Ceta : «Un signal négatif envoyé aux agriculteurs»
La Fugea a vivement critiqué le vote qu’elle estime en contradiction avec les engagements pris par le gouvernement wallon en faveur de l’exception agricole et de la lutte contre la concurrence déloyale.

La décision, développe le syndicat agricole, a été soutenue par la majorité MR-Les Engagés, tandis que les partis d’opposition ont voté contre. Pour l’organisation, ce choix apparaît difficilement compatible avec la Déclaration de politique régionale, dans laquelle le gouvernement wallon affirme vouloir défendre l’exception agricole et promouvoir l’intégration de clauses miroirs dans les accords commerciaux. Celles-ci visent à garantir que les produits importés respectent les mêmes exigences sanitaires, environnementales et phytosanitaires que celles imposées aux producteurs européens.
Or, selon le syndicat, le Ceta ne répond pas à ces exigences. L’accord ne prévoit pas de véritables mécanismes de réciprocité des normes et son chapitre consacré au commerce et au développement durable reste dépourvu de caractère contraignant.
L’élevage bovin serait en danger
La Fugea pointe notamment les conséquences potentielles pour l’élevage bovin. Le Ceta ouvre en effet un contingent de 65.000 t de viande canadienne pouvant entrer sur le marché européen sans droits de douane. Si ce quota demeure aujourd’hui relativement peu utilisé, le syndicat estime qu’il pourrait peser davantage sur les marchés à l’avenir. Dans les productions végétales, il souligne également que certaines substances interdites dans l’Union européenne restent autorisées au Canada, notamment la métribuzine, tandis que l’utilisation du glyphosate avant récolte y demeure possible.
Le syndicat attend désormais du gouvernement wallon qu’il traduise concrètement ses engagements en faveur d’une concurrence loyale et de la réciprocité des normes, afin d’éviter les situations de concurrence déloyale qui fragilisent les exploitations agricoles wallonnes.








