La superficie des pommes de terre dans le nord-ouest de l’Europe en légère progression

La crise de la filière en lien avec la pandémie de Covid-19 est survenue alors que les producteurs avaient déjà commandé leurs plants de pommes de terre et loué les terres... trop tard donc pour envisager une réduction de la superficie.
La crise de la filière en lien avec la pandémie de Covid-19 est survenue alors que les producteurs avaient déjà commandé leurs plants de pommes de terre et loué les terres... trop tard donc pour envisager une réduction de la superficie. - M. de N.

Le Groupe des producteurs de pommes de terre du nord-ouest européen estime que la superficie consacrée aux pommes de terre de consommation sur son périmètre – Allemagne, Belgique, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas – a augmenté de 0,5 % par rapport à l’an passé pour atteindre 621.148 ha. Dans le contexte actuel, c’est considéré comme excessif.

Mais, la crise en lien avec le Covid-19 est arrivée au moment où les producteurs avaient déjà commandé leurs plants de pommes de terre et loué les terres, donc trop tard pour envisager une réduction de la superficie.

La majeure partie de l’augmentation (voir tableau) est localisée en Allemagne et en France où il semble que des transferts de la transformation à la pomme de terre de table aient eu lieu.

Le chiffre de la Grande-Bretagne s’inscrit dans la moyenne des cinq dernières années; il n’était pas encore possible, début juillet, de retrancher les surfaces précises en plants.

Le Nepg rappelle opportunément que c’est toujours le rendement et non la surface qui fait le volume de la récolte à venir et qu’il est donc encore trop tôt pour estimer la production. Qui plus est, les conditions sèches au début du cycle de culture ont peut-être déjà limité le potentiel maximal accessible.

Et à l’échelle mondiale?

Pour la prochaine campagne, il y a, selon ce groupe des producteurs du nord-ouest de l’Europe, beaucoup plus de questions et d’équations à résoudre pour pouvoir qualifier et orienter clairement le marché.

Le marché de l’an prochain ne dépendra pas seulement des conditions de développement et de la récolte dans les cinq grands pays européens de la pomme de terre. La superficie de pommes de terre aux États-Unis a baissé de 5 %, quelle sera la récolte nord-américaine et quelle influence son évolution aura-t-elle sur les exportations mondiales de produits à base de pomme de terre ?

La première partie de la campagne a été marquée par un temps sec, et le nombre de tubercules et les rendements des hâtives en Allemagne sont inférieurs à la normale. On s’attend à ce que les pommes de terre de transformation soient récoltées plus tard (effet de la sécheresse, de la vague de froid printanière (dégâts des Saints de glace), et d’un faible nombre de tubercules/motte), mais la plupart des producteurs devraient récolter à date normala et de ne pas attendre. Plusieurs contrats avaient même été annulés préalablement par l’industrie de transformation.

De nombreuses questions restent néanmoins sans réponse. La plus importante étant : quelle sera l’influence de la pandémie de Covid-19 et de ses conséquences sur les marchés dans les prochains mois ?

Enfin, les producteurs sont-ils bien préparés pour un stockage plus long (et plus coûteux !), sans utilisation possible du CIPC puisque celui-ci sera bientôt interdit dans toute l’Europe ?

Comme la plus grosse partie de la croissance et des tonnages sont élaborés plus tard durant l’été, le Nepg fournira une première estimation de la récolte au début du mois de septembre.