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En bovin ou en ovin, Achille Martens: «Les concours, il a ça dans le sang!»

Il n’a que 16 ans, et pourtant, il a déjà tout d’un grand. Achille Martens a hérité de la passion de son père pour les concours. Et que ce soit avec ses moutons ou avec ses vaches, les rings, et l’adrénaline qui en ressort, sont l’un des endroits où le jeune éleveur aime faire ses preuves. Avec un agenda bien chargé en compétitions, la Foire de Libramont reste évidemment un rendez-vous incontournable, celui attendu depuis plusieurs mois.

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Lorsque nous le rencontrons, la Foire de Libramont n’est plus que dans quelques semaines… Pourtant, à l’élevage de Fosset, à Saint-Ode, on s’y prépare déjà. Cette année encore, la famille Martens participera à l’événement. Et son choix est arrêté : pour 2026, elle ne sera présente qu’avec les Blanc Bleu Belge. Les Texels hollandais resteront à la maison. Une question d’organisation. « C’est compliqué d’être sur les deux concours en même temps, de passer d’un ring à l’autre, d’autant plus qu’ils se déroulent le même jour. Il faut rester près des bêtes toute la journée. Pour des questions pratiques, c’est donc mieux de ne prendre que les vaches », explique le jeune homme. Lors de cette édition, les éleveurs présenteront Google, de père Kaliméro, et son veau, par Hélium, ainsi qu’une seconde primipare dénommée Guimauve, de père Hockey du Pont de Messe. « Ce sont des bêtes rondes de partout, avec de la taille, de l’élégance, de la finesse et des aplombs corrects. Nous sommes en train de les préparer, en ajustant leur nourriture. Guimauve est connue puisqu’elle a été deux fois première à Bastogne et deuxième en provinciale. Quant à Google, elle a été deuxième également en provincial et première à Tohogne à deux reprises. Concernant le veau, il faut l’habituer à ce type de sorties. Il faut qu’il apprenne certaines choses, comme rester attaché calmement », ajoute Achille.

Mais si, avec ces trois bovins, les agriculteurs espèrent avoir mis toutes les chances de leur côté, il est bien difficile de se lancer dans des pronostics… Ils le savent : à la Foire de Libramont, la concurrence est rude. Un détail peut faire toute la différence. Évidemment, comme les autres concurrents, ils espèrent être dans le haut du panier. Patience… le verdict ne tombera que ce samedi 25 juillet.

Puis, ils se souviennent de l’édition précédente avec Kadia, dont le veau Iconique de Fosset a été vendu au centre d’insémination Belgimex. Cette vache y avait décroché une deuxième place. L’année d’avant, même topo, en primipare. Ce scénario se répète à Agribex, avec encore une médaille d’argent en suitée. Alors, certes, arriver sur la seconde marche du podium, d’autant plus à ce niveau, c’est une très belle réussite. Néanmoins, il faut l’avouer, cela peut être un peu frustrant.

Toutefois, aujourd’hui, la famille Martens n’a plus le regard tourné vers le passé. Place à l’avenir ! D’ailleurs, Kadia reviendra peut-être l’année prochaine, puisque les éleveurs réfléchissent dorénavant à une date adéquate de vêlage, de sorte qu’elle soit fin prête pour la catégorie des suitées 2027 de la future foire.

Un tremplin vers les Blanc Bleu avec les moutons

Lorsqu’ils discutent tous les trois, quelques secondes suffisent pour le comprendre : ils partagent cette même passion pour les concours. Que ce soit Stéphanie, la maman, Pierre, le papa ou Achille, l’on retrouve cet enthousiasme. Une famille au sein de laquelle l’agriculteur en herbe évolue aussi entouré de ses soeurs. Lorsqu’il n’est pas chez lui ou auprès de ses animaux, ce dernier est élève à Saint-Quentin, à Ciney. Et il est facile de deviner sa réponse lorsqu’on lui demande : « Quel métier souhaites-tu exercer plus tard ? » « Agriculteur », c’est évident ! Le garçon a toujours été dans la ferme. « Dès qu’il a su marcher, il était avec son père », sourit Stéphanie. Bref, avec lui, la troisième génération d’agriculteurs à l’élevage de Fosset est assurée.

