilisants comme l’azote, le potassium, le phosphore, le magnésium ou encore le soufre intervient plutôt dans la capacité du sol à des productions abondantes.

Deux paramètres retiennent particulièrement l’attention des jardiniers : la teneur en humus et l’acidité. Si nous nous pencherons sur le premier lors d’un prochain numéro du Sillon Belge, voici déjà comment mieux comprendre l’importance de l’humus.

Une stabilité relative

Il ne faut pas confondre humus et matières organiques. Dans le sol, en réalité surtout dans la couche des premiers décimètres, se trouve la matière organique (MO). Celle-ci comprend les MO fraîches, les MO en cours de transformation et les MO stables.

Les résidus de culture, les engrais organiques et composts, la flore et la faune du sol, les micro-organismes sont des MO fraîches.

Ces matières sont transformées chimiquement et biologiquement.

La MO stable ainsi produite est l’humus. L’humus est stable, oui, mais c’est relatif. Dans les conditions belges, nous constatons que 2 % de l’humus du sol est décomposé chaque année. Le produit de la décomposition est libéré dans le sol. Il donnera des matières minérales à nouveau disponibles pour la croissance des plantes. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme écrivait Lavoisier.

Pourquoi est-il si important ?

C’est simple : la teneur en humus influence toutes les propriétés du sol !

Il améliore les liens entre les particules qui constituent le sol. Ces liens permettent une meilleure stabilité du sol. C’est très important pour le jardinier et pour ses voisins. Lorsqu’il est plus stable, il supporte mieux l’effet des pluies et orages qui en martèlent la surface. En restant en place, les risques de coulées de boue sont réduits : c’est également tout bénéfice pour les voisins.

Plus stable, le sol pourra aussi mieux retenir l’eau et mieux la mettre à disposition des plantes en cas de période sèche.

Les argiles du sol et l’humus constituent le complexe argilo-humique. C’est sur ce complexe que des éléments fertilisants pourront se fixer. Avec les pluies que l’on connaît, c’est primordial. Le calcium, le magnésium, le potassium et le sodium, notamment, resteront à disposition des plantes et ne seront pas lessivés par l’eau en hiver. L’humus renforce cette capacité de rétention tant en sols argileux qu’en sols sablonneux.

Un sol riche en humus est bien plus facile à être travaillé par le jardinier, surtout si l’acidité est correcte.

Agir sur la qualité du sol

Pour augmenter la teneur du sol en humus, il est possible d’agir de plusieurs manières complémentaires : augmenter les apports de matières organiques fraîches, renforcer l’activité des organismes formant l’humus, réduire ses facteurs de dégradation.

Augmenter les apports : en rendant au sol les débris végétaux de nos légumes, en apportant du fumier ou du compost, nous augmentons la quantité de MO fraîche. Ces matières pourront servir de base pour la formation d’humus.

Les tontes  de pelouses compostées  sont une source importante  de matières  organiques.
Les tontes de pelouses compostées sont une source importante de matières organiques. - F.

Renforcer l’activité formatrice d’humus : il s’agit d’améliorer le rendement de la transformation de MO fraîche en MO stable. La nature des MO fraîches est importante. Les résidus de culture et les composts de déchets verts, matières végétales, donnent les meilleurs résultats, avec un coefficient de 0,5 à 0,7. Les fientes d’oiseaux, résidus contenant peu de matières végétales, apportent peu d’humus ; leur coefficient est de 0,1. Les autres matières recyclées se situent entre ces deux extrêmes. Le compost de déchet ménager possède un coefficient de 0,15 à 0,3 selon sa composition.

Réduire les facteurs de dégradation de l’humus : facile à dire, mais difficile à faire. Ce sont les conditions climatiques et le type de sol qui sont les facteurs déterminants. D’un autre côté, une terre bien décompactée permet une meilleure minéralisation de l’humus et une meilleure fertilité du sol. Mais, dès lors, aussi une plus forte décomposition du stock d’humus présent. C’est très difficile à déterminer avec précision.

Par ailleurs, il ne faut pas travailler le sol plus profondément que nécessaire. D’abord, c’est du travail inutile et énergivore. Ensuite, en travaillant une trop grande épaisseur de sol, nous diluons l’humus dans un plus grand volume de terre minérale. Son taux et donc la stabilité vis-à-vis de l’effet des pluies et orages diminue. Par exemple, si nous cultivons des carottes, des racines de chicons, et autres plantes qui ont besoin de 20 cm pour s’épanouir, ce sera 20 cm. Si les seuls légumes cultivés sont des légumes feuilles, il est possible de réduire la profondeur travaillée. Travailler signifie décompacter, cela peut être un bêchage ou un décompactage sans retournement.

Un travail de longue haleine…

En conclusion, pour augmenter le taux d’humus, ce sont les apports de matières de qualités qui seront augmentés.

Enfin, vu les pourcentages et les masses importantes concernées, l’évolution du taux d’humus, à la hausse comme à la baisse, ne se fait que sur de longues périodes. Nous ne la constatons qu’après des dizaines d’années.

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