Le Veggie Challenge, une «fausse bonne idée» que déplore la Fugea

Si elle reconnaît que la consommation excessive de viande n’est pas souhaitable, la Fugea souhaite que l’on sensibilise les consommateurs et non que l’on intervienne sur la composition de leur assiette.
Si elle reconnaît que la consommation excessive de viande n’est pas souhaitable, la Fugea souhaite que l’on sensibilise les consommateurs et non que l’on intervienne sur la composition de leur assiette. - J.V.

D’un côté, la Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs (Fugea). De l’autre, l’association Eva qui défend une alimentation végane. Si la première estime que le Veggie Challenge incite les consommateurs à supprimer la viande et tous les autres produits d’origine animale de leurs assiettes durant un mois, la seconde considère qu’il s’agit d’une action de sensibilisation destinée à faire baisser la consommation de viande afin de réduire l’empreinte écologique et sauver des vies animales.

Sensibiliser les consommateurs

« Nous sommes conscients qu’il est dans l’intérêt des consommateurs d’adopter un régime alimentaire varié et équilibré. Nous savons aussi que la consommation de viande doit être mesurée. Pousser à la consommation excessive de viande n’est souhaitable ni pour le consommateur… ni pour notre agriculture », poursuit le syndicat. Et de s’interroger : « Les consommateurs ont un rôle important à jouer. Plutôt que de supprimer la viande de leur assiette, pourquoi ne pas les pousser à s’assurer de sa provenance ? à faire les différences entre les modèles de production ? à favoriser les produits rémunérateurs pour les éleveurs et éleveuses ? ».

Le syndicat rappelle qu’il soutient les systèmes d’élevage autonomes et liés à leur environnement. Il rappelle également les services que fournissent les élevages à l’agriculture en général et à notre société : valorisation des prairies (favorables au stockage de carbone et à la préservation de la biodiversité), transfert de fertilité, entretien des paysages… « Il n’y a pas d’agriculture durable sans élevage », insiste-t-il. Cette affirmation est, en outre, particulièrement vraie en agriculture bio : les engrais de synthèse y étant interdits, les déjections animales représentent une source de fertilité essentielle. « Un Veggie Challenge dans les villes, et c’est la fin du bio dans les campagnes ! »

Besoin de soutien

« Soutenir ce Challenge atteste d’une méconnaissance du monde agricole et des modèles de production nécessaires à une alimentation durable. La production et la consommation de viande doivent être mesurées. Mais une telle initiative est contre-productive et va à l’encontre de la transition de notre système alimentaire. Sur le terrain, les producteurs engagés dans une agriculture durable ont besoin d’un soutien de la part des consommateurs et du monde politique. Des mesures fortes sont attendues et pas de fausses bonnes idées dévalorisant le secteur et gommant la complexité des enjeux », conclut la Fédération.