Surproduction de lait belge mais importation de lait allemand ?

Surproduction de lait belge mais importation de lait allemand ?

Depuis le début de la crise sanitaire, les marchés de produits laitiers sont perturbés. Les différents opérateurs de la filière indiquent des pertes de débouchés et une situation de surproduction. Les éleveurs laitiers sont alors utilisés comme variable d’ajustement. Leurs laiteries leur demandent de diminuer la production tout en acceptant des prix à la baisse.

Comment alors expliquer la communication dans ce magasin Lidl indiquant que le lait belge n’est plus disponible ? Pas de soucis pour le consommateur, il sera remplacé par du lait allemand… Situation honteuse et incompréhensible.

Pour la Fugea, Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs, il n’est pas acceptable de demander aux éleveurs laitiers de diminuer leur production et d’accepter un prix à la baisse alors que le lait belge se fait remplacer par du lait allemand dans les rayons. La communication des acteurs de la filière doit être clarifiée et justifiée par des données chiffrées (stocks, état des marchés...). Par ailleurs, les stratégies des laiteries, généralement orientées vers l’export, doivent être revues, sachant qu’elles ne permettent pas de répondre à la demande interne. Après 2 mois de crise, force est de constater que certains acteurs de la transformation et de la distribution n’ont pas eu les capacités de s’adapter à la situation pour répondre à la demande belge en lait local. Cet exemple parmi d’autres rappelle une fois de plus le besoin de relocaliser nos filières agricoles. Une relocalisation essentielle pour améliorer la résilience de notre système alimentaire.

Par ailleurs, ladite fédération rappelle que la crise actuelle mérite une réponse collective et politique. La situation ne peut être gérée de façon désordonnée et au détriment producteurs. Les pouvoirs publics ont la responsabilité de mettre en place urgemment des outils de régulation de la production à l’échelle européenne, plutôt que d’envisager des systèmes de stockage des surplus. Une aide à la réduction volontaire doit être activée. En 2016, en pleine crise laitière, c’est cette mesure qui avait permis de rééquilibrer le marché.

Le direct

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