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Une fois confronté à l’incendie, quels moyens d’extinction choisir?

Suivant la nature de ce qui brûle, les feux ont été catégorisés en classes distinctes. De cette classe dépendra le choix du moyen d’extinction.

Temps de lecture : 4 min

A, B, C, D et F. Ces lettres désignent cinq classes de feux bien particulières appelant des moyens d’extinction bien spécifiques. Les connaître permet d’éviter, dans le stress et la précipitation, de faire le mauvais choix.

À chaque type de feu correspond un pictogramme (voir ci-dessous) affiché sur l’extincteur. En cas de doute, l’intervenant peut ainsi vérifier que l’extincteur choisi (à eau, à mousse, à poudre ou à CO2) correspond bien au type de feu auquel il est confronté et sera donc efficace.

Quels types de feu ?

Feux de classe A

Les feux de classe A, aussi appelés feux secs ou de braises, sont des feux de matériaux solides formants des braises. Ils se déclarent lorsque s’embrasent du bois, des papiers, des chiffons, de la paille, des cordages… « Une fois le feu de classe A éteint, il convient de disperser totalement le foyer afin d’éviter tout risque de réinflammation par les braises », précise Frédéric Gastiny.

Feux de classe A ou  feux secs ou de braises
Feux de classe A ou feux secs ou de braises

Feux de classe B

Aussi appelés feux « gras », les feux de classe B sont des feux de liquides ou de solides liquéfiables (essence, gasoil, mazout, graisse, alcool…).

Feux de classe B ou feux « gras ».
Feux de classe B ou feux « gras ».

Feux de classe C

Les feux de classe C sont des feux de gaz tels que propane, butane, acétylène, gaz naturel, méthane… En cas de fuite, les vannes placées sur l’installation doivent immédiatement être fermées afin d’éteindre le feu. L’explosion constitue le plus gros risque une fois que ce type de feu se déclare.

Feux de classe C ou feux de gaz.
Feux de classe C ou feux de gaz.

Feux de classe D

La classe D caractérise les feux de métaux (limaille de fer, poudre d’aluminium, magnésium, sodium…). Ceux-ci sont relativement rares et requièrent la plus grande prudence.

Feux de classe D  ou feux de métaux.
Feux de classe D ou feux de métaux.

Feux de classe F

Les feux d’huile et de graisses végétales ou animales, en lien avec un auxiliaire de cuisson tel que la friteuse, sont classés sous la catégorie feux de classe F.

Celle-ci a été créée car les agents d’extinction traditionnels ne pouvaient pas éteindre efficacement des feux d’huile de cuisson. « Même l’extinction apparente par poudre peut rapidement se renflammer », alerte M Gastiny. Ceux-ci seront donc éteints à l’aide d’une couverture anti-feu adaptée à ce type de situation.

Feux de classe F  ou feux d’huile et graisses.
Feux de classe F ou feux d’huile et graisses.

Choisir l’extincteur adéquat

Extincteur à eau et dévidoir

L’extincteur à eau ne sera utilisé que sur les feux de classe A. L’eau éteint le feu par effet de refroidissement. Cet effet est renforcé par l’évaporation de l’eau pulvérisée car elle prive le feu de son alimentation en oxygène.

Il pourra également être fait usage d’un dévidoir. « Attention néanmoins à l’utiliser correctement et à faire usage du bon type de jet (bâton ou pulvérisé). Par exemple, en cas de feu de papiers, le jet bâton va disperser ces derniers et l’incendie risque de se propager à d’autres objets, voire au bâtiment. Tandis qu’à avec un jet pulvérisé par au dessus, les papiers seront éteints et plaqués au sol. »

Extincteur à mousse

Polyvalent, l’extincteur à mousse sera utilisé sur les feux de classe A et B. D’une autonomie de 45 à 60 secondes, son contenu est non toxique et moins salissant que la poudre (voir ci-après). Il empêche la reprise du feu mais ne crée pas un écran thermique. Son principal inconvénient : il craint le gel.

Extincteur à poudre

On distingue deux types d’extincteur à poudre : A, B, C ou B, C, actifs sur les feux du même nom. Leur grande puissance d’extinction et l’écran thermique qu’ils génèrent en font des extincteurs très efficaces et rapides. Ils sont néanmoins très salissants et réduisent fortement la visibilité de l’opérateur suite à l’éjection de poudre. Ils endommagent également les installations électriques.

Au contraire des extincteurs à mousse, ils ne craignent pas le gel. Ils seront donc privilégiés dans les lieux exposés aux conditions climatiques plus difficiles.

Extincteur à CO2

L’extincteur à CO2 ne sera utilisé qu’en cas de départ de feu sur une installation électrique. Il se reconnaît facilement car c’est le seul à être équipé d’un cône ou d’un tromblon. Il agit par étouffement et refroidissement. « Pour cette raison, il est strictement défendu de l’utiliser pour éteindre une personne en feu, sous peine de lui infliger des brûlures par le froid. » Il ne sera pas utilisé dans les espaces confinés.

Comment utiliser l’extincteur ?

Lors d’un départ d’incendie, il convient de suivre les instructions mentionnées sur l’extincteur afin de l’utiliser au mieux. La distance minimale d’extinction devra également être respectée : 2 à 3 m pour un extincteur à mousse, 3 à 4 m pour un extincteur à poudre et 1 à 1,5 m pour un extincteur à CO2. Enfin, l’utilisateur devra attaquer le feu en visant la base des flammes avec l’extincteur. Idéalement, celui-ci sera testé une fois amorcé et ce, avant d’intervenir sur le feu.

J.V.

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