Il ne faudra pas les oublier...

Il ne faudra pas les oublier...

Le confinement est pour la plupart d’entre nous une irruption brutale en terre inconnue plus ou moins hostile en fonction du contexte familial, social, professionnel, économique, dans lequel nous sommes contraints – pour le bien de tous – à une mise à épreuve qui s’annonce à l’évidence au long cours. Une aventure dont nous ne sortirons vainqueurs que dans une adhésion collective et solidaire aux consignes de barrage à cet ennemi invisible et universel. Pour le bien commun.

Ce moment obligé de rétrécissement de nos champs d’activité, de ralentissement de la course effrénée contre le temps – pour beaucoup d’entre nous – est l’occasion de redécouvrir les petites joies d’un mode de vie moins trépidant et superficiel mais aussi de redéfinir les codes du vivre ensemble. Une occasion inédite de faire évoluer aussi la répartition traditionnelle des rôles dans le fonctionnement de la vie ensemble. Impossible ici de ne pas avoir une pensée pour les situations où ce confinement exacerbe plus encore la violence ordinaire puisque plus aucune échappatoire n’est possible pour les victimes, pour les plus faibles…

L’étendue de l’épidémie et la dangerisité de l’agent responsable – minuscule grain de sable venu enrayer l’horloge de notre monde – secouent la planète à l’image d’un boxeur surpris et mis dans les cordes par l’uppercut d’un moustique. Comment ne pas (re)prendre conscience de notre vulnérabilité, de la fragilité de la vie et donc de sa valeur ? Non, les soins de santé, l’approvisionnement alimentaire… ne sont pas des éléments acquis, constitutifs de nos sociétés, voire même délocalisables.

Cette guerre sanitaire, dont les victimes se comptent malheureusement déjà par milliers, vient brutalement mais si justement remettre en lumière le rôle vital, pour la communauté humaine, de ces métiers de services et d’assistance aux personnes, les personnels soignants et hospitaliers, les agriculteurs, les manutentionnaires, les personnels du secteur de la distribution, les routiers… et toutes les professions à fort engagement physique. Autant de « non-télétravailleurs » qui ne comptent plus leurs heures en ces moments de confinement et qui en des temps ordinaires – si récents – sont largement ignorés, snobés et plus encore décriés et bien mal considérés. Il faudra en tirer les leçons et ne pas oublier toutes celles et tous ceux qui sauvent nos vies et sont en première ligne, lorsque des jours meilleurs reviendront, car ils reviendront d’autant plus rapidement et sereinement que chacun accomplira son devoir de responsabilité.

La nature inédite de ce tsunami sanitaire impose et imposera la mise en place de mesures et moyens de relance économique défiant également tout ce qui a pu être imaginé auparavant. La globalisation aussi devra changer de braquet, adopter, comme le défend notamment l’économiste Geert Noels, un mode moins dicté par la seule performance économique, mais plus résilient et prenant en consideration également les problématiques sociales, sanitaires et climatiques.

Il doit y avoir un «après Covid-19» plus humain!

M. de N.

Le direct

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