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Auprès de mon potager : Pourquoi ça ne lève pas?

Tous les jardiniers ont déjà eu ces déconvenues : notre semis en qui nous avions mis tant d’espoirs d’une belle production ne lève pas. Ou presque pas. La cause de l’échec est parfois évidente, mais pas nécessairement. Partons alors de ces expériences pour rebondir et revoir nos techniques.

Temps de lecture : 7 min

Assez humainement, nous avons tendance à rejeter la faute sur le lot de semences. Bien que cela puisse arriver, retenons quand même que les maisons de sélections sont professionnelles. Elles disposent de personnes compétentes et soucieuses de l’image de leur entreprise.

La cause d’une mauvaise germination peut trouver son origine dans notre propre jardin. À moins que ce ne soit le jardinier lui-même ?

Passons en revue quelques causes parmi les plus fréquentes.

Le sol, lit de la germination

Le sol du potager pour les semis en place ou le sol des couches pour la production de plants à racines nues accueille la graine. Nous attendons qu’il puisse apporter l’eau et la température propices à la germination. Dès que la germination a démarré, le sol doit permettre des échanges gazeux avec l’atmosphère pour que le gaz carbonique puisse s’évacuer et que de l’oxygène puisse parvenir à la graine en germination.

Les semis en terrines, en pots, en mottes pressées se font généralement avec du terreau. Nous pouvons trouver une large gamme de terreaux dans le commerce. Le terreau de feuilles constitué par nous-même convient très bien. Pour les semis, nous avons besoin d’un terreau sain, c’est-à-dire qui a été débarrassé de germes pathogènes par la chaleur du compostage. Le terreau ne doit pas être riche afin d’éviter qu’un excès de sels ne nuise à la germination de nos graines. Il doit être finement tamisé pour faciliter l’opération de semis. Notons que par la suite, le repiquage se fera dans des terreaux plus riches afin de subvenir aux besoins des plantes en pleine croissance.

Un terreau riche à un degré de salinité plus élevé. Ce peut être une cause de mauvaise germination.

Un bon contact de la graine avec le sol pour une meilleure absorption de l’eau

La germination d’une graine commence par son humectation et le gonflement. L’eau vient du sol et est absorbée par la graine grâce au contact franc avec les particules du sol. Ce contact est essentiel et est obtenu par un tassement de la graine contre le sol avant de la recouvrir par une fine couche de terre pour la protéger.

Le jardinier peut apporter de l’eau par arrosage. Si l’eau est tempérée, elle apporte aussi un peu de chaleur au sol.

Un contact trop peu intime entre la graine et le sol ou le terreau constitue une cause fréquence de mauvaise germination. Nous parlons de contact franc, obtenu par un bon tassement des graines contre le substrat. Tout l’art de la préparation du lit de semis est d’avoir un sol ferme sans être compacté.

L’eau d’arrosage froide fait descendre la température au niveau du lit de semis, ce peut être une cause de retard à la levée.

À chacun sa température optimale

Chaque espèce végétale a des niveaux de température qui lui conviennent le mieux. Sous la température minimale, le processus de germination ne démarre pas ou très mal. La graine est alors dans le sol mais ne germe pas.

Si la température remonte dans les jours suivants, rien n’est perdu : la germination et puis la levée pourront se dérouler normalement.

Si la température tarde à remonter, la levée pourrait être compromise. Les champignons ou les bactéries du sol auraient le temps de s’attaquer à la graine endormie et de la décomposer.

Le jardinier peut tenter d’intervenir sur ce facteur. Il peut protéger le semis d’un film de plastique perforé, d’un voile ou d’un coffre vitré. Il peut aussi aménager une serre et installer un chauffage de sol. Enfin, il peut semer en terrine et placer la terrine dans un endroit chauffé et lumineux.

Quand la température est élevée, la germination peut également se bloquer. C’est le cas pour les laitues et la mâche pour lesquelles il est préférable de ne pas dépasser 20°C. Pour les autres espèces, il est préférable de ne pas dépasser 28°C. Pour les céleris et les chicorées, plantes bisannuelles, il est préférable de tenir une température supérieure à 16°C jusqu’au stade « apparition de la 5e vraie feuille » pour limiter le risque de montée prématurée à graines.

