Un banquet vide à Bruxelles pour dénoncer la précarité alimentaire
Un banquet vide a été organisé jeudi après-midi à Ixelles à l'initiative du collectif «Le Gratin de la Colère» afin de dénoncer les inégalités du système alimentaire et alerter sur la précarité croissante en Belgique. L'action s'inscrivait dans le cadre du festival «Nourrir Bruxelles». Le collectif est coordonné par la Concertation Aide Alimentaire, une initiative de la Fédération des Services sociaux (FDSS).

Le banquet symbolique, aux contenants vides, était destiné à illustrer «la vacuité d'un système injuste», selon les organisateurs. Un menu avait été préparé pour l'occasion, proposant notamment en entrée «une pointe de rien glacé sur son matelas froid» ou, en plat, un «gourmand vide doré à la braise».
Des lettres écrites par des personnes en situation de précarités ont également été lues, tandis qu'une version détournée de la chanson «Capri c'est fini», rebaptisée «Les colis, c'est fini», a été chantée. Un flashmob a également eu lieu lors de l'action
Le collectif entendait attirer l'attention sur la situation de l'aide alimentaire en Belgique, alors qu'environ 600.000 personnes y ont aujourd'hui recours. Plus de 38% des Bruxellois vivent par ailleurs sous le seuil de pauvreté, selon les chiffres avancés par les organisateurs.
«C'est indigne de savoir que des gens ne savent pas manger de manière qualitative et choisie tous les jours», a déclaré Brigitte Grisar, coordinatrice de la Concertation Aide Alimentaire. «C'est une urgence sociale», a-t-elle martelé.
Dans la continuité de la campagne #FrigoVide, lancée en février dernier, l'action visait également à dénoncer les difficultés rencontrées par l'ensemble de la chaîne alimentaire, des producteurs aux bénéficiaires de l'aide alimentaire.
Selon les organisateurs, la situation des centres d'aide alimentaire est aggravée par la diminution de leur financement. Le gouvernement fédéral ne finance plus l'achat de produits essentiels qu'à hauteur de 15 millions d'euros, contre 27 millions en 2025.
«Une partie de l'approvisionnement alimentaire provient d'une enveloppe européenne, qui est resté stable», a expliqué Brigitte Grisar. «Il y a également un cofinancement de l'État fédéral. Ce dernier a diminué», a-t-elle poursuivi, expliquant que cela entraîne une baisse des produits arrivant dans les associations. «Il y a une tension entre les demandes d'aide alimentaire qui explosent, et l'approvisionnement qui diminue», a-t-elle indiqué.
Les organisations participantes appellent les pouvoirs publics à reconnaître le droit à une alimentation suffisante et de qualité, à soutenir l'agriculture paysanne et agroécologique et à renforcer les politiques alimentaires face aux enjeux sociaux, environnementaux et sanitaires. «On est toujours pas écouté», a déploré Brigitte Grisar, mentionnant les pouvoirs publics.







