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Un éclairage sur les essais céréaliers menés par le Cepicop à Gembloux

Après un coup d’œil sur les essais menés par le Centre pilote céréales, oléagineux et protéagineux sur les colzas, pois, féveroles et autres espèces (voir notre édition du 25 juin), place ici à l’expérimentation réalisée sur les céréales. Aux commentaires – à distance, Covid-19 oblige : Rémi Meurs et Rémy Blanchard.

Temps de lecture : 7 min

L a Plateforme dédiée aux céréales est localisée à Lonzée (Gembloux) et occupe, cette année, pas moins de 13 ha. Des essais sont entrepris principalement en froment d’hiver, escourgeon, orge de printemps et sur l’association froment d’hiver et pois d’hiver. Une seconde plateforme reprenant l’étude des avoines de printemps et les évaluations du potentiel des « nouvelles » cultures à graines est érigée à Les Isnes (Gembloux).

Participation au réseau variétal de « post-inscription »

Le Centre pilote céréales, oléagineux et protéagineux (Cepicop) et ses partenaires – le Centre wallon de recherches agronomiques, la Faculté de Gembloux Agro Bio Tech, U-Liège, le Centre pour l’agronomie et l’agro-industrie du Hainaut et le Centre provincial liégeois de productions végétales et maraîchères mènent tous les ans des essais variétaux en réseau. Un des objectifs de cette expérimentation est d’apporter une description la plus complète et précise possible des variétés de céréales présentes sur le marché belge.

Au sein du Cepicop, entourés d’une équipe de techniciens, Rémi Meurs (à gauche) est en charge des escourgeons, des orges brassicoles de printemps et d’hiver, des avoines ainsi que des nouvelles cultures de diversification, tandis que Rémy Blanchard (à droite) est responsable des froments d’hiver et de l’association froment d’hiver et pois d’hiver.
Au sein du Cepicop, entourés d’une équipe de techniciens, Rémi Meurs (à gauche) est en charge des escourgeons, des orges brassicoles de printemps et d’hiver, des avoines ainsi que des nouvelles cultures de diversification, tandis que Rémy Blanchard (à droite) est responsable des froments d’hiver et de l’association froment d’hiver et pois d’hiver.

Le Cepicop contribue à ce réseau avec plusieurs essais : 40 variétés (et trois dates de semis) en froment d’hiver, 30 variétés en escourgeon, 9 variétés en orge brassicole d’hiver, 19 variétés en orge brassicole de printemps, ainsi que 13 variétés en avoine de printemps situé à Les Isnes.

Participation au réseau d’étude de la protection des plantes contre les maladies

Pour la 6e année, le Centre pilote participe au réseau d’essais « programmes fongicides » piloté par le Cra-w. Celui-ci vise à mesurer l’efficacité de différentes stratégies, à évaluer la réponse d’un protocole commun sur des sites présentant des conditions pédoclimatiques variées et à répondre à des questions techniques sur la construction d’un programme de lutte contre les pathogènes.

Gestion de la fertilisation azotée en froment d’hiver et en escourgeon

Le Cepicop met en place depuis de nombreuses années des essais de fertilisation azotée en froment d’hiver à destination fourragère ou panifiable, ainsi qu’en escourgeon, sur des hybrides et des lignées. Cette expérimentation, avec celle réalisée par le Carah, couplée avec les résultats d’analyses de profils azotés réalisées par les laboratoires provinciaux du réseau Requasud, permettent de publier un conseil de fertilisation azotée à destination des agriculteurs dans l’édition du Livre Blanc qui paraît au mois de février.

Accompagnement des producteurs d’orge brassicole de printemps…

Dans le cadre du Plan stratégique de développement de l’orge brassicole 2017-2027, le Cepicop encadre techniquement les producteurs pour une récolte de qualité. À ce jour, Rémi Meurs poursuit le travail mis en place par son prédécesseur, Bruno Monfort.

Le Centre pilote réalise trois types d’essais en vue d’apporter des réponses et un accompagnement de qualité aux producteurs d’orge brassicole de printemps. Ceux-ci portent distinctement sur les variétés, la fumure azotée et la protection contre les maladies. Les résultats de ces essais sont publiés dans le Livre Blanc de février.

Trois dates de semis ont été testées pour des variétés d'orge de printemps. Dans cette vue prise le 3 juin, on distingue de gauche à droite, les semis du 6 avril, du 22 novembre dernier et du 24 octobre dernier.
Trois dates de semis ont été testées pour des variétés d'orge de printemps. Dans cette vue prise le 3 juin, on distingue de gauche à droite, les semis du 6 avril, du 22 novembre dernier et du 24 octobre dernier.

Pour en revenir à l’étude variétale, l’expérimentation est mise en place sur deux sites différents : l’un à Vaudignies, dans le Hainaut, qui est géré par le Carah, et l’autre sur l’autre sur la plateforme de Lonzée (Gembloux).

L’assortiment étudié comprend 19 variétés, parmi lesquelles des variétés présentes en Belgique comme RGT Planet, KWS Fantex ou Lauréate qui sont actuellement cultivées dans la filière orge brassicole wallonne, mais également d’autres variétés qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays européens. Les tester dans nos conditions climatiques permet l’identification des plus performantes susceptibles de remplacer, à terme, les variétés recommandées actuellement.

Évaluation des différentes dates de semis

Dans certaines régions de la France (principalement au sud de Paris), une pratique culturale consistant à semer avant l’hiver des variétés d’orges brassicoles de print emps devient de plus en plus fréquente. Cette technique a déjà été testée il y a quelques années dans notre région ; sans grand succès à cause du risque de destruction de la culture par le gel (dès -10ºC).

