Porcs, dindes et énergie verte: une ferme qui sort des sentiers battus
C’est assez rare que pour être souligné. Pour une fois, des éleveurs porcins ont dévoilé les coulisses de leur métier à l’occasion du salon Space à Rennes. Des porcs, mais pas seulement. Chez eux, Aurélie Lepage et Ludovic Perrin accueillent également 14.000 dindes. Pour elles aussi bien-être et productivité vont de pair. Une ferme dans l’air du temps qui mise sur l’énergie durable grâce à leur unité de méthanisation et… leur éolienne !

Afin de tendre vers plus de bien-être pour leurs bêtes, toujours, les propriétaires essaient d’éviter un maximum les interventions. C’est notamment le cas des queues, qu’ils tentent de couper le moins possible. Les bâtiments sont aussi équipés de brumisateurs. « Nous avons récupéré des équipements de poulaillers pour la porcherie. Cet été, lorsque la température était de 42 degrés dehors, à l’intérieur, cela se stabilisait à 34 » À l’avenir, également, et lorsque les finances suivront, les cases maternité-liberté figurent parmi leurs objectifs.
Quant au bâtiment où les cochettes sont mises en quarantaine durant six semaines, ils souhaiteraient l’agrandir. En effet, Ludovic Perrin achète ces femelles à l’extérieur. Elles serviront au renouvellement. « J’en reçois 6 toutes les trois semaines. Par manque de place, je ne pratique pas d’autorenouvellement ». Ces dernières restent dans l’élevage jusqu’à 7 portées quand tout se passe bien, tandis que le but est d’obtenir leur première mise-bas à l’âge d’un an.

Sur site jusqu’à 122 kg
En vue de maximiser les chances de succès, deux inséminations sont réalisées avec un intervalle général de 36 heures. Résultat ? 90 % de succès. Une fois les porcelets nés, l’un des principaux défis reste d’éviter l’écrasement. « Nous travaillons avec la lignée Nucleus (Landrace × Large White). Certains font le choix de Topigs, une lignée réputée comme plus maternelle ». Toutefois, là, les agriculteurs n’ont guère le choix puisqu’ils font partie de la filière Cooperl. « Nous ne fabriquons pas d’aliment et achetons également les granulés auprès d’eux ».
Sevrés à 28 jours plutôt qu’en 21, encore dans une optique de bien-être, les porcelets restent 9 semaines en préengraissement, soit de 24 à 70 kg. Vient ensuite la phase d’engraissement jusqu’à atteindre un poids vif de 122 kg. Niveau alimentation, les repas se donnent deux fois par jour : matin et soir. « Nous étions partis sur trois fois, mais c’était trop pour eux. Ils ne mangeaient plus correctement la ration suivante ». Plusieurs aliments composent les granulés. Au fil du temps, les portions de blé, d’orge, de soja, et de colza varient pour apporter la bonne teneur protéique au moment opportun. Au total, la produc

Après les porcs, place à la rencontre avec les dindes. « Elles possèdent des cycles plus longs que les poulets. Il est de 17 semaines », souligne Ludovic avant d’entrer dans le bâtiment. Le site en possède deux de 1.400 m2. Ceux-ci datent de seulement deux ans. En vue du bien-être, également, les animaux peuvent profiter d’un jardin d’hiver dès leurs 42 jours. Dans cette zone, des pierres à picorer et des caillebotis ont été placés en hauteur afin de satisfaire leurs besoins de perchage. Enfin, même si les dindes sont friandes de chaleur lorsque les températures viennent à grimper, la ventilation dynamique prend tout son sens. Outre la brumisation déjà mise en place, celle-ci rafraîchit les volailles.
L’exploitation se fournit en poussins auprès d’un couvoir. Ils arrivent sur place lorsqu’ils sont âgés de quelques heures à peine. Avant cela, c’est le grand nettoyage avec le vide sanitaire d’une à deux semaines. En général, le lot se compose de 45 % de femelles pour 55 % de mâles, avec une durée de vie différente. Les femelles sont abattues à 8 kg. Leur potentiel de prise de poids est, en effet, inférieur à celui des mâles, abattus entre 17 et 18 kg. « L’avantage par rapport au poulet est qu’il y a moins de précision en termes de poids », indique leur éleveur. En travaillant de cette façon, la ferme compte 2,2 lots chaque année.
Notons enfin que le site sert de ferme pilote pour une entreprise spécialisée en intelligence artificielle. Caméras et micros sont placés dans le bâtiment. Ensuite, la société traite ces données. Objectif : réduire la médication des animaux en repérant plus tôt les symptômes et essayer, plus tard, d’estimer leur poids à l’aide des caméras.
La première éolienne du département
Au détour de la visite notre regard se pose sur l’éolienne. « C’est celle de mes parents, de mon oncle et ma tante. Elle est mise en place depuis vingt ans », raconte Aurélie. Un projet hors du commun à cette époque. Et le premier du département ! « Quand mon père est allé voir les banquiers avec ce dossier, ils l’ont regardé avec de gros yeux », sourit-elle. Une idée venue d’un constat tout simple : il y a beaucoup de vent sur le site. Dès lors, pourquoi ne pas en trouver une utilité ? Au final, il a fallu six ans avant que l’éolienne sorte de terre. Un projet laborieux. « Rien n’existait point de vue administratif. De plus, la technologie a évolué entre l’idée et la construction ». Aujourd’hui, l’outil fournit en électricité 1.000 à 1.500 foyers, hors chauffage électrique. L’équipement prouve également une chose : dans cette famille, on n’a pas peur d’innover, quitte à parfois sortir du cadre classique de l’agriculture !





