Les petits agriculteurs, grands oubliés du financement climatique, selon le Fonds international de développement agricole

Les petits agriculteurs, grands oubliés du financement climatique, selon le Fonds international de développement agricole

Alors qu’ils produisent la moitié des calories alimentaires consommées dans le monde, voire jusqu’à 80 % dans certains pays en développement, et qu’ils font vivre entre 2 et 2,5 milliards de personnes sur la planète, les petits producteurs reçoivent seulement 1,7 % de la part des finances publiques dépensées en faveur du climat, indique le rapport. Soit « une part minime au regard de leurs besoins », souligne ce rapport, réalisé en collaboration avec le groupe de réflexion Climate Policy Initiative (CPI).

Le financement à l’appui des mesures de lutte contre les changements climatiques a certes dépassé, pour la première fois, les 500 milliards de dollars en 2017 et 2018, mais seuls 10 milliards chaque année sont arrivés aux petits exploitants agricoles. « Il est inacceptable que les personnes qui produisent la majeure partie des aliments consommés dans le monde et qui sont les plus exposées face à des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles, soient aussi celles qui bénéficient du plus faible appui », a déclaré Gilbert F. Houngbo, Président du Fida, cité dans un communiqué.

« Les petits exploitants agricoles vivant sur des terres de faibles rendements sont en première ligne face aux changements climatiques. Ils devraient donc avoir accès aux financements indispensables pour adapter leur production », estime-t-il.

L’élevage intensif, la riziculture et la production d’engrais sont considérés comme les trois secteurs agricoles les plus émetteurs de gaz à effets de serre (GES), mais les petits agriculteurs, qui exploitent des structures en général inférieures à 5 hectares, sont peu émetteurs et premières victimes de la dégradation des sols et de l’imprévisibilité du climat.

Le Fida (Onu) est la seule organisation multilatérale de développement qui a pour mission d’éliminer la faim et la pauvreté dans les zones rurales. L’an prochain, il doit lancer le « Programme élargi d’adaptation de l’agriculture paysanne » (ASAP+), un mécanisme de financement climatique conçu pour acheminer ces financements vers les petits producteurs.

Le rapport a été publié en marge du Forum pour la Paix à Paris, lors du Sommet Finance en commun qui réunissait pour la première fois les 450 banques publiques de développement dans le monde en vue d’examiner les moyens de réorienter et adapter les flux financiers aux objectifs climatiques.

(Belga)

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