Cependant, la clémence des températures observées au cours des derniers hivers laisse entrevoir la possibilité de réitérer l’expérience. C’est pourquoi, depuis deux ans, le Cepicop travaille sur le sujet. Malgré des résultats relativement décevants en 2019, la décision a été prise de reconduire l’expérience cette année.

Au vu des difficultés rencontrées (la sécheresse et l’abondance des pucerons porteurs de viroses) par les cultures implantées au printemps, les semis d’automne pourraient, à la lecture des observations réalisées dans les essais, offrir de meilleurs résultats. Le Cepicop devra poursuivre cette expérimentation encore quelques années avant de pouvoir tirer des conclusions probantes.

Il existe 2 types d'orge brassicole d'hiver : les 6 rangs – à gauche – et les 2 rangs – à droite –.
Il existe 2 types d'orge brassicole d'hiver : les 6 rangs – à gauche – et les 2 rangs – à droite –.

… et d’orge brassicole d’hiver

Le Centre pilote teste également des variétés d’orge brassicole d’hiver. Il en existe deux types : les 6 rangs d’hiver avec, par exemple, la variété KWS Faro qui est l’une des plus cultivées en France, et les 2 rangs d’hiver, avec par exemple Salamandre.

Cultiver des orges d’hiver à destination de la brasserie demande quelques ajustements quant à la fertilisation azotée, par rapport à la phytotechnie d’un escourgeon fourrager. En effet, pour ne pas dépasser la teneur en protéines réglementaire, il est conseillé d‘appliquer 90 kg d’azote/ha au tallage suivi de 45 N/ha au redressement et de faire l’impasse sur la fraction de la dernière feuille. Les autres opérations culturales restent identiques à celles qui sont appliquées à un escourgeon classique.

Pour pouvoir être livrées en malterie, les orges brassicoles doivent respecter une série de critères tels que présentés dans le tableau ci-joint.

ORGE BRASSICOLE

L’un des critères majeurs de déclassement à la récolte est le taux de protéines. Ce paramètre est influencé par les conditions climatiques de l’année, la variété cultivée et la fertilisation azotée.

C’est pourquoi, deux essais concernent la fumure, cette année. L’un porte sur la variété RGT Planet avec 16 fumures différentes et permet d’établir des courbes de réponse du rendement à la fertilisation. L’autre porte sur 3 variétés (RGT Planet, KWS Fantex et Focus) sur lesquelles 7 niveaux de fertilisation sont testés. Ce deuxième essai permet d’étudier la réponse variétale à la fumure azotée.

Enfin, la lutte contre les principales maladies de l’orge de printemps – helminthosporiose, lrhynchosporiose, rouille naine et ramulariose –, fait également l’objet d’une expérimentation sous la forme d’un dispositif comparant une série de programmes à une application (au stade « dernière feuille étalée ») ou à deux applications (aux stades « épi à 1cm » et « dernière feuille étalée »).

Associer le froment d'hiver au pois d'hiver pour sécuriser la récolte de pois, améliorer la qualité de la récolte et diminuer les intrants.
Associer le froment d'hiver au pois d'hiver pour sécuriser la récolte de pois, améliorer la qualité de la récolte et diminuer les intrants.

Association du froment d’hiver aux légumineuses

Objectif : améliorer la rentabilité et l’autonomie protéique

Dans la continuité des itinéraires techniques mis au point à Gembloux Agro Bio Tech Liège, la culture de froment d’hiver associée au pois protéagineux d’hiver est actuellement en phase de développement en grandes cultures.

Le projet mené depuis plusieurs années par Jérôme Pierreux a en effet démontré l’intérêt de cette association. Pour répondre à l’attrait des agriculteurs envers celle-ci (plus de 500 ha en 2020) et à la forte demande d’approvisionnement des industriels, la poursuite de ce projet est assurée par le Cepicop en ce qui concerne l’aspect variétal. Aujourd’hui, 5 variétés de froment d’hiver associées à 5 variétés de pois d’hiver sont à l’étude afin de caractériser les aptitudes de l’assortiment variétal actuel et futur à être conduit en association.

Un essai destiné à étudier le potentiel d’une association de froment et de féverole d’hiver a également été mis en place.

Un essai destiné à étudier le potentiel d’une culture associant le froment d’hiver et la féverole d’hiver a été mis en place cette année,à la suite des très bons résultats de l’association froment + pois.
Un essai destiné à étudier le potentiel d’une culture associant le froment d’hiver et la féverole d’hiver a été mis en place cette année,à la suite des très bons résultats de l’association froment + pois. - Cepicop

Amélioration de la résilience du froment d’hiver grâce aux mélanges variétaux

Depuis 3 ans, le Centre pilote travaille également sur l’intérêt que peuvent présenter les mélanges variétaux en froment d’hiver ; il en ressort que des associations comprenant 6 variétés de froment choisies en fonction de critères particuliers permettent de diminuer les intrants et d’obtenir des rendements très intéressants en absence de protection ou avec une application unique de fongicide, par rapport à la moyenne de ces 6 variétés en culture pure.

Étude de l’avoine en vue de l’incorporer dans l’alimentation humaine

L’avoine était jusqu’à présent essentiellement utilisée en alimentation humaine dans des préparations de céréales pour petits-déjeuners. Elle est désormais utilisée comme ingrédient pour d’autres aliments (boissons, sirop de sucre particulier, pâtes alimentaires…) développés par des entreprises qui recherchent un approvisionnement local. C’est dans ce contexte que le Cepicop teste la gamme variétale belge afin de déterminer les cultivars qui répondraient le mieux aux besoins de l’industrie.

Propos recueillis par M. de N.

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