« Mon père a démarré la ferme avec des laitières. Ensuite, durant un temps, après son décès, l’exploitation a été louée. J’ai recommencé en 1989 », se souvient Pierre. Il reprend alors les terrains et les bâtiments, mais sans bête. Un départ à zéro. Pour ce faire, il s’oriente vers le Blanc Bleu Belge, sa race préférée. « J’aime la viande, la conformation, la sélection génétique », commente le père de famille. Comme hobby, plus jeune, il travaillait aussi avec des Texels hollandais… Achille suit presque ce même parcours. « Les moutons, à la ferme, sont les miens », affirme de but en blanc le garçon dont l’histoire ovine débute, elle, pendant une pause obligatoire. En effet, Pierre était un habitué des concours Blanc Bleu. Cependant, lorsque l’IBR touche la ferme, il doit mettre fin à ces compétitions durant une petite dizaine d’années. C’est seulement en 2021 qu’il peut reprendre le chemin des rings. Durant cette interruption, Achille se rend à un concours ovin avec un ami. Une brebis plaît à son père, qui l’achète pour l’exploitation. Ensuite, elle est rejointe par d’autres moutons. De cette façon, débute le troupeau d’Achille, aujourd’hui composé de 33 mères. « Notre fils a commencé les concours avec les moutons, il avait ça dans le sang », complète la maman. Pierre continue : « C’est vrai que les concours, cela a toujours été notre truc. Il y a le stress, l’envie d’être le meilleur ».

C’est seulement à 8 ans que le jeune homme présente pour la première fois ses bêtes en compétition. Depuis, cela ne s’est plus arrêté, bien qu’il soit passé à un autre stade avec les Blanc Bleu. « La première fois, j’avais déjà remporté un championnat dans les agneaux avec Vigoureux. À Agribex, nous sommes les premiers Luxembourgeois à avoir gagné dans les béliers. À présent, je continue à faire les deux. Néanmoins, comme c’est le cas à Libramont, parfois, il faut faire un choix. Par contre, en ovin, je ferai de plus petites sorties, avec moins d’animaux. Il y a deux ans, en provincial, j’avais fait le déplacement avec 34 moutons. Cela, je ne le ferais plus ».

Il a commencé les compétitions avec  les moutons, comme ici à Agribex.
Il a commencé les compétitions avec les moutons, comme ici à Agribex. - D.T.

L’enrichissement humain de l’École des jeunes de Battice

Évidemment, lorsqu’on est jeune, les compétitions peuvent être difficiles… On ne comprend pas toujours les résultats, lesquels peuvent sembler injustes, durs à encaisser. Un ascenseur émotionnel. « Au début, pour lui, c’était compliqué à vivre. Il pouvait être très en colère, parfois jusqu’aux larmes. Avec le temps, il apprend à mieux gérer », rappelle sa maman.

Il y a également le stress, l’adrénaline. Une semaine avant Libramont, Achille confie avoir une boule au ventre qui s’installe, même chose pour son papa. Mais l’École des jeunes à la Foire de Battice, où il a été deux fois champion, lui a apporté beaucoup. « Elle l’a fait grandir par rapport à son comportement lors des concours ». Rappelons que les participants doivent présenter une génisse qu’ils ne connaissent pas, et ce ne sont pas toujours les plus simples. Il faut faire preuve de patience, de persévérance. « Il y a une vraie entraide. Les autres participants viennent, notamment, nous aider à leur apprendre à marcher », continue-t-il, tandis que Stéphanie souligne : « Parfois, leur manière de se comporter peut être un exemple pour les adultes ». Cette année, il changera de catégorie. Cependant, il ne sait pas encore s’il se réinscrira. En attendant, c’est sûr : ces moments resteront gravés dans sa mémoire.

Dans sa mémoire, également, se trouvent d’autres grandes émotions vécues sur les rings. Désormais, il espère en ajouter de nouvelles à sa collection. « Mon grand rêve serait d’avoir une championne nationale. Des provinciaux, il y en a eu, des régionaux aussi. Mais en national, jamais ». En tout cas, si cet objectif se réalise, ce sera la victoire de toute une famille. Et peut-être aussi l’aboutissement d’un chemin commencé très tôt, entre les moutons, les Blanc Bleu et cette envie, toujours bien ancrée, de faire sa place dans les rings.

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