Les échanges gazeux

L’évacuation du gaz carbonique et l’aération du lit de semis se font via les interstices entre les granules de terre.

Si nous subissons une pluie orageuse brutale, le sol se referme et l’aération est compromise. Il en est de même si les arrosages sont excessifs ou violents. En absence d’aération, la germination est compromise.

Le jardinier peut intervenir en décompactant le sol avant le semis et en respectant au mieux la structure du sol en s’abstenant de tout travail du sol quand celui-ci est gorgé d’eau.

La graine à conserver dans les meilleures conditions

La graine a une capacité à germer qui évolue dans le temps.

Lors du semis, la graine doit donc être recouverte pour être protégée de la déshydratation. Elle sera enfoncée d’environ deux fois son diamètre.
Lors du semis, la graine doit donc être recouverte pour être protégée de la déshydratation. Elle sera enfoncée d’environ deux fois son diamètre. - F.

Après sa formation et sa maturation sur la plante mère, la graine est en dormance. Elle a besoin d’un temps pour lever cette dormance qui va de presque rien pour des espèces comme le panais à au moins un an pour des espèces comme la mâche.

Par la suite, la capacité à germer diminue avec les années jusqu’à devenir très faible. Le nombre d’années durant lesquelles la graine peut germer dépend de l’espèce et du lot. Elle est traduite en pratique par les dates reprises sur les sachets du semencier. Elles sont d’application quand les graines sont conservées à l’abri de la lumière, dans une ambiance sèche et à température peu élevée.

Quand une graine a commencé à s’hydrater, il est nettement préférable que le processus de germination suive immédiatement. Dans le cas contraire, les résultats sont hypothéqués.

Les paquets sont conservés à l’abri de la lumière, au sec et à température plutôt basse. S’ils sont ouverts, protégeons-les des insectes et des rongeurs.

Les paquets de semences sont conservés à l’abri de la lumière, au sec et à température plutôt basse.
Les paquets de semences sont conservés à l’abri de la lumière, au sec et à température plutôt basse. - F.

En pratique

Commençons par relire les informations reprises sur le paquet de semences.

La variété est sélectionnée pour une période de luminosité et une longueur du jour bien déterminées. C’est la raison pour laquelle elle sera destinée à une saison plus qu’une autre. Au printemps, les jours s’allongent et en automne, ils décroissent. Les variétés proposées chez nous par les semenciers sont adaptées à nos conditions climatiques et saisonnières. Ce n’est pas nécessairement le cas pour des variétés acquises dans des contrées lointaines.

Le paquet donne aussi des dates limites au-delà desquelles la germination n’est plus assurée.

En germant, la graine doit rester dans un sol humide mais sans asphyxie, puis elle devra allonger sa tigelle et sa radicule pour enfin sortir du sol. La graine doit donc être recouverte pour être protégée de la déshydratation sans être trop enfoncée pour ne pas s’épuiser à croître avant d’émerger du sol. Elle sera enfoncée d’environ deux fois son diamètre, par exemple, une graine de 2 mm de diamètre est recouverte de 4 mm de terre.

N’oublions pas de bien noter les variétés et les lots semés.

Quand la plantule est émergée

Une fois la plantule émergée, la luminosité doit être élevée. Cela évite d’avoir des plantules qui filent à la recherche de lumière et qui allongent démesurément leur tige.

Si nous plaçons la terrine de semis dans la maison pour profiter de la température, plaçons la près d’une fenêtre avec trois précautions :

– choisissons une fenêtre bien éclairée, mais pas sous le soleil de midi afin d’éviter une surchauffe et un dessèchement du terreau ;

– évitons les radiateurs en fonctionnement, pour des raisons identiques ;

– nous pouvons placer un panneau blanc parallèle à la fenêtre de l’autre côté de la terrine ; il va réverbérer une partie des rayonnements lumineux.

Les semis en terrines permettent de produire des plantules jusqu’au stade « premières vraies feuilles ». Ensuite, ces plantules sont repiquées dans des pots ou des mottes pressées.

Quand les racines dépassent sous le pot ou sous la motte pressée, n’attendons pas pour planter à l’emplacement définitif ou pour repiquer dans un contenant plus grand.

F.

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