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Le premier cas de virusWest Nile chez un cheval

Un cheval de la périphérie bruxelloise a été euthanasié le 4 août après des signes neurologiques sévères. Les analyses ont confirmé une infection par le virus West Nile. C’est le premier cas équin détecté en Belgique. Il a été identifié parce qu’une vétérinaire de terrain a pensé à cette maladie et pratiqué le test.

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Le cheval présentait une ataxie, une raideur de l’encolure et des tremblements musculaires, puis une cécité et un état d’excitation. Ces signes ne désignent aucune maladie en particulier : une dizaine d’affections peuvent les produire. La vétérinaire qui a pris le cas a inscrit le virus West Nile dans son diagnostic différentiel et a demandé la sérologie. Elle est revenue positive…

C’est ce raisonnement clinique qui fait la différence. Sans lui, l’animal aurait été enregistré comme un cas neurologique d’origine indéterminée, et la Belgique n’aurait toujours aucun cas équin déclaré.

« Ce cas n’a pas été trouvé par un dispositif de surveillance, mais par une vétérinaire qui a pensé à la bonne hypothèse devant un cheval malade. Reconnaître ces signes fait partie de notre formation. Ce qui nous manque parfois, c’est de savoir ce qui circule dans le pays au moment où nous examinons l’animal. », souligne le docteur Pierre Paindaveine, président de la section équine de l’Union professionnelle vétérinaire.

Les oiseaux, les chevaux, puis les humains

Le virus West Nile circule entre les moustiques et les oiseaux. Les moustiques du genre Culex, communs en Belgique, le transmettent occasionnellement à d’autres espèces, dont le cheval et l’être humain. Ni l’un ni l’autre ne retransmet le virus : ce sont des impasses épidémiologiques. Un cheval infecté ne présente donc aucun danger pour son entourage, ni pour les personnes qui le soignent.

L’équidé a, en revanche, une valeur d’indicateur. Il est piqué en grand nombre, il développe des formes neurologiques visibles plus fréquemment que l’homme, et il est suivi par des professionnels capables de les reconnaître. En Europe, l’apparition de cas équins précède régulièrement celle des cas humains sur un même territoire.

En Belgique, la séquence est engagée. Trois corneilles avaient été trouvées positives en Flandre en 2025. Le virus a de nouveau été détecté chez des oiseaux en mai et en juillet 2026. Un cheval l’est à présent.

Pour la population…

Chez l’être humain, l’infection reste asymptomatique dans environ quatre cas sur cinq. Elle se traduit le plus souvent par un syndrome grippal. Une forme neurologique survient dans environ 1 % des cas, essentiellement chez les personnes âgées ou immunodéprimées.

Il n’existe pas de vaccin humain. Le seul bouclier est la protection contre les piqûres de moustiques, pendant la saison d’activité qui court de mai à octobre.

Dans ce cadre, l’UPV souhaite permettre à cette information de circuler au-delà du monde vétérinaire. L’intérêt d’un cas équin déclaré est de permettre aux médecins d’inscrire à leur tour cette hypothèse dans leur propre raisonnement, en particulier devant une méningo-encéphalite estivale sans cause identifiée.

L’intérêt du vaccin à évaluer

Aucune mesure d’urgence ne s’impose actuellement aux détenteurs de chevaux. Les recommandations sont celles de toute saison à moustiques. À savoir : supprimer les eaux stagnantes autour des écuries et couvrir les réservoirs ; rentrer les chevaux au crépuscule et à l’aube ; utiliser moustiquaires et couvertures ; employer les répulsifs et insecticides autorisés. Enfin, il faut consulter son vétérinaire devant toute faiblesse, incoordination ou tremblement musculaire

Notons qu’un vaccin existe chez le cheval. Son intérêt se discute avec le vétérinaire traitant, en tenant compte du délai de plusieurs semaines nécessaire à l’installation de l’immunité.

Les demandes des vétérinaires

Différentes demandes émanent des vétérinaires. Ces derniers souhaitent ainsi que les suspicions chez les équidés soient notifiées largement à l’Afsca, et ce sans attendre la certitude clinique. Par ailleurs, les analyses doivent être prises en charge et aucune mesure ne doit être imposée au cheval positif. L’information concernant cette maladie, et issue du terrain, doit également circuler entre les différents acteurs : laboratoires, autorités sanitaires et praticiens. Enfin, toujours dans ce contexte, les réseaux vétérinaires, médicaux et environnementaux doivent avancer dans une logique « One health », soit une seule santé.

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